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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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7 février 2006

Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé dans la précipitation et sans concertation un certain nombre de propositions censées relancer les Zep. Sans moyens spécifiques, sans mesures sur le temps de service, il est à craindre qu’elles ne soient un coup d’épée dans l’eau.

Le ministre de l’Éducation nationale a présenté, à la presse, le 13 décembre un ensemble de propositions concernant la relance de l’éducation prioritaire et plus particulièrement les 200 collèges « ambition réussite ».
Ces propositions ont été élaborées dans la précipitation, sur commande du Premier ministre, à la suite de la crise des banlieues. Elles ne reposent sur aucun bilan des Zep, le rapport d’évaluation de cette politique va être remis au ministre... en juin prochain.
Présentées comme une réponse aux émeutes des banlieues, les propositions ministérielles se situent bien en deçà de nos attentes. Certes, l’objectif de relancer l’éducation prioritaire annoncé par Gilles de Robien semble se situer en rupture avec les propos récents de Nicolas Sarkozy qui proposait « le dépôt de bilan des Zep ». Mais il ne suffit pas d’annoncer une relance, il faut lui donner des perspectives crédibles, savoir engager des dynamiques dans les pratiques professionnelles et partenariales, attribuer des moyens d’envergure sur la durée.

Des mesures sans moyens

Les perspectives tracées par Gilles de Robien sont ambiguës, mêlant des mesures nécessaires - ciblage des secteurs scolaires où les difficultés sont les plus grandes, relance d’une dynamique de projets, pilotage national et académique effectif - avec des mesures régressives : silence sur le rôle de l’école maternelle, minoration des politiques partenariales, ou dangereuses : découverte professionnelle dès la classe de 4e, dérogation à la carte scolaire des lycées, mesures qui ne feront que renforcer les ségrégations scolaire et sociale.
L’expérience des Zep l’a démontré depuis longtemps : la meilleure réussite scolaire des élèves dépend notamment des dynamiques pédagogiques et éducatives, des transformations de pratiques construites au fil des années dans des projets inter-degrés de l’école maternelle à la fin du collège. La réussite de ces projets dépend également de la qualité des rapports de l’École avec l’environnement local. C’est bien sur ces questions majeures qu’achoppe la relance Gilles de Robien qui, fondée sur le principe libéral de la centration sur les individus et non sur les groupes sociaux ou les territoires, fait reposer la réussite scolaire sur l’élève et sa famille et ne prend pas en compte les changements nécessaires dans le fonctionnement de l’institution scolaire et dans ses rapports avec son environnement.
Une relance de l’éducation prioritaire à moyens constants n’est pas crédible. La situation politique de ces dernières semaines appelait l’engagement de moyens nouveaux considérables et pas seulement dans le champ scolaire. Pour mettre en œuvre de véritables projets de réussite pour l’ensemble des élèves des Zep, il est nécessaire d’engager des moyens supplémentaires : à la fois des postes budgétaires accordés sur la durée mais aussi des dispositifs de formation et d’accompagnement des équipes et, bien entendu, la prise en compte sur le temps de service d’un temps de concertation absolument nécessaire aux projets envisagés comme à la vie quotidienne des écoles et des établissements.
Voilà les conditions d’une véritable relance de l’éducation prioritaire que le Sgen-CFDT continuera d’exiger auprès du ministre de l’Éducation nationale.



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