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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Accueil >>Métiers >>L’enseignement des langues vivantes

14 mars 2006

Pour réserver l’accès de certaines classes aux meilleurs élèves, l’enseignement en langue étrangère d’une DNL est un moyen privilégié. À l’opposé de cette démarche, on peut soutenir qu’il est juste de donner un supplément de cours en anglais à ceux qui le maîtrisent moins bien. C’est le choix de mon établissement dans un dispositif pour l’instant expérimental : les vingt-six élèves de seconde inscrits en option de détermination pour le bac STG suivent une heure de cours de gestion en anglais, sans sélection préalable en fonction de leur niveau de langue. Au mois de mai, un voyage d’une semaine entièrement financé par l’établissement nous conduira en Angleterre où nous visiterons plusieurs entreprises. À travers l’étude des trois thèmes du programme - l’organisation et ses acteurs, l’entreprise et la performance, l’entreprise et le marché - l’objectif est d’acquérir les compétences nécessaires pour être capable de suivre les visites en anglais.
Pour des élèves dont le niveau est plutôt faible, ce dispositif n’a pas seulement l’avantage d’ajouter une heure. M’exprimant dans une langue dont je ne suis pas experte, je me suis présentée en début d’année comme susceptible d’hésiter, voire de me tromper, ce qui autorise implicitement les élèves à faire de même. L’objet du cours n’étant pas la maîtrise parfaite des subtilités de la langue de Shakespeare, il est loisible de l’utiliser pour s’exprimer sans risquer d’être instantanément corrigé. De même à l’écrit, les fautes d’anglais sont pointées, mais non sanctionnées.
Enseigner dans une autre langue est assez déstabilisant au début. On se sent un peu comme un oiseau qui aurait perdu ses ailes. Il faut trouver peu à peu tous les petits mots de la gestion quotidienne de la classe, des réflexes pour dire des choses aussi simples que : « bonjour, comment allez-vous, prenez vos cahiers ». On se surprend à commettre des maladresses de débutant : porter trop d’attention à ce qu’on est en train de dire et pas assez à ce que les élèves comprennent. Je croyais que le plus difficile serait de préparer mes cours en mobilisant mes souvenirs d’anglais. En réalité, se mettre à la portée des élèves a été plus malaisé.

un travail en équipe

Heureusement, nous sommes deux pour relever ce défi pédagogique. Ma collègue d’anglais, qui mène en parallèle un travail de révision des bases dans son cours de langue, est présente pendant mes cours. Nous travaillons ensemble à leur conception. Après chaque cours, nous tentons d’analyser les raisons d’une qualité soudaine d’attention ou au contraire d’un découragement manifeste. Nous imaginons des réajustements, des exercices complémentaires, de nouveaux dispositifs : un travail d’innovation pédagogique commun très stimulant, quoique chronophage. On en vient à rêver d’une école idéale où les profs prépareraient leurs cours en commun et où tout le monde, bien sûr, serait au Sgen-CFDT !


Sections européennes ou internationales

3% des élèves sont scolarisés dans ces secteurs. L’enseignement d’une ou plusieurs disciplines non linguistiques (DNL) -mathématiques, histoire-géographie, sciences économiques et sociales ...- est fait dans la langue vivante choisie, dite "langue de la section". Ce cursus peut être validé à l’examen ( brevet ou bac) par la mention "européenne" ou "internationale". Ces sections n’ont cessé de progresser (+13 % ) mais restent encore marginales dans l’enseignement technologique ou professionnel. L’ouverture de ces sections est laissée à l’initiative des recteurs et sont le résultat de politiques locales.


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