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18 mars 2003
Formation initiale et continue : les propositions du Sgen-CFDT
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1. L’évolution du métier enseignant est un élément déterminant de transformation du système éducatif
Enseignement de masse, diversité des publics, modifications de la cellule familiale, bouleversements culturels et sociaux, affaiblissement des repères et du sens des apprentissages chez certains jeunes, autant de phénomènes qui imposent une évolution des métiers de l’éducation et, singulièrement, du métier enseignant.
Pour le Sgen-CFDT, l’évolution du métier enseignant est un élément déterminant pour le succès d’une politique de transformation du système éducatif, politique qui implique que le jeune en formation soit placé au centre des dispositifs éducatifs.
Elle est aussi un élément essentiel de réponse aux questions, aux frustrations, aux difficultés multiples que connaissent nombre d’enseignants dans l’exercice quotidien d’une pratique professionnelle dont les contours, les exigences se sont de fait transformés.
Elle doit favoriser la réussite de tous les jeunes et donner aux enseignants de meilleures conditions de travail.
2. La formation des futurs enseignants représente donc un enjeu considérable : - La professionnalisation des métiers de l’enseignement constitue une préoccupation majeure pour tous ceux qui se préoccupent de la formation des enseignants. Plus il est difficile d’enseigner et plus l’enseignant doit être formé en tant que « professionnel » de l’éducation. La formation doit donner aux personnels les moyens de remplir les missions qui leur sont confiées.
- La conception de la formation initiale doit manifester clairement l’unité du métier d’enseignant et la cohérence entre toutes les modalités de formation. Le principe de formation initiale commune est essentiel quelles que soient les spécialisations ultérieures : premier et second degrés, professeurs de lycées et collèges, professeurs des lycées professionnels.
- La formation initiale, pour remplir durablement sa fonction, doit remplir plusieurs conditions. Elle doit être : universitaire, professionnelle, par alternance et constituer une formation d’adulte.
3. Pour atteindre ces objectifs, la formation dispensée à l’IUFM doit évoluer :
La professionnalisation des métiers de l’enseignement apparaît comme un enjeu crucial pour tous ceux qui se préoccupent de la formation des enseignants.
- 3.1. La formation initiale doit être plus professionnalisée
Cela implique :
- la généralisation des modules de préprofessionnalisation avant un concours qui doit être remodelé ;
- une formation générale plus axée sur l’exercice du métier ;
- une alternance véritable entre périodes sur le terrain et périodes à I’IUFM reposant sur :
- la préparation d’hypothèses de travail,
- un meilleur soutien pendant les stages (distinct de l’évaluation normative),
- la systématisation du retour en analyse de pratiques.
La prise en compte de l’évolution du métier doit intégrer dans la formation la nécessité de : - travailler en équipe,
- élaborer, mettre en œuvre et suivre les projets,
- faire vivre le partenariat,
- assumer l’hétérogénéité des classes,
- assurer le suivi individualisé des élèves et la rencontre avec les familles.
Le rôle des formateurs de terrain est essentiel.
Ils doivent être mieux insérés dans le travail de l’IUFM. - 3.2. Il faut davantage de formation commune
Pour permettre :
- un apprentissage du travail en équipes inter niveaux et interdisciplinaires ;
- de favoriser la réflexion inter niveaux et d’ancrer dès la formation le souci des continuités notionnelles, des liaisons entre cycles.
- 3.3. La place du concours conduit souvent à un clivage entre la 1ère et la 2ème année.
Le Sgen-CFDT demande que le concours soit placé à l’entrée de l’IUFM, et qu’il soit suivi de 2 années de formation.
Les concours, prioritairement, ceux du second degré, doivent être revus. Le contenu de ces concours doit être plus professionnel, moins disciplinaire. La préparation aux concours du second degré ne doit pas être centrée uniquement sur l’acquisition des savoirs disciplinaires, tout comme la didactique disciplinaire ne doit pas constituer en 2ème année l’alpha et l’oméga de la formation.
- 3.4. Développer les pré-recrutements.
Le dispositif d’allocation a été mis en place dans un contexte de crise du recrutement. Ce dispositif a été abandonné. Il doit être repris dans le sens de véritables pré-recrutements sur le modèle des cycles préparatoires, tels qu’ils existent dans les lycées professionnels. Une telle solution favoriserait la gestion prévisionnelle des recrutements, l’accès au métier d’enseignant d’étudiants de couches sociales diverses, une pré-professionnalisation.
- 3.5. L’adaptation aux besoins des personnels à former est revendiquée par le Sgen-CFDT.
La diversité des expériences professionnelles, la nécessité d’un contact approfondi avec les réalités du monde du travail pour ceux qui n’ont pas l’expérience demandent la mise en place de parcours de formation adaptés.
- 3.6. Accompagner l’entrée dans le métier avant et après la titularisation
L’entrée dans le métier doit s’opérer progressivement, ce qui suppose décharge de service pour les débutants, encadrement et retours périodiques à l’IUFM pour permettre une prise de recul et une réflexion collective sur les pratiques.
L’IUFM doit assurer la continuité et la complémentarité entre la formation des personnels néo-titulaires et la formation initiale et développer autant que faire se peut celle des non titulaires.
- 3.7. L’apport de la recherche
La contribution à la recherche, notamment en éducation, fait partie des missions des IUFM. Le Sgen-CFDT y est très attaché.
La formation doit intégrer les résultats de la recherche en éducation et les IUFM doivent être en rapport vivant avec les lieux où se fait la recherche et être eux-mêmes des lieux de recherche. Mettre ceux qui se forment en attitude de recherche c’est accroître les chances d’une véritable réflexion sur les pratiques.
- 3.8. La formation continue
La formation des enseignants doit être conçue dans une logique articulant l’initial et le continu. La formation continue est une nécessité absolue pour pouvoir évoluer positivement tout au long de sa carrière ; elle est donc autant un droit qu’un devoir.
Tournés vers l’amont, les IUFM doivent l’être également vers l’aval : cette double perspective figure d’ailleurs dans l’article 17 de la loi d’orientation.
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