logo retour accueil

Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


|

Accueil >>Sgen-CFDT >>Propositions

14 avril 2006


Lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale

LETTRE OUVERTE à Monsieur Gilles de ROBIEN, Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Paris le 13 avril 2006

Monsieur le Ministre,

Le Sgen-CFDT s’est engagé clairement dans le Débat national sur l’École, dans son appréciation du rapport de la commission Thélot, dans ses expressions lors des tables rondes qui ont précédé la publication du projet de loi sur l’avenir de l’École... en faveur de la détermination d’un socle commun de connaissances et de compétences que la Nation s’engage à faire acquérir à tous pendant la scolarité obligatoire. Au-delà de cette prise de position fondamentale, le Sgen-CFDT s’est engagé dans la démarche de définition de ce socle commun en adoptant lors de son congrès de mai 2004 des propositions pour le socle commun, propositions qui ont été communiquées au ministère de l’Éducation nationale, ainsi d’ailleurs qu’à la mission parlementaire animée par M. Périssol.

Au moment où le ministère va être amené à procéder à l’écriture du projet de décret relatif au socle, le Sgen‑CFDT souhaite rappeler quelques-unes de ses exigences concernant le socle commun si l’on veut que celui-ci soit véritablement un instrument pour la démocratisation du système éducatif, pour la réussite de tous :

  • Et d’abord, réaffirmer que l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences est un objectif pour tous ; faire acquérir ce socle à tous est un engagement de la Nation, ce qui signifie l’obligation de mettre en œuvre tous les moyens utiles, nécessaires à la réalisation de cet objectif.
  • Participe de la démarche même du “contenu” du socle commun, la nécessité d’apprendre ensemble, dans des structures communes de l’École de tous : le collège doit être dégagé de la contrainte de l’aval, de la pesanteur de l’orientation-sélection. De ce point de vue, les récentes décisions concernant la scolarité au collège, DP 6 h et tout particulièrement apprentissage junior, constituent un obstacle majeur.
  • Si le socle commun constitue l’incontournable des acquisitions pendant la scolarité obligatoire et non la définition de tout ce que pourra apprendre un élève à l’école et au collège, il ne saurait être un enseignement au rabais, réduit au “lire, écrire, compter” et qui serait “la portion congrue culturelle” à laquelle auraient droit les plus fragiles. Le socle commun doit mettre chaque élève à la fin de la scolarité obligatoire en capacité d’acquérir en formation initiale une qualification reconnue et d’accéder tout au long de sa vie à de nouvelles qualifications, en situation de “lire” le monde complexe du XXIe siècle et de pouvoir y porter un regard critique, et éclairé par l’histoire de l’humanité, en position de devenir un citoyen à la fois solidaire et responsable, ayant un réel pouvoir sur son devenir. Cela suppose un enrichissement du champ des acquisitions par rapport à la situation actuelle.
  • Si l’on veut que le socle commun ne soit pas un “empilement de savoirs disciplinaires” dans un agencement hérité du XIXe siècle, échappe aux visées encyclopédiques, il faut le définir en termes de compétences transversales, traduisant la capacité de l’élève à réutiliser ses connaissances, à mettre en œuvre savoirs, savoir-faire, savoir être.
  • L’acquisition par tous les élèves des compétences du socle commun suppose des démarches pédagogiques diversifiées dans le cadre général d’une continuité éducative renforcée entre l’école et le collège et de la mise en œuvre de la politique des cycles, diversification et différenciation pédagogiques qui prennent en compte les élèves tels qu’ils sont, et les mettent en situation d’acteurs de leurs apprentissages : articulations des acquisitions sur des expérimentations, démarches de projet, pratiques de production, articulation concret-abstraction, pratiques culturelles, amélioration et développement des dispositifs tels que IDD qui ont été trop souvent mis à mal ces derniers temps.
  • La mise en œuvre de ces pratiques pédagogiques et éducatives, l’accompagnement des élèves dans leurs apprentissages nécessitent un travail collectif important et impliquent la transformation du métier enseignant et la reconnaissance dans le service de ces activités : concertation, suivi individualisé des élèves, ... Ces modalités du métier enseignant doivent être un enjeu central de la formation initiale et continue dans le cadre des IUFM.

Par ailleurs, le Haut Conseil de l’Éducation vient de formuler des recommandations pour la rédaction du projet de décret relatif au socle commun. Le Sgen-CFDT ne se retrouve pas dans toutes les indications que comporte ce document mais des orientations générales sous-tendent ce texte concernant en particulier le sens et l’ambition du socle commun, la problématique des compétences, y compris compétences sociales et civiques, autonomie et initiative, et leur articulation avec les disciplines, la conception de l’évaluation, etc... dont le Sgen-CFDT ne comprendrait pas que le ministère ne les prenne pas en compte.

En tout état de cause, il apparaît urgent que le ministère ouvre des discussions avec les partenaires, tant sur le projet de décret relatif au socle que sur le vaste chantier des transformations nécessaires pour que puisse être atteint l’objectif de faire acquérir le socle par tous les jeunes durant leur scolarité obligatoire.



Imprimer

thèmes abordés


Dans la même rubrique

[ Les autres ]