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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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4 mai 2006

Quand j’ai découvert le dispositif « École et cinéma », j’ai été tout de suite séduit ; c’était au tout début, il y a dix ans. J’étais enseignant en cycle 3 dans un département provincial, le Calvados. Sortant de l’IUFM, je n’avais pas imaginé que le septième art pouvait à ce point participer au processus d’apprentissage ; apprentissage de cet art, bien sûr, mais surtout apprentissage en général. Le cinéma est magique et réussit dans le cadre de cette magie à englober nombre des compétences à acquérir à l’École.

MISE EN ŒUVRE

Comment cela se passe-t-il ? Il faut emmener dans l’année scolaire quatre fois ses élèves au cinéma. Les films ont été choisis en concertation avec les enseignants du département inscrits dans le dispositif sur une liste de films présentés par le Centre national de la cinématographie. Les films sont très variés. Il est fait en sorte qu’ils diffèrent de ce que les élèves ont l’habitude de voir en première partie de soirée le dimanche soir à la télévision : films muets comme « Le cameraman », films en noir et blanc comme « La nuit du chasseur », films en VO sous-titrée comme « Les contrebandiers de Moonfleet », films français comme « Les demoiselles de Rochefort ». Tous les genres sont abordés. L‘objectif est de montrer que cet art ne vient pas de nulle part et qu’il a une histoire très riche. Il est prévu chaque année un programme cycle 2 et un programme cycle 3. Le coût de ces séances est très modique pour les élèves, aux alentours de deux euros. En amont de la séance, l’enseignant participe à une journée d’animation pendant laquelle il peut voir le film et assister à une conférence faite par un spécialiste du cinéma. Il lui est remis aussi un livret d’une trentaine de pages fournissant des informations sur le film. Néanmoins, tout n’est pas idéal dans ce monde magique du cinéma, les problèmes de transport des élèves sont parfois ou souvent un obstacle plus ou moins surmontable surtout quand forts du succès, de nombreux enseignants veulent faire participer leur classe.

Sans image le monde serait muet

L’Éducation nationale ne participe pas au financement, restent comme solution l’école elle-même, la commune ou les collectivités territoriales. Quant à la séance, elle peut elle aussi être source de difficultés car les élèves ne sont pas automatiquement hypnotisés par le médium cinéma. L‘intérêt pour le film, sa longueur, ses sous-titres en français peuvent être source de bruits, de bavardages, de déplacements aux toilettes ou de circulation cachée entre les rangées de fauteuils, rien d’autre que la gestion quotidienne de la classe. C’est la première étape du projet, nécessaire, mais pas suffisante... S’arrêterait-il là qu’il aurait déjà beaucoup d’intérêt, mais l’essentiel est dans la suite. C’est là que la pédagogie entre en action et démontre que le projet est transversal : expression orale, expression écrite, lecture, sciences et technologie, expression critique, arts plastiques, histoire et géographie... Les possibles sont illimités. Deux exemples parmi d’autres : une exposition de fin d’année où chaque élève apporte un objet symbolisant son film préféré, un vélo pour « Le voleur de bicyclette » par exemple, la réalisation d’un film d’animation, avec l’aide d’une association pour la partie technique et présentée dans un cinéma. Une année, mes élèves avaient réalisé un remake de « Taxi » et, cerise sur le gâteau, un élève de CLIS (classe d’intégration scolaire) avait participé à la réalisation.

Pierre Margerie



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