logo retour accueil

Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


|

Accueil >>Métiers >>Ecole et cinéma

4 mai 2006


Profession Éducation n°156, avril 2006

La pratique « Collège au cinéma » présente un intérêt certain pour les élèves et leurs professeurs. Par son aspect ludique, lié à une sortie au cinéma avec des camarades, c’est un premier point - certains enfants n’y sont jamais allés avant, ou y vont très rarement. Par ailleurs, sortir du cadre du programme traditionnel est vécu comme immédiatement positif. On a pu remarquer que les élèves peu scolaires, voire en difficultés, s’investissent davantage et efficacement car les barrières scolaires s’effacent.
« Collège au cinéma » permet aussi aux enfants de découvrir d’autres civilisations, d’autres milieux, par exemple : « Central do Brasil », des événements historiques : « Good bye Lenin », des transformations économiques, sociales : « Les temps modernes ». Il va donc de soi que des recherches préalables s’imposent : en groupes, au CDI, ils préparent des dossiers, des exposés en interdisciplinarité. Lorsque le film s’y prête, comme « Les temps modernes », les élèves peuvent bénéficier de la participation du professeur d’histoire pour l’étude des USA et la taylorisation dans les années trente, et du professeur d’anglais pour l‘étude des « cartons » en VO.
« Collège et cinéma » permet aux élèves d’apprendre les techniques de l’image (fondus au noir, fondus enchaînés) du son (voix off...), le rôle du son créateur de sens et d’émotion. Il est remarquable que les élèves réinvestissent des notions acquises comme le point de vue, ou la plongée, contre-plongée en littérature.

de nouveaux horizons

De plus cette pratique constitue une ouverture sur un cinéma éloigné d’eux par le temps (« Le quai des Orfèvres »), le sujet, la forme (« Le mystère de la chambre jaune »), la langue (« Le tombeau des lucioles »). S’agissant d’œuvres passant rarement en salles et à la télévision, ce travail peut ouvrir leur curiosité, leur sensibilité et leur donner envie de découvrir des films d’auteurs et en VO. Ils reconnaissent les vrais chefs-d’œuvre, nous nous en sommes aperçus avec « La Strada ».
Nous retrouvons les mêmes avantages pour les professeurs volontaires (parfois cinéphiles). Ceux-ci sont heureux d’intégrer cette activité à leur pratique pédagogique. Nous sommes aidés par les fiches et les dossiers riches et bien conçus. Les stages nous mettent en situation d’apprentissage avec beaucoup de plaisir et d’efficacité, notamment par l’apport culturel et technique : lecture de séquences, travail sur l’image off, la bande son.
Nous sommes entièrement conscients de l’intérêt de cette pratique pour les élèves mais nous regrettons que le choix soit limité au patrimoine classique, souvent ancien, avec des sujets toujours sombres voire misérabilistes, (« Un enfant de Calabre », « Central do Brasil »), la présence d’un héros de leur âge ne justifiant pas systématiquement l’intérêt du film pour les élèves. Le choix n’est pas toujours adapté à l’âge. « L’enfant sauvage » conviendrait mieux à des lycéens. « Good Bye Lenin » est plus facile en 3e via le programme d’histoire en 4e.
Pourquoi ne pas aborder d’autres catégories : films comiques, comédies musicales, documentaires (il y en a d’excellents à la télévision), courts-métrages, séries, fantastiques, épouvantes, films d’action... Cela permettrait aux élèves d’avoir un œil critique sur ce qu’ils voient quotidiennement.
Par ailleurs nous voudrions dire notre inquiétude car nous nous heurtons aujourd’hui à la législation qui interdit la duplication et la diffusion des œuvres en classe. À cela s’ajoute le manque de moyens qui met en péril le travail du groupe de pilotage qui nous permet de mener à bien cette activité.

Sylvie Herpin, Annette Lebreton



Imprimer

thèmes abordés


Dans la même rubrique

[ Les autres ]