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5 mai 2006

1981, élection de François Mitterrand, nomination de Jack Lang comme ministre de la Culture. Une vaste réflexion s’ouvre dans tous les secteurs de la culture et en particulier du cinéma. Parmi les nombreuses propositions, celle d’introduire le cinéma comme matière d’enseignement s’impose quelques années plus tard, d’abord à titre expérimental, puis de manière institutionnelle.
Le choix se porte sur un enseignement obligatoire calqué sur les enseignements de la musique et des arts plastiques, avec épreuve au baccalauréat à fort coefficient pour la section L. La première session au bac date de 1989. Plus tard, un enseignement facultatif permettra aux élèves de toutes les sections d’avoir accès à l’enseignement du cinéma au lycée.
Cet enseignement ne constitue en rien une préparation aux métiers liés au cinéma et à l’audiovisuel. Il participe d’une formation générale. Toutefois, il se distingue par le fait que connaissances théoriques et pratiques sont intimement liées. Il s’agit en effet de permettre aux élèves de mieux connaître le monde de l’image et du son, d’élargir leur culture cinématographique. Ainsi, l’épreuve écrite du bac L propose un exercice d’écriture de scénario ou de découpage technique qui met en œuvre les acquis en termes d’écriture filmique. L’oral comprend une épreuve d’analyse de séquence sur l’un des trois films au programme et la soutenance d’une réalisation individuelle ou collective. On voit par là même que le profil des élèves diffère de ceux que l’on trouve dans les sections L habituelles. Soit il s’agit d’élèves qui trouvent dans le choix de cette option un moyen d’exceller autrement que par une approche uniquement abstraite du « savoir », soit ce sont des élèves qu’un tel enseignement remotive sur une matière totalement nouvelle.
Même si cet enseignement s’est maintenant institutionnalisé, il n’en reste pas moins un lieu d’innovation dans son fonctionnement, à cause des petites brèches qu’il ouvre dans la routine scolaire et pédagogique. C’est aussi ce qui en fait la fragilité face à une machine qui lorsqu’elle doit envisager des dégraissages au niveau financier regarde d’abord vers ces « niches ». Malgré tous les discours pleins de bonnes intentions sur le développement des arts à l’École, il faut être constamment vigilant pour en assurer la pérennité. Que de fois n’entend-on des voix qui se lèvent pour mettre en cause le coût, la validité de ces enseignements. Même si les établissements qui les accueillent les ont maintenant bien intégrés, ils ne sont jamais à l’abri de décisions administratives d’instances ou d’individus pour qui le souci pédagogique n’est pas une priorité.

Quelle formation après le bac ?

Le devenir des élèves qui souhaitent continuer dans les formations cinéma-audiovisuelles reste un problème que l’institution n’a pas résolu. Il faut rappeler avec insistance qu’il ne s’agit pas de formation pré-professionnelle au stade du lycée. Mais la Fémis, les BTS restent largement inaccessibles aux élèves de cette option. On commence à envisager des classes de mise à niveau pour mieux préparer celles et ceux qui souhaitent accéder aux BTS. Parmi toutes celles et ceux qui vont à l’université, le problème des débouchés reste tout aussi criant. Bien qu’en avance dans la mise en place de ces dispositifs (enseignements, activités, ateliers, etc.), il reste un immense effort de mise en cohérence à effectuer pour que de vrais parcours de formation se dessinent.

Bernard Nave



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