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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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9 juin 2006

Nous ne reviendrons pas, Monsieur le ministre, sur un certain nombre de points que nous avons évoqués en commission et dont nous venons d’avoir le compte rendu. D’entrée de jeu, Monsieur le ministre, je dirai que le projet de socle commun que vous nous présentez est loin d’être mené à son terme de notre point de vue.

Le socle est pour le Sgen-CFDT un enjeu important pour la démocratisation du système éducatif. Il doit être un objectif pour tous les jeunes d’une classe d’âge afin qu’ils acquièrent les connaissances et les compétences indispensables leur permettant de devenir les citoyens de demain.

C’est pour cela que le Sgen-CFDT s’était engagé clairement dans le Débat national sur l’École, dans son appréciation du rapport de la commission Thélot. Nous avions alors eu l’occasion à plusieurs reprises de mettre en avant nos propositions de socle commun, adoptées à notre congrès de 2004, propositions que nous avons également communiquées à votre ministère ainsi d’ailleurs qu’à la commission parlementaire animée par Monsieur Périssol.

Le socle doit bien conduire à la réussite de tous les jeunes, sans exception.

Pour faire acquérir ce socle, il y a nécessité d’apprendre ensemble, dans des structures communes de l’École de tous : le collège doit être dégagé de toute orientation/sélection. De ce point de vue, comme nous l’avons déjà signalé à plusieurs reprises, l’apprentissage junior en particulier constitue un obstacle majeur. Et c’est bien l’ensemble du contexte actuel en matière de politique éducative qui nous inquiète.

Pour éviter que le socle soit un « empilement de savoirs disciplinaires », il faudrait le définir en termes de compétences transversales.

La mise en œuvre de ce socle nécessite un travail collectif important pour accompagner les élèves dans leurs apprentissages d’où la nécessité de reconnaître la transformation du métier enseignant en prenant en compte dans leur service : concertation, suivi individualisé des élèves, ...
Or le texte que vous nous présentez aujourd’hui est une fois encore loin d’être mené à son terme. Certes, des remarques ont été entendues par votre ministère, certaines formulations négatives ont été atténuées, d’autres améliorées mais fondamentalement, cela ne change pas la structure même du texte.
Ce texte constitue un ensemble très hétérogène, sans cohérence globale qui semble être le résultat du « compactage » de problématiques différentes. Des démarches fort différentes se succèdent, dans la construction de la déclinaison de compétences visées, des finalités des apprentissages, des objectifs poursuivis en termes d’apprentissages. La conception des langues vivantes et des TICE aurait dû inspirer la conception générale.

Or, nous retrouvons :
-   des listes-catalogues de connaissances qui recouvrent en fait les programmes actuels de l’école et du collège,
-   des démarches fondamentalement disciplinaires,
-   des formulations sur le mode injonctif, voire moraliste concernant les attitudes à acquérir,
-   l’absence de fait de la place de l’élève dans ces apprentissages, alors que l’activité proprement dite de l’élève doit être déterminante pour donner corps à cette « volonté de donner du sens à la culture scolaire » comme cela est énoncé dans le préambule.

Les ambitions apparaissent démesurées dans nombre d’endroits, et particulièrement dans la culture humaniste mais pas seulement.

Je pourrais pointer l’absence du corps, si ce n’est que comme objet d’étude des sciences du vivant, connaître son corps, utiliser ses ressources, s’épanouir dans des activités physiques diversifiées, ... ne semble pas faire partie des compétences à construire. Je ne m’étendrai pas sur l’absence de réflexion sur l’évaluation qui aurait dû être la démarche constitutive du socle.

Monsieur le ministre, j’ai parlé de catalogue, d’énumération, je pourrai donc pointer encore longtemps les manques, les insuffisances de ce texte.

Nous avions parlé de gâchis à propos de la récente loi sur l’École, évitons d’utiliser le même terme pour le socle, socle qui, je le rappelle, doit se traduire par une mobilisation de tous les moyens pour inscrire tous les élèves dans une dynamique de réussite.

Évitons donc ce gâchis, évitons de passer à côté de l’essentiel. Ne manquons pas cette « étape historique » que vous venez d’évoquer. Ne manquons pas une telle ambition. L’enjeu est de taille, nous ne sommes pas à quelques mois près. Monsieur le ministre, nous vous demandons solennellement de donner du temps pour que nous poursuivions le travail sur la définition du socle.

Le Sgen-CFDT ne s’inscrira pas dans une démarche d’amendements compte tenu de la problématique générale du projet. En l’état, le Sgen-CFDT ne votera pas ce texte.



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