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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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15 mars 2006

Alors que la loi Fillon prévoyait une note de vie scolaire au brevet, Gilles de robien a décidé de l’étendre à toute la scolarité au collège. encore une mesure qui renforce les discriminations !

Une circulaire de juillet 2000, qui tendait à faire respecter les principes généraux du droit dans les procédures disciplinaires rappelait en particulier : « Il convient également de distinguer soigneusement les punitions relatives au comportement des élèves de l’évaluation de leur travail personnel. Ainsi n’est-il pas permis de baisser la note d’un devoir en raison du comportement d’un élève ou d’une absence injustifiée. » À vrai dire, toute note comporte une part de subjectivité et il est difficile d’affirmer que le comportement de l’élève n’entre jamais en ligne de compte... Dans le contexte médiatique qui sur-valorise la violence et les incivilités, nombre de contributions au grand débat sur l’avenir de l’école demandaient explicitement une note de comportement. Et le rapport de la commission Thélot inclut l’acquisition des « règles de comportement » et son évaluation dans le socle commun. Claude Thélot lui-même n’excluait pas que cette évaluation se traduise par une note ( « Je suis plutôt pour la notation, si on ne note pas, on dévalorise »)

Fillon, dans ses 14 propositions qui précèdent la loi, introduit une note de vie scolaire ( assiduité, discipline, civisme et engagement ) dans le nouveau brevet des collèges. De fait cette disposition est inscrite dans la loi d’avril 2005 et l’article L332-6 du code de l’éducation indique « Il [le diplôme national du brevet] comporte une note de vie scolaire ».

À ce stade, toutes les organisations syndicales critiquent la confusion entre le pédagogique et le comportemental. Confusion aggravée par les « bourses au mérite » liées aux mentions bien et très bien. Les dérives inhérentes à la notion de note deviennent ici particulièrement nocives en terme de contrôle social.

Mais Gilles de Robien ne s’arrête pas à la loi et dessine, lors de ses vœux 2006 à la presse, une note de vie scolaire trimestrielle, de la 6e à la 3e, qui « évaluerait le respect des élèves à l’égard des enseignants, des personnels TOS et du règlement mais également leur assiduité, et l’attestation de sécurité routière pourrait être prise en compte, de même que l’engagement des élèves dans des activités périscolaires, associatives ou sportives. »

On sent bien, que faute d’une éducation à la citoyenneté pensée sur l’ensemble de la scolarité obligatoire, faute aussi de reconnaître qu’il y a une vie d’établissement en dehors des cours, une note en fin de collège semble insuffisante à notre ministre pour normaliser le comportement des élèves. Du coup, il pratique la double peine, puisque l’absentéisme est déjà une calamité pour l’élève et que le non respect du règlement intérieur fait déjà l’objet de sanctions, il aggrave la fracture sociale puisque les élèves les plus en difficultés sont justement ceux qui sont le plus éloignés des codes du milieu scolaire.

Comme notation « rime » avec pouvoir, c’est le chef d’établissement qui attribuera la note, après avis du CPE et du professeur principal et à l’issue du conseil de classe.

Les textes d’application qui doivent traduire les idées du ministre seront soumis au conseil supérieur de l’éducation du 14 mars. Le Sgen-CFDT demande l’abandon pur et simple de ces projets, mais la note de vie scolaire n’attendra pas la définition du nouveau brevet (qui semble coincer du côté du socle commun) et entrera en vigueur à la rentrée 2006 malgré l’avis du CSE.



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