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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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27 octobre 2006

Quels sont les rôles et les actions de l’Uffa ?

L’Uffa regroupe les dix fédérations de fonctionnaires de la CFDT. Elle est composée d’un secrétariat politique de trois élus que j’anime avec Maïté Druelle et Brigitte Jumel. Avec les permanents techniques, nous sommes une dizaine de personnes chargée d’animer et de coordonner la politique revendicative de la CFDT pour la Fonction publique. Nous travaillons en étroite collaboration avec les fédérations, telles que le Sgen-CFDT. Ce lien est très important, nous tenons beaucoup à agir en cohérence avec les fédérations qui gardent toute légitimité pour l’action revendicative dans leurs champs professionnels. L’Uffa est l’interlocuteur CFDT pour le ministère de la Fonction publique. Par rapport à la confédération, elle était jusqu’à présent un peu indépendante, isolée. Mais depuis le congrès de Grenoble où beaucoup de délégués ont insisté sur l’importance de la Fonction publique pour la CFDT, celle-ci est intégrée dans les revendications confédérales. Les positions que nous prenons se déterminent dans la commission exécutive de l’Uffa à laquelle participent les dix fédérations. Il y a souvent des confrontations, mais toute l’équipe tient beaucoup à la richesse des positions prises de cette manière.

Où en est le dialogue social dans la Fonction publique ?

Pendant longtemps, l’expression « dialogue social » était quasiment inconnue dans le domaine de la Fonction publique. L’État employeur ignorait ce qu’il pouvait représenter. Les partenaires sociaux n’étaient pas reconnus comme des interlocuteurs et les décisions étaient prises de manière unilatérale sans réel échange avec les représentants des personnels. Cela commence à changer depuis 2005 avec la volonté affichée par le ministère de la Fonction publique de renouer le dialogue social. En 2005, nous avons réussi à faire entrer dans le champ de la négociation l’amélioration des carrières et l’action sociale, ce qui a abouti en janvier dernier à notre signature, avec l’Unsa et la CFTC, de l’accord sur le statutaire et l’action sociale, premier pas vers plus de dialogue social dans la Fonction publique. C’est un peu comme si on avait mis ainsi le pied dans la porte, désormais on ne peut plus revenir en arrière, le contact entre l’administration et les représentants du personnel est établi. Tout n’est pas rose cependant. Des champs importants de la négociation n’ont pas été menés à leur terme, en particulier les négociations salariales. Il reste que l’amélioration des carrières obtenue en janvier 2006 pour les agents de catégorie C a initié une démarche qui va dans le sens d’une amélioration pour les personnels. Depuis, le ministère de la Fonction publique rencontre régulièrement les représentants des personnels, ce qui lui fait prendre des habitudes d’échange et d’écoute, certaines propositions de fond sont entendues. Mais au sujet du dialogue social, il n’y a pas de consensus parmi les organisations syndicales. À l’inverse de la FSU par exemple, la CFDT veut instaurer la reconnaissance de l’accord contractuel pour qu’il occupe toute sa place dans la Fonction publique et que le législateur ne soit pas seul à établir les règles. Cela nécessite une révolution des esprits, mais je crois que ce phénomène est en marche.

Et les négociations sur les salaires ?

Sur ce sujet les échanges n’ont pas abouti, ce qui a conduit à la grève du 2 février dernier. La CFDT n’a pas signé d’accord sur les salaires en 2006. Il reste un contentieux important. Les mesures prises par le ministre sont deux augmentations de 0,5 % en juillet 2006 puis en février 2007 et l’attribution d’un point d’indice en novembre 2006. Cela réduit le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Pour qu’il se maintienne, nous revendiquions 1,8 % d’augmentation. Mais notre pouvoir d’achat a aussi diminué les années précédentes, un rattrapage est nécessaire. Il nous semble que le meilleur moyen de l’obtenir n’est pas uniquement un pourcentage d’augmentation mais aussi une réévaluation des grilles de salaires. La refonte de ces grilles a commencé en janvier dernier pour les personnels de catégorie C, il faut poursuivre ce travail pour l’ensemble des catégories. Nos revendications salariales s’expriment au moment où le Premier ministre propose une conférence sur les revenus, nous souhaitons que les fonctionnaires n’en soient pas les grands oubliés !

Qu’en est-il de la formation professionnelle dans la Fonction publique ?

Dans ce domaine, nous sommes en retard par rapport au secteur privé, il n’y a pas eu d’accord cadre depuis plusieurs années. Nous sommes en train de finaliser un projet qui pourrait se concrétiser par un accord dans les prochaines semaines. L’Uffa a participé à de nombreuses réunions préparatoires et nous avons obtenu des avancées significatives. Par exemple, le droit individuel à la formation qui permet aux salariés du privé de capitaliser chaque année vingt heures de formation devrait être transposé dans la Fonction publique. Les acquis de l’expérience devraient aussi être reconnus : on pourra de cette manière remplacer des épreuves de concours par la présentation de son expérience sous la forme d’un dossier. L’accord devrait permettre aux agents de bénéficier de périodes de professionnalisation quand ils veulent changer d’emploi ou d’obtenir des compensations financières s’ils suivent une formation en dehors de leur temps de travail. Les dispositifs envisagés doivent répondre à différentes situations professionnelles, il s’agit de mettre à disposition des collègues toute une série d’outils pour mieux gérer son évolution de carrière.



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