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| Accueil >>Métiers >>Les vacances ( Dossier de Profession Éducation n°158) | |||||
Faride Hamana - C’est plus sur la répartition du travail qu’il faut s’interroger que sur la quantité annuelle du temps scolaire. Quelles connaissances et compétences veut-on faire acquérir ? Combien de temps se donne-t-on ? Comment les répartit-on en adéquation avec l’âge des élèves ? Comment permet-on à chacun d’avancer à son rythme, et donc comment fait-on pour ne plus faire du temps d’apprentissage une norme scolaire ? François Testu - La durée du temps scolaire n’est pas adaptée à l’âge des élèves. Il me semble aberrant de faire passer autant de temps à l’école aux enfants de 6-7 ans qu’à ceux de 10-11 ans , voire même plus qu’aux collégiens de 11-13 ans. Aussi devons-nous prévoir des temps scolaires proportionnels à l’âge, comme cela existe déjà dans d’autres pays. Raymonde Piecuch - Difficile de porter un jugement sur la quantité annuelle « en soi » : il faut effectivement la rapporter à l’âge des élèves, aux objectifs d’apprentissage, mais aussi aux modalités d’apprentissage et d’accompagnement des élèves dans leurs apprentissages qui donnent une « coloration » particulière à la façon dont est vécu le temps scolaire. Karl Stoeckel - À partir du constat que nous faisons, la quantité annuelle du temps scolaire nous paraît disproportionnée. En effet, elle est conditionnée par des programmes chargés dont le contenu n’est pas du tout assimilable par des lycéens. Karl Stoeckel - Les vacances scolaires nous semblent mal réparties en France. En effet, alors que les « petites vacances » ne sont pas réellement des périodes de repos (devoirs de vacances...), les vacances d’été nous paraissent trop longues. Ces dernières sont un gouffre entre deux années scolaires. À chaque rentrée scolaire, les élèves doivent se réadapter à l’environnement du lycée avant d’y trouver un réel espace d’étude et de vie. Dès lors, une réorganisation des vacances sur l’année nous semble importante. Elle irait dans le sens d’un allongement des « petites vacances » et d’une réduction des « grandes vacances ». François Testu - Il est reconnu qu’il existe dans l’année au moins deux périodes difficiles à vivre pour nos élèves, deux périodes de moindre résistance au stress environnemental, deux périodes de fatigue : l’une fin février début mars, l’autre, à un degré moindre, autour de la Toussaint. Nous devons en tenir compte dans l’élaboration du calendrier scolaire annuel. Par ailleurs, pour que les petites vacances soient bénéfiques et récupératrices de la fatigue, elles doivent durer deux semaines, l’une pour se déshabituer de son emploi du temps scolaire, l’autre pour se sentir réellement en vacances. Aussi peut-on proposer deux semaines de vacances à la Toussaint, Noël, Février, Printemps entre lesquelles s’articuleraient sept plus ou moins une semaines de classe. Raymonde Piecuch - Le principe d’une alternance régulière entre les périodes scolaires et les périodes de repos (7-2) n’est pas respecté actuellement : François Testu met bien en évidence les problèmes suscités par cette absence de « rythme », qui est plus aiguë encore chaque année pour la zone qui « fait les frais » d’un étalement sans doute excessif des vacances de printemps. La durée des grandes vacances est actuellement « bornée » par le poids des examens, du bac particulièrement, et par l’existence de la semaine de quatre jours. Faride Hamana - Pour la FCPE, toute évolution dans la prise en compte des apprentissages passe initialement par la modification du rythme de la journée. Et c’est de cette modification que découle une nouvelle organisation de la semaine et de l’année scolaires. Raymonde Piecuch - C’est sur la journée qu’il faut réfléchir d’abord et en prenant en compte l’ensemble du temps de l’enfant, de l’adolescent, l’articulation des différents temps et de leur contenu. Des expériences existent, comme l’instauration d’un temps-sas entre le hors-l’école et l’apprentissage à l’école et au collège... François Testu - Si l’on applique l’alternance 7/2 et si l’on maintient le volume annuel d’heures d’enseignement, il n’est pas envisageable d’appliquer la semaine de quatre jours qui conduit à allonger le premier ou le troisième trimestre d’une semaine. Par ailleurs, les résultats des recherches chronobiologiques et chronopsychologiques conduisent à déconseiller ce type de semaine scolaire qui est source de rupture de rythmicité, de fatigue et d’inégalité face aux temps péri et extra-scolaire. Karl Stoeckel - Au quotidien, les disciplines exigeant des élèves une importante concentration et un effort intellectuel devraient être enseignées le matin, quand ils sont plus disposés à assimiler des connaissances théoriques. Les disciplines qui appliquent les enseignements théoriques du matin seraient alors enseignées l’après midi (TD, TP, TPE, PPCP...). Faride Hamana - On sait que les journées sont trop longues, qu’elles sont calibrées de la même façon pour enfant de CP et un enfant de CM2. On sait aussi que ces journées sont non seulement déséquilibrées, mais qu’elles ne respectent pas les pics d’attention de la journée qui sont désormais reconnus par tous. Commençons donc par essayer d’appliquer, comme ce fut les cas, avec succès, dans quelques écoles animées par des équipes dynamiques, les enseignements incontestés de la recherche. François Testu - Dans la mesure où une nouvelle organisation du temps de travail est bénéfique pour les enfants, il ne peut en être que de même pour les adultes, qui eux aussi ont besoin d’une certaine régularité dans les répartitions journalière, hebdomadaire et annuelle des temps scolaires. Raymonde Piecuch - Au-delà de la question du « rythme », une meilleure organisation du temps scolaire, si elle est bénéfique aux élèves, se traduirait par de meilleures conditions de travail pour les personnels, et d’abord en termes de baisse du stress. Faride Hamana - Les freins à une meilleure répartition du temps scolaire ont essentiellement deux sources. Les intérêts marchands d’une part qui, par exemple, ont imposé le système des zones qui rend très difficile une réorganisation profonde des rythmes scolaires. Les intérêts corporatistes d’autre part, qui craignent toujours une remise en cause des acquis. Mais l’intérêt qui compte est bien d’abord celui de l’enfant, y compris contre certains parents qui, partisans de la semaine de quatre jours, obéissent d’abord à des préoccupations personnelles. La composition de la famille est maintenant multiforme, la société s’est profondément transformée, les habitudes sociales à propos des vacances ont évolué, l’École aussi a changé : il faut donc cesser de faire comme si la majorité des élèves faisait la moisson en juillet et les vendanges en septembre... François Testu - Les freins économiques et institutionnels étant nombreux, il convient aux organisations syndicales d’entreprendre une campagne de sensibilisation et d’explication auprès de ses propres syndiqués, auprès des parents et des décideurs.
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