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Accueil >>Métiers >>Les vacances ( Dossier de Profession Éducation n°158)

27 octobre 2006

Le calendrier scolaire a évolué tout aulong du XXe siècle. Il fait intervenir différents intérêts qui peuvent s’opposer.

Si les inventeurs des vacances, au sens de suspension provisoire des cours, ont sans doute été les enseignants de la Sorbonne médiévale (c’était alors en septembre), c’est en fait au moment où l’École est devenue obligatoire que la date et la durée des grandes vacances ont été fixées nationalement. En cette fin du XIXe siècle, le souci essentiel des autorités était de faire respecter l’obligation scolaire ; cet objectif n’était raisonnablement atteignable qu’à condition de prendre en compte les rythmes et obligations d’un monde rural, regroupant alors la grande majorité de la population française. Le choix de longues vacances d’été (du début d’août à la fin septembre) devait permettre aux enfants, suivant un calendrier agraire sans doute moins précoce qu’aujourd’hui, d’apporter leur participation indispensable aux travaux des champs et en particulier aux récoltes (moissons, vendanges ou cueillettes).

Évolution des vacances d’été

Ensuite débute un lent mouvement d’avancement de la date de départ, fixée au 14 juillet dès 1912 et au 30 juin à partir de 1959, mais à ce moment la date de retour est également avancée au 15 septembre.
Sur le dernier demi-siècle, l’évolution la plus notable est le raccourcissement des vacances d’été au profit des vacances programmées en cours d’année scolaire : « petites vacances » de la Toussaint et de février ; ainsi alors que le nombre de semaines de vacances reste à peu près constant, à seize semaines, les grandes vacances aujourd’hui n’excèdent pas, au moins en théorie, les neuf semaines. Cette nouvelle répartition respecte sans doute plus les rythmes d’apprentissages des enfants. Elle correspond aussi à des priorités sociales nouvelles, liées à la généralisation et à l’allongement des congés payés.

Impératifs contradictoires

Les vacances sont aujourd’hui synonymes de départ plus que de repos : même si, d’après l’Insee, le taux de départ en vacances n’atteint encore que 65 % de l’ensemble de la population, il est tout de même en forte hausse (45 % en 1969) ; il dépasse même les 70 % pour les catégories les plus jeunes de la population (0 à 19 ans). Le choix du calendrier scolaire doit donc désormais ménager toutes sortes d’impératifs souvent contradictoires : la nécessité économique et sociale de favoriser l’étalement des vacances, le souhait des familles de bénéficier des saisons les plus favorables aux activités estivales ou hivernales qu’elles envisagent... et les besoins de récupération des élèves généralement estimés par les spécialistes à deux semaines de repos après sept semaines de travail. Aucun de ces impératifs n’est condamnable en soi, y compris celui de l’industrie des sports d’hiver, grande pourvoyeuse d’emplois dans des régions qui en manquent. Mais on comprend qu’ils sont de fait incompatibles. Et que l’équilibre satisfaisant entre vacances d’été et petites vacances ne peut sans doute pas à lui seul résoudre tous les problèmes liés aux rythmes scolaires...

Ajoutons qu’entre le début officiel des vacances d’été, censées commencer cette année le 5 juillet et leur début réel, dès les conseils de classe passés pour les élèves du second degré, le décalage peut atteindre plusieurs semaines... Certaine ministre de l’éducation scolaire s’était naguère attaquée à ce phénomène regrettable, sans aucun résultat. Aura-t-elle l’occasion de revenir à la charge ? L’avenir le dira.



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