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| Accueil >>Métiers >>École et monde rural ( dossier de Profession Education n°160, octobre 2006) | |||||
Malgré ses cent cinquante ans d’existence, l’Enseignement agricole public français reste relativement méconnu du grand public. Même les centres d’information et d’orientation et les structures de l’Éducation nationale semblent souvent avoir, au mieux, une vague idée de ses contenus de formations. L’Enseignement agricole public souffre trop souvent de l’image vieillotte et erronée d’écoles pour agriculteurs alors que son système de formation a beaucoup évolué. Aujourd’hui, moins de 20 % d’apprenants sont issus du milieu agricole et seulement 20 % des formés sont de futurs agriculteurs. Son ministère de tutelle depuis 1969, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche ne communique pas en direction des personnels de l’Éducation nationale et du grand public, ce qui pèse sur le recrutement en ces temps de baisse démographique. Pourtant, comme le soulignent de récents rapports* commandés par l’Administration, cet enseignement est efficace avec des taux de réussite aux examens équivalents ou supérieurs à ceux de l’Éducation nationale (plus de 80 % en Bac Pro et au Bac Scientifique), sachant qu’au bac S une plus grande proportion d’élèves est issue de catégories socio-professionnelles moins favorisées. De bons résultats que peuvent expliquer les rénovations pédagogiques entreprises depuis les années 80 parmi lesquelles une organisation modulaire et pluridisciplinaire de la formation, une diversification des parcours professionnels de l’élève, la prise en compte du contrôle continu en cours de formation et une diversification des méthodes pédagogiques (pédagogie de projets notamment). Autre succès notable de l’Enseignement agricole public, son fort taux de poursuite d’études (de 70 % et 95 % pour les diplômés de Capa, Bepa et Bac Techno) qui montre que l’Enseignement agricole public joue pleinement son rôle de remédiation à l’égard d’élèves en difficultés. Enfin, ses taux d’insertion professionnelle sont très satisfaisants avec plus de 80 % pour les Capa, Bac Pro, BTSA grâce à un fort ancrage dans le milieu professionnel, technologique et territorial. Ces bons résultats ne doivent pas masquer un certain nombre de craintes et de questions pour l’avenir. Les baisses de budget qui touchent l’Enseignement agricole public depuis quatre ans remettent en cause la qualité des formations dispensées au moment même où les défis à relever se multiplient. Comment répondre aux nouveaux besoins de formation des territoires ruraux ? Comment attirer de nouveaux publics dans l’Enseignement agricole ? C’est pour y réfléchir que le Sgen-CFDT organise le 24 octobre 2006 une journée de réflexion sur le thème suivant : « Territoires ruraux et enseignement agricole : des évolutions nécessaires ! » * Les deux rapports publiés en juin dernier vont dans le même sens, qu’il s’agisse du rapport Copé sur l’enseignement agricole public ou du rapport Grosrichard « L’enseignement agricole au cœur de la modernité », commandé par le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Dominique Busserau.
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