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Accueil >>Métiers >>École et monde rural ( dossier de Profession Education n°160, octobre 2006)

6 novembre 2006

Les regroupements entre écoles rurales peuvent prendre plusieurs formes. Ils répondent à la nécessité de s’adapter aux variations d’efectifs, même s’ils peuvent soulever des conflits entre différents intérêts.

Le regroupement de structures scolaires est une hypothèse permanente en milieu rural. Cette possibilité est évoquée dès que les populations scolaires fléchissent et se stabilisent à un niveau nettement inférieur aux moyennes nationales. Plusieurs raisons sont avancées par les divers protagonistes. Tantôt d’ordre pédagogique avec la nécessité d’un nombre suffisant pour permettre les apprentissages entre pairs. Tantôt d’ordre administratif pour optimiser les gestions et prévoir les investissements.

Mutualisations

Les écoles primaires, premières mailles du réseau scolaire, ont depuis longtemps exploré de multiples facettes de la mise en relation. Les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) peuvent prendre deux formes. Ils sont dits « concentrés » si plusieurs communes envoient leurs élèves dans un même lieu, créant pour cela un transport en rayons. L’autre forme de RPI est appelée « dispersée » parce que subsistent plusieurs écoles, assez souvent une par cycle.

Pour les partenaires, les objectifs ne sont pas identiques même s’ils ne s’opposent pas forcément. Les enseignants voient dans les RPI des possibilités de mutualisation et l’organisation de groupes d’âge homogènes assez étoffés.

Les mairies y voient un moindre mal que la disparition pure et simple de « leur école » et des possibilités de gestion anticipée avec l’atténuation des variations d’effectifs. En sus de tout cela, l’inspecteur d’académie songe à la possibilité d’une économie de poste au profit d’une zone au besoin plus criant.

Ces formes de regroupement sont institutionnalisés et leur nombre au niveau national est en légère croissance surtout au profit des RPI concentrés.
Les « réseaux d’écoles » sont bien moins stables. Ils ont souvent été suscités par des affinités entre enseignants autour d’un projet ambitieux ; parfois confortés, au moins pour un temps, par l’attribution d’un coordonnateur ; puis condamnés par la dispersion des initiateurs, les exigences de la carte scolaire, ou la dilution du projet.

Proximité et mise en commun

Toutes ces mises en relation soulèvent des conflits récurrents entre avantage de mise en commun et perte de proximité, entre attachement à une identité communale parfois estompée et émergence encore fragile d’une collectivité plus vaste. `
La situation est plus simple et moins évolutive pour les collèges ruraux. Il existe bien quelques mises en commun de services administratifs, parfois d’internats, qui n’entraînent qu’une implication faible des partenaires. La carte des langues pourrait être l’occasion d’échanges plus nourris, mais sa mise en place reste timide.

Bassins de formation

Les établissements agricoles publics par contre donnent du contenu à la notion de bassin avec l’établissement de la carte des formations, l’implantation des options et le débat sur la spécificité des établissements.
Raisonner en termes de bassin de formation permettrait de dépasser les principales contradictions et d’améliorer l’offre scolaire. La dispersion des effectifs des zones rurales est un aiguillon important. Les réussites pourraient alors stimuler des territoires urbains moins immédiatement concernés mais qui gagneraient eux aussi à développer des relations permanentes.



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