logo retour accueil

Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


|

Accueil >>Métiers >>École et monde rural ( dossier de Profession Education n°160, octobre 2006)

6 novembre 2006

Les évolutions démographiques de certains territoires peuvent remettre en question le maintien d’écoles ou de collèges, malgré leur importance dans la vie locale.

Peut-on fermer des écoles ou des collèges ruraux sans commettre un « crime contre l’aménagement du territoire » ? Cette problématique se rencontre avant tout dans le rural isolé et non dans le rural péri-urbain, où l’accroissement démographique lié au phénomène de rurbanisation a permis le développement des écoles ou des établissements du second degré, voire l’ouverture de nouvelles structures. Dans les espaces fragilisés par la disparition des hommes et des activités, la fermeture de l’école ou du collège local est facilement perçue comme le coup de poignard dans le dos signant l’échec définitif de tous les efforts pour faire survivre le bourg. Tant il est vrai que bien souvent l’École reste le dernier service à fonctionner, quand tous les autres - publics ou marchands - ont déjà déserté.

Éviter les décisions autoritaires

Mais l’expérience du moratoire sur la fermeture des écoles rurales, observé entre 1995 et 1999, a montré que maintenir « artificiellement » en vie des structures à bout de souffle revenait à reculer pour mieux sauter, tout en générant des coûts matériels et humains importants.
La solution de fermeture a, elle aussi, des coûts. Elle allonge, par exemple, les parcours du ramassage scolaire, au détriment des enfants comme des finances publiques ou familiales, et peut même imposer le passage à l’internat lorsque l’établissement devient trop éloigné de la maison.
En tout état de cause il faut éviter à tout prix les décisions autoritaires basées sur des arguments purement gestionnaires. La nécessité s’impose d’un débat public permettant de confronter les points de vue de tous les acteurs concernés. L’Éducation nationale, par la voie de l’Inspection académique, ne peut renoncer à faire valoir les surcoûts, parfois très importants, générés par le maintien de structures peu remplies, au détriment, en ces temps d’enveloppes globales, des établissements urbains. Mais elle doit s’assurer avant tout que les solutions retenues auront pour effet une meilleure qualité de l’offre pédagogique, dans l’intérêt des élèves.

Démocratie participative

Les représentants des personnels doivent s’assurer que les choix envisagés n’aggraveront pas les conditions d’exercice de leurs mandants. Les parents d’élèves, intéressés au premier chef, comme bien sûr les élus locaux apporteront au débat la voix de la « société civile ».
Sans vouloir à tout prix atteindre un consensus parfois introuvable, la confrontation des arguments des uns et des autres devra permettre de faire vivre un tant soit peu cette démocratie participative si souvent prônée, y compris en proposant des solutions alternatives.
Le département des Ardennes vient de débattre pendant huit mois d’une refonte radicale du réseau des collèges, à partir d’un projet prévoyant la suppression de dix-sept, puis dix collège ruraux, jugés trop petits et situés dans des zones de décrue démographique prononcée, pour finalement aboutir à une unique fermeture, décidée par le conseil général. Le risque semble donc réel que la défense étroite des intérêts de clocher finisse par l’emporter sur toute autre considération, qu’elle soit pédagogique ou économique.
En dernier recours il est pourtant logique que la décision reste au pouvoir politique. Mais à condition, lorsqu’il choisit de maintenir les structures, que d’une façon ou d’une autre il assure la compensation des surcoûts financiers et humains et que ceux-ci soient clairement pris en charge, y compris par la collectivité nationale, au nom de l’aménagement du territoire.



Imprimer

thèmes abordés


Dans la même rubrique

[ Les autres ]