|
20 novembre 2006
Quand le ministre poursuit sa triste et destructive politique (Editorial PE n°161)
|
Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous entrons - nous y sommes même déjà - dans une période de toutes les incertitudes.
Les candidats désignés ou les candidats à la candidature à l’élection présidentielle s’expriment bien à tout va, mais la polémique l’emporte trop souvent sur le débat de fond. La démocratie et le théâtre ont certes pris naissance en même temps mais tout de même...
Jusqu’à ce jour on n’entend pas, par exemple, un vrai projet sur le système éducatif. Tous s’accordent à dire que l’École est bel et bien la priorité de la nation, mais cette École, du moins encore une fois jusqu’à ce jour, sert davantage d’enjeu à des polémiques bien stériles. Violence, carte ou pas carte scolaire, travail des enseignants... tous ces thèmes méritent d’être débattus non pas par le petit bout de la lorgnette, mais dans le cadre d’un projet global.
Souhaitons que dans les prochaines semaines le débat politique s’élève enfin ; souhaitons, en particulier, que l’École ait le débat qu’elle mérite, qu’elle nécessite. Le spectre de 2002 avec le candidat du Front national au second tour est encore trop présent.
Et, pendant ce temps, Gilles de Robien poursuit sa triste et destructive aventure à l’Éducation nationale. Dans le précédent éditorial et dans une tribune publiée dans Libération, je me suis longuement exprimé sur la politique de la mise au pas, de sanctions ou d’ordre moral rampant.
Certes, le ministre est quelque peu revenu en arrière, avec force zigzags, sur la liberté pédagogique des enseignants du premier degré en ce qui concerne l’apprentissage de la lecture mais rien, pour autant, n’a fondamentalement changé. À présent les menaces de sanctions visent nos collègues, toujours du premier degré, qui participent au blocage administratif afin d’exiger de véritables négociations sur le fonctionnement et la direction des écoles. Une fois de plus la méthode répressive devient une réponse.
Le Sgen-CFDT a dit d’une manière très ferme au ministre qu’il refuserait de discuter sur le fonctionnement des écoles tant que les menaces n’auront pas été levées. Ce jour même, le ministre maintenant ses menaces, le Sgen-CFDT a refusé de participer à la première réunion sur le sujet.
Par ailleurs, Gilles de Robien fait preuve de boulimie, de frénésie... De nombreux dossiers, et non des moindres, devraient se concrétiser d’ici la fin de l’année civile : fonctionnement des IUFM, fonctionnement de l’université, de l’orientation, missions des personnels de direction, etc. Excusez du peu. Bien entendu, la concertation - mais peut-on utiliser ce vocable - se fait également au pas de charge. Le « Canada dry » du dialogue social fonctionne parfaitement.
Mais, une nouvelle fois, le Sgen-CFDT n’entend pas baisser les bras.
Nous poursuivons notre offensive auprès des groupes parlementaires pour faire modifier un budget 2007 si catastrophique pour l’emploi ; nous demandons le retrait du décret concernant les « décharges statutaires » de nos collègues du second degré où, là encore, nous refusons la politique du petit bout de la lorgnette dont la seule visée est d’ordre budgétaire ; nous agissons tout autant au ministère de l’Agriculture pour manifester notre inquiétude quant à l’avenir de l’enseignement agricole public... et la liste pourrait se poursuivre.
Une chose est sûre, notre organisation, pour peser, a besoin de vous tous, a besoin de se renforcer et là vous avez toutes et tous un rôle à jouer en convainquant vos collègues de travail de nous rejoindre. Notre type de syndicalisme, notre projet de transformation du système éducatif et social sont décidément indispensables.
Le 16 novembre 2006
Jean-Luc Villeneuve
|
|
thèmes abordés
Dans la même rubrique
[ Les autres ]
|