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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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6 décembre 2006

Jean-Marie Schléret est président de l’Observatoire de la sécurité et du Comité consultatif des personnes handicapées. Les questions de sécurité et d’accessibilité des écoles et établissements scolaires sont au coeur de son action.

L’Observatoire de la sécurité a été créé en 1995, quelles sont ses missions ? Quel bilan tirez-vous après dix ans d’activité ?

L’Observatoire est chargé de suivre toutes les questions touchant à la sécurité des personnes, des bâtiments et des équipements : solidité des bâtiments et risque incendie, étude et prévention des accidents, équipements technologiques et scientifiques, risques majeurs. Les dix années d’activité ont certainement contribué à une meilleure prise de conscience des questions de sécurité au moyen de tout un travail d’information et de formation.
Nos propositions ont conduit à des avancées réglementaires dans les domaines de la sécurité contre l’incendie (rédaction des procès verbaux de visite, circulaires sur les missions des gestionnaires des établissements scolaires et la sécurité des élèves dans le premier degré). La sécurité dans des ateliers a fait l’objet de textes répondant à nos préconisations (équipements des ateliers, prévention des risques électriques, formation des enseignants et réalisation d’outils pédagogiques). D’autres ministères tels que Jeunesse et sports ont également travaillé à la publication de décrets et de lois où des propositions de l’Observatoire apparaissent (cages de buts, conventions d’utilisation des équipements sportifs...).

Quels sont les principaux problèmes de sécurité que l’on rencontre dans les établissements scolaires ?

Les engagements financiers conséquents des collectivités ont permis de reconstruire ou réhabiliter la grande majorité des établissements à structure métallique des années 70, de renforcer la sécurité incendie de la totalité d’entre eux. Nous nous apprêtons à effectuer un état complet de la situation dans un prochain rapport. L’Observatoire attire l’attention sur la nécessité de consacrer des moyens financiers suffisants à la maintenance préventive. Il faut également poursuivre les efforts pour que les exercices obligatoires d’évacuation incendie soient intégrés à la démarche pédagogique des établissements.

La prévention des risques est un enjeu crucial pour toute la communauté éducative. Quelles sont vos préconisations pour aider les personnels, en particulier les chefs d’établissement ?

Depuis les tempêtes de 1999 et le drame de Toulouse, une sensibilisation aux risques majeurs a été engagée en lien avec le ministère de l’Environnement. Nous voulons renforcer la sensibilisation et la préparation des établissements pour faire face à des situations de crise liées à des catastrophes naturelles, technologiques ou comportementales. Il est indispensable que l’École connaisse mieux les dangers potentiels et puisse s’y préparer. C’est tout le programme des plans particuliers de mise en sûreté, lancés depuis 2002. Ils sont destinés à aider les chefs d’établissement à faire face avec la communauté scolaire, à une situation de crise. Ils doivent être prolongés par des exercices d’entraînement appropriés. Quel que soit le degré de préparation à faire face à des risques particuliers, subsistera l’éventualité de devoir gérer l’imprévu ou l’imprévisible. À cela aussi l’action pédagogique doit préparer en prenant soin d’assurer les réflexes de base.

L’une des nouveautés de la loi de février 2005 est l’obligation d’inscrire les enfants handicapés à l’école de leur quartier. Qu’en pensez-vous ?

Il s’agit là d’une avancée essentielle qui est à la base de notre pacte républicain. Elle demande des moyens adaptés en personnels, une collaboration étroite avec le secteur médico-social et un effort très conséquent des collectivités pour rendre accessibles les bâtiments. Or une première approche donne à peine un petit tiers des écoles, collèges ou lycées en mesure d’assurer un accès matériel des élèves présentant un handicap. Il nous reste huit années pour généraliser cette accessibilité à tous les types de handicaps.

La question qui risque de se poser avec plus d’acuité est celle des conditions de sécurité associées à l’accessibilité. Pensez-vous que les personnels sont bien préparés à faire face à la lourde tâche qui leur incombe ?

Ils devront disposer d’informations claires sur tout ce qui touche aux équipements de sécurité, aux possibilités et aux contraintes des bâtiments. Une vision du cadre bâti, axée sur le confort d’usage, devrait renforcer l’idée qu’une mise en accessibilité bien conçue améliore la sécurité de tous. L’Observatoire qui se préoccupe tout particulièrement de cette question vient de faire parvenir à l’ensemble des collèges et lycées un guide de réflexion sur l’évacuation et la mise en sécurité des élèves handicapés, notamment en cas d’incendie.

Propos recueillis par Gilbert Heitz



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