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Fédération
des syndicats généraux de l'Éducation nationale
Construisons l'École de tous
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En complément de la déclaration commune, nous souhaitons évoquer deux éléments qui semblent donner de la cohérence à l’action du ministère : la question du maintien de l’ordre et la remise en cause de la loi d’orientation. Nous savons les problèmes d’incivilités et de violences qui existent dans les établissements. Mais nous savons aussi qu’il est illusoire de prétendre les résoudre par les centres fermés et le délit d’outrage à enseignant. Et ce ne sont pas les suppressions de postes de MI-SE qui sont susceptibles de " ramener la paix " dans les établissements selon la phraséologie estivale. Nous serons donc dans l’action le 24. La violence verbale ou physique traduit toujours un échec et si punir est parfois nécessaire, ce n’est jamais suffisant. Trop de jeunes et de familles se sentent exclus de la réussite scolaire et partant, de la réussite tout court. La question que nous pose ces comportements est fondamentalement celle de la démocratisation de l’Ecole. Comment faire en sorte que chaque jeune ressente que l’Ecole est là pour l’aider ? Comment mener chaque jeune à une qualification et à une insertion sociale satisfaisante. ? L’actuelle loi d’orientation a le mérite de s’inscrire dans cette perspective. Elle n’est pas parfaite et il n’est pas inutile, douze ans après, d’en faire un premier bilan. Ce qui nous inquiète, ce n ?est pas qu ?on évalue ce qui a été fait ou reste à faire, c ?est qu ?on change radicalement de cap. De ce point de vue, ce n ?est pas le contrat jeunes qui pourra nous rassurer puisqu ?à travers ce dispositif, le gouvernement se résigne à ce que des jeunes de seize ans quittent le système éducatif sans aucune qualification. Il ne faut pas inverser l’ordre de causalité. Ce n’est pas parce que l’école peut être le théâtre de violences et de comportements déviants qu’elle ne parvient pas à transmettre les savoirs comme on le souhaiterait. C’est plutôt parce qu’elle ne parvient pas encore à s’adresser à tous les jeunes, et notamment à ceux qui sont le plus en difficulté, avec toute la pertinence nécessaire qu’elle est condamnée à subir les conséquences de leur souffrance, voire de leur désespoir. Délaisser l’élève au profit du programme serait un contresens historique. Il faut transmettre les savoirs mais à tous, pas seulement à une élite sociale. Et pour cela, pour réussir la démocratisation, il faut transformer l’Ecole pour permettre aux jeunes de mieux s’y impliquer, d’y trouver plus de sens. Monsieur le Ministre de l ?Education Nationale a annoncé un débat au Parlement. Ce n’est pas suffisant. Les questions qui nous sont posée rendent nécessaire un grand débat national sur les missions que la nation assigne à son Ecole. Ce grand débat n’aura d’authenticité et d’efficacité que s’il associe également tous les acteurs, les jeunes, les familles, les professionnels, les associations. Nous attendons du ministre qu’il impulse ce débat et pour commencer, dans l’immédiat, qu’il précise sa politique éducative
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