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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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20 avril 2007

Les élections professionnelles permettent de mesurer l’audience d’un syndicat parmi les personnels. Elles déterminent aussi les moyens dont il dispose en décharges de service. Enfin elles conditionnent sa présence et sa capacité d’intervention dans les instances et d’une manière générale la crédibilité de son expression. Pour toutes ces raisons, elles sont toujours une échéance essentielle de la vie syndicale. Dans la durée du mandat, des scrutins ont eu lieu dans la quasi-totalité des catégories. Cela permet de tirer quelques enseignements, d’autant que le contexte n’était pas banal.
Ces élections ont en effet souvent été les premières après le traumatisme subi par le Sgen-CFDT en 2003. Des adhérents, des militants sont partis (autour de 20 %), cela ne pouvait pas être sans conséquence sur les résultats. De plus, un fort renouvellement générationnel est en cours qui, lui aussi, est susceptible de modifier l’influence relative de chacun. Enfin, la politique menée par le gouvernement durant ces années a généré un besoin et un réflexe d’unité qui a sans doute rendu moins clairement perceptibles les différences entre organisations syndicales.
D’une manière générale, la première difficulté rencontrée a été de constituer les listes, surtout dans les années qui ont suivi 2003. Nous avons alors connu une vraie réticence à s’afficher Sgen-CFDT même chez des adhérents qui n’avaient pas remis en cause leur adhésion mais ne souhaitaient pas s’exposer à une hostilité ambiante pour le moins détestable. Plus encourageant, on a pu constater que ce sont parfois des sympathisants, plus en position de prendre de la distance avec les polémiques, qui ont apporté un soutien et permis de boucler telle ou telle liste. L’engagement et la persévérance des militants nous ont permis d’être présents dans une très large majorité de catégories professionnelles et de territoires, même s’il faut noter que pour le 1er degré l’absence de listes Sgen-CFDT dans certains départements a été l’une des principales causes du recul de notre résultat national. Plus grave, dans quelques départements, la volonté coûte que coûte d’établir des listes départementales n’a pas toujours été présente.
Dans les campagnes menées, la fédération a fait un important effort de production, sur le plan de l’écriture mais aussi sur le plan financier pour diffuser le plus systématiquement possible auprès des électeurs des documents argumentaires en complément des professions de foi.
Dans le cas des élections enseignantes de 2005, particulier mais central pour des raisons de nombre d’électeurs concernés et de symbolique, la fédération est allée au-delà de ces publications. Sachant que les élections seraient particulièrement délicates dans le 1er degré, et dans la foulée du dispositif Rebondir qui avait permis nombre de déplacements et réunions pour aider les équipes locales à relancer leur activité, ce sont six numéros supplémentaires thématiques de Profession Éducation qui ont été diffusés (quatre dans toutes les écoles et deux dans celles de départements ciblés). Pour cela, nous avons reçu une aide significative de la confédération, de même il est à noter que dans l’ensemble le soutien financier des Uri CFDT s’est fait plus présent que par le passé. L’effort fédéral a également porté sur une campagne d’affiches et sur des déplacements en région pour des réunions ou colloques. Dans la continuité des précédentes élections, la thématique générale retenue consistait à faire le lien entre les enjeux de réussite des jeunes, donc de transformation de l’école et la question des conditions de travail des personnels.
Un scrutin détonne suffisamment pour mériter une analyse particulière : les élections des personnels Tos des régions à l’automne 2006. Ces élections ont été un vrai succès, même si une comparaison avec des scrutins antérieurs est difficile tant le cadre diffère. Deux éléments peuvent néanmoins être avancés pour expliquer ces bons résultats : d’une part, la CFDT était la seule organisation à refuser les cadres spécifiques d’emploi et ceci très clairement dans l’intérêt des personnels ; d’autre part notre caractère confédéré nous (Sgen et Interco) a donné la capacité d’assumer pleinement le changement de cadre.
Pour l’ensemble des autres scrutins, s’il serait abusif d’écrire que tous les résultats électoraux du mandat relèvent de la même analyse, des éléments généraux peuvent être relevés. Il faut tout d’abord se pencher sur la participation. Il ne s’agit pas de sacrifier à une figure de style sempiternelle mais bien de noter un mouvement général de baisse de la participation. Cette participation reste bien supérieure dans notre champ à ce qu’elle est souvent ailleurs, mais le nombre de scrutins qui font l’objet d’un deuxième tour faute de quorum au premier tour augmente constamment. Et la menace commence à se préciser dans des corps qui semblaient à l’abri. C’est par exemple la première fois que l’on voit l’administration s’inquiéter et se mobiliser fortement pour écarter ce risque dans le 1er degré. Autre constat, l’émiettement syndical est bien installé, voire se développe. Il semble évident que le brouillage qu’il génère n’est pas sans conséquences sur la participation.
Pour le Sgen-CFDT, les résultats ne sont pas bons. Il faut différencier résultats en voix et résultats en sièges. Les résultats en voix ont parfois été en hausse, bien plus nombreux en stabilité et le plus souvent en baisse. Mais ces pertes n’ont pas entraîné une perte équivalente en sièges. Nous avons perdu trop de sièges mais nous restons présents dans la quasi totalité des commissions paritaires enseignantes nationales et dans beaucoup de celles où nous siégions localement.
Les principales inquiétudes concernent le premier degré et les LP. La faiblesse de nos résultats porte atteinte à notre crédibilité dans ces catégories et sans redressement rapide, c’est à terme notre présence elle-même qui est en cause. Les pertes en voix se sont aussi traduites par des pertes de sièges dans les instances où la présence des syndicats est assurée par désignation sur la base des résultats globalisés (CTP locaux, CSE). C’est à ce niveau que les listes non déposées nous coûtent très cher. Les pertes en voix se sont également traduites par la perte de 35 décharges de service qui pèse lourdement sur nos capacités militantes.
Lors de la consultation générale dans l’enseignement agricole public, le Sgen-CFDT a là aussi subi une baisse en pourcentage.
Enfin les baisses de suffrages Sgen-CFDT suivent assez fidèlement les baisses du nombre d’adhérents. Cela n’est pas surprenant mais il existe un lien assez direct dans un lieu ou une catégorie donnés entre le niveau de l’adhésion, l’influence exercée et donc les suffrages recueillis. Le lien entre adhésion et électeurs donne à lui seul une explication claire de nos difficultés récentes qui sont à l’évidence le contrecoup du traumatisme de 2003. Mais il indique aussi l’enjeu qui est devant nous. À une cause conjoncturelle de perte d’adhérents succède la cause structurelle de notre pyramide des âges et du renouvellement générationnel en cours. Pour retrouver le chemin des succès électoraux, il faudra savoir lier plusieurs éléments : des axes revendicatifs adaptés au vécu et aux aspirations des personnels, notre image « pédago » en popularisant notre projet de transformation, un message lisible dans l’émiettement actuel, un effort continu pour développer l’adhésion afin que l’image positive se traduise en influence réelle. Le long débat de l’AG des syndicats en mai 2006 est allé fortement dans ce sens.



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