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Fédération
des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Nul ne peut contester au Président de la république le droit d’apprécier , comme beaucoup, la lettre de Guy Môquet et d’avoir fait le choix de la faire lire le jour de son entrée en fonction.
Ce qui pose problème, ce n’est pas le contenu de la lettre (témoignage bouleversant), mais bien l’articulation entre usage politique, devoir de mémoire et “crédibilité” pédagogique. Le devoir de mémoire indispensable mérite mieux qu’une approche strictement compassionnelle de l’histoire tragique de la seconde guerre mondiale. La tentation d’utiliser l’Histoire à des fins de cohésion sociale ou de revanche politique est récurrente : déjà en 2005 les députés avaient cédé à la tentation de légiférer sur l’histoire à propos des “bienfaits” de la colonisation. Le débat avait été vif, et avait nécessité une intervention du chef de l’Etat de l’époque.
Tout comme Nicolas Sarkozy n’a pas à décider ce qui doit être enseigné à l’Ecole, le Sgen-CFDT n’est pas fondé à donner des consignes impératives sur ce sujet qui relève de la confiance accordée aux enseignants. Il revient aux équipes éducatives d’assumer des choix si possible collectifs et de revendiquer l’autonomie pédagogique pour décider d’appliquer la stratégie qu’elles souhaitent mettre en oeuvre (contextualisation, recueil des réactions brutes , analyse de la situation de communication entre le président de la république et les lycéens, refus de lire la lettre en expliquant la démarche , refus de toute cérémonie commémorative, etc.) ou toute autre initiative des équipes éducatives locales. Le Sgen-CFDT appelle le ministère, le gouvernement comme le Président de la République à prendre la mesure des effets pervers que peut générer ce type d’injonction pour les personnels et les jeunes en formation. Référence : note de service 2007-138 du 2/8/2007
Paris, le 12 octobre 2007.
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