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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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13 décembre 2007

Les organisations (FCPE, Ligue de l’Enseignement, UNL, UNEF, Sgen-CFDT, Fep-CFDT, CFDT, Unsa-Education, Se-Unsa, SIEN, AI, SNPDEN, FSU, SNES, SNUipp, SNUEP, SNEP, SNESUP, SGPN-Cgt, CGT), membres du Conseil Supérieur de l’Éducation, dénoncent l’absence totale de consultation du CSE sur l’ensemble des réformes annoncées publiquement par le ministre de l’Éducation Nationale.

Elles exigent que le CSE soit le lieu d’un véritable dialogue avec l’ensemble des partenaires et qu’il puisse jouer tout son rôle de réflexion, de discussions, et de propositions avant tout engagement de réforme sur l’avenir du système éducatif. Constatant l’absence de réponse à cette demande, elles ont décidé de quitter la séance du CSE du 13 décembre 2007.

Paris, le 13 décembre 2007


Cette déclaration fait suite à la réponse de l’administration aux déclarations des organisations qui toutes pointaient les difficultés du dialogue social dans l’Éducation nationale. Vous trouverez ci-dessous l’intervention du Sgen-CFDT.

Nous interviendrons sur le dialogue social et nous commencerons par deux citations :

« Le rythme des conférences de presse définit le calendrier selon des préoccupations plus politiques que fonctionnelles ou pédagogiques. » « Le temps de l’action opiniâtre doit maintenant remplacer celui de la com’. » Ces citations sont de Monsieur Darcos avant qu’il ne devienne Ministre de l’Education Nationale, nous les reprenons à notre compte car elles traduisent parfaitement les inquiétudes actuelles du Sgen-CFDT. Il nous faut bien constater que depuis le mois de mai dernier si on nous a un peu moins joué le coup du mépris, les personnels ont quand même dû subir un flot ininterrompu d’annonces médiatiques, de mesures et de décisions prises sans concertation.

C’est tout d’abord pour cette rentrée 2007, la mise en oeuvre de l’assouplissement, prélude à la suppression totale en 3 ans de la carte scolaire. Le premier bilan du ministère démontre que l’objectif fixé de mixité sociale n’est pas atteint. Nous dirions même que, malgré les critères limitatifs énoncés par le ministre, la situation s’est dégradée pour certains collèges de périphérie au bénéfice d’ établissements de centre ville.
Le ministère le reconnaît lui-même puisqu’il envisage déjà un « traitement spécifique » pour les établissements qui perdent beaucoup d’élèves. A quoi sert-il de jouer les pompiers pyromanes ? L’annonce de la fin du collège unique n’ a été qu’une provocation inutile. Pour ce qui concerne l ’enseignement professionnel et la création du Bac pro en 3 ans, la méthode est inversée comme sur de nombreux dossiers : on décide d’abord , on discute ensuite. La suppression du Samedi matin en est un autre bon exemple : la brutalité de l’annonce a été mal ressentie. Pourtant les discussions qui se sont engagées par la suite sont intéressantes. Il eût mieux valu commencer par là.

Nous ne nions pas la volonté affichée de dialogue même si celui-ci est contraint par les 11200 suppressions de postes prévues au budget 2008. Toutefois, il y a pour nous erreur dans la méthode : la concertation, la négociation doivent précéder la prise de décision.

Le scandale du report des mesures de carte scolaire après les élections municipales illustre parfaitement la primauté « des préoccupations plus politiques que fonctionnelles ou pédagogiques ». Le ministre de l’Education Nationale devrait parfois se relire. La promesse du service minimum dans l’Education répond aux mêmes finalités électoralistes. Elle procède encore de la démarche : on décide avant, on discute après.

Quand aux propositions sur l’évaluation des enseignants que chacun a pu aussi découvrir dans la presse, elles sont pour le moins prématurées. En effet, la commission Pochard n’ayant pas terminé ses consultations, les négociations avec le ministère n’étant prévues qu’au printemps, il est plus que surprenant que l’évaluation qui constitue tout un pan du métier et qui peut déterminer l’évolution du système éducatif fasse déjà l’objet de déclaration. Il en est de même pour l’autonomie de l’établissement que Monsieur Darcos confond avec l’autonomie du chef d’établissement. Restera-t-il encore quelque chose à négocier après les annonces aux médias ?

Il y a là encore un problème de méthode : le dialogue social doit être mené à terme avant toute décision sauf à le discréditer.

Le Sgen-CFDT attend que la vaste entreprise de consultations sur le métier enseignant débouche sur des résultats concrets à la fois par une redéfinition du métier, une revalorisation morale et matérielle de la condition enseignante ainsi que par une transformation du système éducatif pour la réussite de tous les jeunes.

Mais les désaccords répétés sur la démarche pourraient finir par lasser et faire douter de la réelle volonté d’aboutir dans le respect des personnels et des partenaires sociaux.

Nous avons fait le choix du dialogue social dans les nombreux chantiers ouverts mais nous n’aimerions pas avoir prochainement à conclure sur cette autre phrase empruntée à notre ministre : « Il n’est pas légitime d’en référer constamment à de pseudo consultations dont les résultats connus à l’avance, visent essentiellement à imposer des conceptions idéologiques sans rapport avec la réalité de terrain. » Les personnels attendent légitimement du dialogue engagé une nouvelle reconnaissance et une plus grande confiance. Il revient au gouvernement de les leur accorder par des mesures lisibles.



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