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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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15 janvier 2008

Il fallait s’y attendre, l’accumulation des annonces médiatiques de la part du gouvernement et du président de la République finit par semer le trouble et l’inquiétude. Il est question de travailler plus pour gagner plus, et pour cela de multiplier les heures supplémentaires, comment alors prendre en compte l’alourdissement des tâches que nos métiers ont connu ces dernières années ? Il est question de financer ces heures supplémentaires par le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite durant les quatre années qui viennent, comment alors sortir d’une vision purement comptable du service public ?

Les annonces sur le « pécule », notez bien le terme qui masque à peine le mépris, sur les nouveaux contrats de grè à grè, sur une nouvelle manière d’aborder les discussions salariales pour aboutir au renforcement de la prise en compte du mérite individuel, dessinent une Fonction publique profondément renouvelée dans son organisation et dans ses fondements. Certes des évolutions sont nécessaires, mais peut-être pas dans le sens souhaité par le gouvernement sans compter qu’actuellement, on ne sait pas où sont les lieux de discussions, ni qui négocie quoi. Les quatre conférences sur la Fonction publique qui se sont ouvertes durant le mois d’octobre (missions du service public, pouvoir d’achat, dialogue social, déroulement de carrière) pourraient être cet espace, mais leurs organisations précipitées et le flou sur le processus de décision nous permettent d’en douter.

Dans le même ordre d’idée, l’accumulation des chantiers ouverts, souvent à la suite de déclarations intempestives dans les médias, posent un vrai problème de coordination entre tous ces chantiers, un problème d’ordre de passage, et une impression tenace d’une volonté de mise en scène de décisions déjà prises ailleurs. En effet, quelles cohérences entre les projets sur la maternelle, l’école primaire, le collège, le lycée, le métier enseignant, l’organisation des services de Jeunesse et Sports, les multiples chantiers lancés par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la remise en cause de l’Enseignement agricole public ? A priori aucune, sauf que toutes ces discussions peuvent s’inscrire dans le processus en cours de la Révision générale des politiques publiques. Cette RGPP est actuellement le fruit du travail en circuit fermé entre hauts fonctionnaires et décideurs politiques des ministères concernés... et du ministère du Budget, le tout piloté par l’Élysée directement.

Au départ, c’est un processus engagé pour aboutir à une modernisation de l’État ; aujourd’hui, c’est l’outil privilégié du gouvernement pour tenter de tenir ses engagements de rigueur budgétaire ! Nous n’avons aucune difficulté à dire que nous sommes partisans d’un service public plus performant, mais sur nos valeurs et nous voulons que la transformation soit construite avec les personnels et vise aussi une amélioration des conditions de travail. Surtout, cette recherche d’une véritable efficacité au service des missions du service public ne dispense pas le gouvernement de mener une politique ambitieuse pour nos secteurs d’activité après tout porteurs d’avenir. Ce que vient contredire le projet de budget 2008, examiné en ce moment par le Parlement.

Le constat est clair, les nuages s’amoncellent, et les personnels sont décidés à donner un coup d’arrêt aux dérives constatées. Accentuons l’action des 17 organisations qui ont lancé un appel au président de la République que vous pouvez signer en ligne sur notre site et la mobilisation que nous avons initiée avec toute la CFDT lors de la semaine du 8 au 12 octobre, et que nous allons poursuivre dans le cadre de l’intersyndicale Fonction publique vers la mi-novembre : nous pouvons changer le climat et être à nouveau offensif.

Thierry Cadart le 10 octobre 2007

PS : Pour éviter que le climat ne devienne franchement pourri, je vous engage vivement à signer la pétition « touche pas à mon ADN » sur le site http://www.touchepasamonadn.com pour vous opposer au recours indigne aux tests ADN pour contrôler l’immigration familiale.



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