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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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15 janvier 2008

Dans une période où les annonces, les mesures, les actions s’accumulent ou se percutent, le Sgen-CFDT a une stratégie et il s’y tient. Cette stratégie consiste à mettre en avant la nécessité d’un véritable dialogue social, même si le contexte budgétaire que nous dénonçons par ailleurs durcit considérablement les conditions dans lesquelles ces transformations peuvent se produire.
Autant le dire sans détour, nous ne sommes pas sûrs que nos interlocuteurs partagent notre volonté de dialogue, nous ne sommes pas sûrs non plus que le gouvernement partage notre ambition pour le service public...
Mais nous sommes persuadés que la meilleure façon d’imposer ce dialogue et de défendre le service public c’est de faire la preuve que les organisations syndicales et les personnels ne se contentent pas d’un rôle protestataire et politicien, et qu’ils sont prêts à s’investir pour un service public plus efficace, avec des relations sociales dignes de ce nom.
Et cette stratégie de dialogue et de proposition ne nous empêche pas d’être revendicatif quand il le faut !

Cette stratégie, nous avons pu la mettre en œuvre cet été à propos de la réforme des universités  : nous avons négocié jusqu’au bout pour améliorer le contenu de la loi et obtenu des corrections non négligeables du projet initial. Nous ne réclamons pas aujourd’hui l’abrogation de la loi et le retour à une situation initiale qui ne nous satisfait pas. Mais si la situation dans les universités est aujourd’hui tendue, c’est le fait d’une part de minorités agissantes, dont nous condamnons sans réserve les pratiques anti-démocratiques, mais aussi d’une grande insatisfaction devant la lenteur de la réalisation des engagements gouvernementaux, en matière financière notamment. Des promesses ont été faites, la situation des universités et des étudiants l’exige, nous saurons le rappeler.

Le dialogue s’exerce aussi au niveau de l’Éducation nationale, avec deux points à retenir parmi beaucoup d’autres  : les travaux de la commission Pochard et la suppression du samedi matin.
Sur le premier point, la commission devrait faire des propositions innovantes. Les attentes sont fortes autour de cette question. En effet, c’est la première fois que nous pouvons espérer discuter avec le ministère des conditions de travail des enseignants, dans le cadre de la transformation du métier qui est intrinsèquement liée à la transformation du système éducatif.
Sur le deuxième point, nous avons dénoncé l’annonce unilatérale du ministre de la suppression du samedi matin. La question pendante était  : que faire des heures ainsi libérées  ? Autour de cette interrogation, c’était la question de la réforme de l’école primaire qui était posée. Le ministre souhaitait un engagement des organisations syndicales pour l’ouverture de discussions sur ce thème. Nous avons signé le 8 novembre un protocole de discussions qui ne présume pas, bien sûr, de l’aboutissement de ces discussions mais qui garantit que les heures dégagées resteront à la disposition des écoles.
Pouvions-nous signer ce protocole et nous engager dans l’action du 20 novembre qui rassemble toute la Fonction publique  ? Évidemment oui. Notre volonté de dialogue n’empêche pas la revendication et la recherche du bon rapport de force.

Les raisons de l’action du 20 novembre, pouvoir d’achat et politique de l’emploi dans la Fonction publique, sont parfaitement légitimes. Nous ne voulons pas de la confusion des luttes et si nous respectons les actions engagées dans d’autres secteurs, nous voulons que les fonctionnaires soient entendus sur leurs revendications. Nous participerons donc aux différentes manifestations du 20 novembre au sein des rassemblements CFDT, sur la base des revendications spécifiques de la Fonction publique.

Dans le même temps, nous poursuivons les discussions au sein de l’Uffa autour des conférences sociales.
Notre investissement dans le déroulement de ces conférences sera-t-il payé de retour  ? Aurons-nous sur la table des négociations qui vont s’ouvrir par la suite des propositions consistantes  ? Rien n’est sûr mais forts de notre engagement pour le dialogue social, nous serons en bonne position pour dénoncer une éventuelle parodie de concertation.

Thierry Cadart
le 14 novembre 2007



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