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11 février 2008
Le métier au cœur (éditorial PE n°171)
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Les ouvertures de chantier se poursuivent mais dans des conditions parfois difficiles ! Par exemple, concernant l’avenir de l’Enseignement agricole public, les annonces de restrictions de postes, et les rumeurs de rattachement à l’Éducation nationale se succèdent sans perspective de véritables négociations. De même l’application des recommandations de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) à Jeunesse et Sports est programmée sans que les personnels soient associés.
Dans le premier degré, nous avons accepté un protocole de discussion sur l’attribution des heures libérées du samedi matin parce qu’il nous garantissait que ces heures resteraient dans les écoles et que les discussions s’organisaient autour de principes qui nous conviennent. D’ailleurs, pour l’instant, cette concertation se déroule dans de bonnes conditions, nous nous déterminerons au vue des propositions finales mais nous pouvons espérer aboutir. À l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes en pourparlers avec le ministre autour de l’ouverture de discussions sur la réforme de l’enseignement professionnel. Si cette proposition aboutit c’est que nous aurons obtenu la garantie qu’il n’y aura pas d’accélération de la mise en place du Bac pro en trois ans pour la rentrée 2008, et que les discussions seront vraiment ouvertes.
De même nous avons déjà pu indiquer à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche que ses propositions pour l’accompagnement des étudiants en licence ne pouvaient être déconnectées des revendications que nous portons sur la carrière des enseignants chercheurs. C’est d’ailleurs une constante, au fur et à mesure que l’on avance dans les différents chantiers ouverts, la question de l’évolution de nos métiers s’impose comme une question centrale. Le quatre pages « Transformer le métier enseignant » qui est joint à ce numéro de Profession Éducation et que vous pouvez diffuser autour de vous, résume nos propositions pour une évolution du métier enseignant.
Le gouvernement doit savoir que les attentes des personnels en termes de reconnaissance des missions exercées ou futures sont fortes, et qu’une véritable négociation sur ces sujets impliquera un engagement, y compris financier, au-delà même des discussions qui se sont enfin ouvertes avec le ministère de la Fonction publique et du Budget, sur le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Mais peut-on raisonnablement espérer une telle attitude d’un gouvernement aussi ouvertement et idéologiquement hostile à la dépense publique ?
En usant avec intelligence de la mobilisation des personnels, nous avons pu éviter une confrontation frontale avec le politique dans le pire moment. Il n’est pas impossible que demain le gouvernement ait besoin de valoriser le chemin du dialogue social. Notre rôle sera alors de montrer qu’une évolution est possible, qu’il s’agit bien de permettre au service public de mieux répondre à ses missions, et que pour mener à bien ces transformations nécessaires, la négociation et l’implication des personnels est la seule voie de réussite.
Pari risqué ? Peut-être, mais quelle autre stratégie est proposée ? Au final, le gouvernement devra prendre ses responsabilités, le Sgen-CFDT pour sa part prendra les siennes comme il l’a toujours fait au long de son histoire.
Décidément les 70 ans du Sgen s’inscrivent dans une période d’intense activité et notre organisation fait bien la preuve tous les jours qu’elle reste résolument tournée vers l’avenir : nos principes restent les mêmes mais nous savons les faire vivre dans l’actualité revendicative d’aujourd’hui. Parmi ces principes fondateurs, celui d’un syndicalisme général, regroupant tous les personnels de son champ d’activité, en particulier les Tos des collèges et lycées.
Le transfert de ces personnels aux collectivités locales entraîne le départ de ces camarades vers la fédération Interco au premier janvier. Mais ils restent bien entendu adhérents de la CFDT, nous aurons encore à mener des actions sur nos lieux de travail qui restent communs, et nous poursuivrons la coopération que nous avons initiée avec la fédération d’accueil.
Nous leur disons aujourd’hui au revoir, qu’ils sachent qu’ils feront toujours parti de l’histoire du Sgen-CFDT.
À eux, comme à vous tous, il me reste à vous souhaiter de passer d’excellentes fêtes de fin d’année, propres à vous ressourcer pour aborder dans les meilleures conditions une année qui s’annonce décisive !
Thierry Cadart
le 12 décembre 2007
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