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26 mars 2003

Formation initiale


Chantal Demonque

La formation des enseignants en IUFM ne les prépare guère à exercer en maternelle. Pourtant, enseigner à de jeunes enfants exige des connaissances et des compétences spécifiques.

La circulaire ministérielle du 4 avril 2002 sur les modalités d’organisation de la deuxième année de formation des enseignants inscrit l’école maternelle dans la liste des réalités scolaires particulières, auxquelles il est recommandé de consacrer un total de 30 heures sur les 450 maximum réservées à la formation encadrée.

Portion congrue et aléatoire

Un professeur des écoles stagiaire a plusieurs occasions de rencontrer, au cours de sa formation, les questions et réalités spécifiques à l’école maternelle :

  • quelques heures d’information historique et institutionnelle dans le cadre de la préparation du concours ;
  • souvent un module spécifique en deuxième année, dont la nature et la durée peuvent varier considérablement d’un IUFM à l’autre ;
  • quelques semaines de stage (pouvant aller de la simple observation à la responsabilité totale d’une classe), plus ou moins nombreuses et en grande partie subordonnées au hasard des affectations des stagiaires.

Réalité particulière, l’école maternelle justifierait un traitement spécifique, généralement jugé insuffisant par les stagiaires comme par les formateurs.

Spécificité française

La France est pourtant l’un des seuls pays à avoir fait le choix, dès les lois Jules Ferry, de considérer l’école maternelle comme une école non obligatoire, mais à part entière. La totalité des enfants la fréquente aujourd’hui dès l’âge de 3 ans, et y est confiée à des enseignants délibérément recrutés et formés de la même façon que ceux qui enseignent à l’école élémentaire. En ce sens au moins, l’école maternelle n’a rien de « spécifique ».

De fait, le métier de professeur des écoles reste jusqu’à nouvel ordre polyvalent. La formation qui y prépare ne saurait donc privilégier tel niveau ou tel domaine d’apprentissage. Et, en théorie, tous les enseignements disciplinaires et transversaux incluent des moments de didactique ou de pédagogie relatifs à l’exercice du métier en école maternelle, à part égale avec les cycles 2 et 3.

Cloisonnement disciplinaire

Mais la prise en compte de la maternelle dans la formation souffre, plus encore que les autres niveaux de l’école primaire, de la juxtaposition de ces enseignements disciplinaires qui reste souvent la règle et n’est pas le meilleur moyen, pour les stagiaires, de se familiariser avec les exigences de la polyvalence.

Autrement dit, s’il est préjudiciable à l’ensemble de la formation, le cloisonnement disciplinaire est en contradiction évidente avec l’esprit comme avec la lettre des programmes de l’école maternelle où aucun domaine d’apprentissage n’est jamais « monodisciplinaire ». Les pratiques enseignantes ordinaires de l’école élémentaire juxtaposent elles aussi les séquences plus souvent qu’elles ne les intègrent dans des situations d’apprentissages pluridisciplinaires : il y a donc (malheureusement ?) plus de continuité entre la formation et les conditions concrètes d’exercice du métier à l’école élémentaire qu’à l’école maternelle...

Pour mieux former à l’enseignement en école maternelle, il faudrait peut-être, « simplement », mieux prendre en compte la polyvalence.



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