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Une bonne partie de ce numéro de Campus est consacrée au projet de décret modifiant le décret du 6 juin 1984 fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des universités et du corps des maîtres de conférences. Quels sont les problèmes que pose ce texte, je n’en discuterais pas les détails qui sont discutés par ailleurs mais je voudrais faire un certain nombre de remarques générales. Le premier point est la conception du métier qui y est implicite. Ce texte refuse obstinément de distinguer d’autres missions qu’une activité de recherche classique « soutenue » d’une part, et d’autre part un enseignement défini comme un nombre d’heures passées devant les étudiants. L’enseignant-chercheur se livrant à ces activités dans la posture solitaire et éthérée du savant. Il n’est fait aucune mention dans ce texte du travail en équipe. On ne parle pas des équipes pédagogiques qui sont encore trop rares dans nos universités et l’on ne parle même pas des équipes de recherche qui sont pourtant largement la cellule de base de la recherche, au moins dans les sciences dures. Il n’y a non plus aucune réflexion sur le travail réel (en nombre d’heures réelles) que nécessite un module de, par exemple 60 ECTS, en licence ou en master ou comment prendre en compte l’encadrement des doctorants dans notre travail, autrement que par des primes dont on nous dit par ailleurs qu’elles seront dans l’avenir déconnectées de cet encadrement. On continue à définir notre partie d’enseignement comme 192 heures de TD (ou de TP) ou 124 heures de cours magistral avec aucune prise en compte du vrai travail que nécessitent ces heures. La vision contenue dans ce texte sur l’enseignement supérieur est largement passéiste, la séparation en travaux dirigés et en cours magistral perdure, alors qu’un renouveau de notre pédagogie nécessiterait une vraie réflexion sur nos modes de fonctionnement et sans doute un éclatement et un renouvellement de ces pratiques. Le deuxième point qui me choque est la durée maintenue des heures de présence devant les étudiants. Je vois là deux problèmes. Le premier est que, quand il y a 24-ans Jean Jacques Payan, directeur de l’enseignement supérieur, proposa dans le décret du 6 juin 1984 de porter le service des enseignants-chercheurs de 150 à 192 heures d’équivalent TD (ou de 75 à 124 heures de cours magistral), les syndicats, dont le SGEN, protestèrent vivement et le milieu se mit en grève. La justification du ministère (de Payan) fut de dire que beaucoup d’enseignants-chercheurs ne faisaient pas de recherche et que donc une punition collective devait mener à une modulation des services... Chacun sait qu’il n’y en eut pas. Je juge donc qu’au moment où l’on met en place la modulation des services, on devrait revenir au service d’avant 1984 pour préserver et augmenter le potentiel de recherche de notre enseignement supérieur et améliorer les conditions de travail. Le deuxième problème lié au maintien de ces horaires est plus large et, de fait, concerne tous les enseignants de notre pays. Lorsque, en 2002, on mit en place la réduction du temps de travail, la seule catégorie qui n’en bénéficia pas fut celle des enseignants, on ne réduisit aucun horaire de présence devant les élèves... J’ai trouvé, à l’époque, et je trouve encore cette attitude du gouvernement de Lionel Jospin insultante pour les enseignants, cette bande de fainéants, ne travaillait déjà pas beaucoup et donc, on ne pouvait leur réduire leurs horaires... Je pense donc que ce nouveau texte sur nos statuts devait tenir compte de cette injustice. Par ailleurs, la gestion de l’université n’est pas définie comme une tâche des enseignants-chercheurs mais juste comme pouvant conduire à des décharges. Enfin, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche lance des projets de recherche, parfois douteux comme le suivi sur internet des faiseurs d’opinions. Je pense qu’à l’occasion de ce décret, il aurait pu, il aurait du, lancer une grande recherche sur ce qu’est le travail d’un enseignant-chercheur aujourd’hui : quelles sont nos pratiques professionnelles réelles, comment faisons nous de la recherche, comment transmettons nous les connaissances produites, quel temps passons nous à des tâches qui ne sont pas théoriquement prévues dans nos compétences ? Ces questions méritent d’être posées et conditionnent de manière importante notre statut. Michel Piecuch
1 - Notre métier au début du vingt et unième siècle. 2 - Modifications du décret statutaire. 4 - Rencontre entre les organisations syndicales et le cabinet de la ministre le 13 novembre 2008. Le Sgen-CFDT s’oppose à la création des chaires d’excellence. 5 - Le démantèlement du CNRS est en marche. 6 - Rencontre avec le MESR le 6 novembre 2008. 7 - Demande d’audience auprès de la ministre de l’enseignement supérieur. Académie de Créteil : la mastérisation à l’épreuve des contradictions entre volonté de coopération et réalité de la concurrence. 9 - Une démarche contradictoire et perverse. Position de la CPU du 20 novembre 2008 sur la formation des enseignants. 10 - Compte rendu du Cneser du 17 novembre 2008 : plan licence, ENSA et instituts. 12 - Maria Vasconcellos. JO/BO. Un nouveau recteur à Paris ? 13 - Élections professionnelles (CAPA et CAPN) du 2 décembre 2008. 14 - CAPN des techniciens de recherche et de formation.
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