logo retour accueil

Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


|

Accueil >>Éditoriaux de Profession Education

26 novembre 2008

Trop d’habileté peut déboucher sur une grande maladresse  : la stratégie très sarkoziste et revendiquée comme telle de notre ministre l’entraîne parfois trop loin  ! Je ne parle pas seulement de ses propos méprisants sur le travail de nos collègues en maternelle qui traduisent une grande méconnaissance du travail auprès des tout-petits, ni seulement des annonces sur les colifichets à remettre aux bacheliers, sans doute une mesure transitoire dans l’attente du rétablissement du bonnet d’âne.

S’y ajoute un nouveau code scolaire concocté dans le secret, avec des chefs d’établissement dont on annonce fièrement la qualité de « non syndiqués »... À chaque jour une nouvelle annonce  !

Ce qui est inquiétant dans cette dérive, c’est qu’elle semble essentiellement motivée par le souci de réussir des coup politiques en s’assurant la réussite de scoops médiatiques. Est-ce bien le rôle du ministre de l’Éducation  ? N’y aurait-il pas plus urgent et plus utile à faire  ? Réussir la transformation de l’École par exemple  !

Ce n’est pas qu’il manque de chantiers ouverts. Faisons le compte  : lycée, formation professionnelle, recrutement, accompagnement éducatif, stage de vacances, nouveaux programmes du primaire pour l’Éducation nationale, RGPP pour Jeunesse et Sports, mise en place du plan Licence, réforme en vue des statuts des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche...

Sur bien des points cités la réforme est nécessaire. C’est pourquoi le Sgen-CFDT s’est toujours positionné en force de proposition quand le gouvernement a accepté d’ouvrir des discussions. Mais si parfois le ministre a su faire preuve d’une approche moderne et progressiste, il a aussi semblé plus pressé de donner des gages aux tenants d’une idéologie scolaire proprement réactionnaire.

Cette succession d’annonces et d’ouvertures de chantiers ne constitue pas une bonne méthode de réforme, il s’agit plutôt de noyer sous le bruit médiatique les suppressions de postes effectives ou annoncées.

Mais cela n’empêche pas les personnels de constater à la rentrée les conséquences sur leurs conditions de travail de la rigueur budgétaire  : accumulation d’heures supplémentaires, de compléments de service, de classes surchargées, inquiétude pour le remplacement, recours accrus à des vacataires...

Si cette politique perdure, le système scolaire public n’en sortira pas indemne. Il est nécessaire de changer la donne en établissant un nouveau rapport de force. C’est le sens de l’appel à manifester le 19 octobre prochain lancé par le Sgen-CFDT et la plupart des organisations syndicales, la FCPE, les associations pédagogiques, périscolaires, lycéennes, étudiantes ... L’École est l’affaire de tous, c’est ce que dit le Sgen-CFDT depuis toujours, à nous avec nos partenaires de convaincre le maximum de personnels, de parents d’élèves, de citoyens de venir à Paris, de signer la pétition en ligne sur notre site ou de participer à une souscription pour financer les déplacements.

Nous pouvons réussir, la CFDT nous annonce son soutien et mobilisera elle aussi, les sondages montrent qu’auprès de l’opinion publique, les suppressions de postes à l’Éducation ne passent pas, ce message doit être entendu ! Pour cela, le discours doit être cohérent et porté avec force  : nous demandons le maintien de la priorité à l’Éducation parce que c’est un investissement pour l’avenir et que les transformations sont nécessaires pour le système éducatif. Il nous faut maintenir ces deux exigences face à tous les conservatismes, il nous faut porter la parole de toutes celles et tous ceux qui veulent bâtir l’École de la réussite de tous.

Pour cela, nous devons renforcer le Sgen-CFDT, les élections professionnelles pour les enseignants, les CPE, les Cop et les personnels de direction approchent, tous les adhérents du Sgen-CFDT doivent se sentir concernés par cette échéance qui doit nous permettre d’affirmer la place d’un syndicalisme de revendication et de proposition dans l’Éducation nationale.

Thierry Cadart

le 18 septembre 2008



Imprimer

thèmes abordés


Dans la même rubrique

[ Les autres ]