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10 juillet 2008

Texte adopté au congrès de Marseille (1989 )

Texte adopté au congrès de Marseille ( Avril 1989 )

POUR UN CYCLE TERMINAL, POLYVALENT, DIVERSIFIÉ, MODULAIRE

1- Le Second cycle face à la demande sociale de formation

1.1. La demande de formation 1.1.1. L’exigence de démocratisation de l’Ecole, qui s’est spectaculairement manifestée lors du mouvement social de novembre-décembre 1986, se traduit, de la part des jeunes, des familles, par une demande d’élévation, pour tous, du niveau de formation . Après la période de scolarisation massive des jeunes par les collèges, cette demande sociale de formation s’exprime aujourd’hui par un afflux croissant des jeunes dans les lycées et les lycées professionnels .

1.1.2. Cette exigence de démocratisation rejoint celle résultant du maintien d’un fort taux de chômage chez les jeunes à la sortie des cycles de formation et celle résultant des changements du travail et de l’emploi, en termes de qualification pour tous et d’élevation de ces qualifications . Aux phénomènes purement nationaux s’ajoute l’échéance de l’Acte Unique Européen avec la libre circulation des professionnels qui provoquera vraisemblablement une adaptation et un relèvement des qualifications assurées par le système éducatif .

1.1.3. Les slogans « 80% ou 74% d’une classe d’âge au niveau du bac », aujourd’hui très largement repris, ne sont que la focalisation de cette demande générale. Mais ces slogans constituent un formidable défi au système éducatif tel qu’il fonctionne aujourd’hui et plus particulièrement au lycée (lycée technologique, lycée professionnel, lycée général ) .

1.1.4. Dans cette conjoncture, l’élévation du niveau des qualifications ne doit pas conduire à une exclusion encore plus grande d’une partie des jeunes encore incapable d’accéder à une bonne formation de base . Ces publics en difficulté doivent donc trouver, dans les structures de second cycle, les formations diversifiées et adaptées dont ils ont besoin .

1.2. Les lycées actuels ne sont pas adaptés 1.2.1. Les lycées sont cloisonnés entre filières hiérarchisées par le primat de l’intellectuel sur le manuel, de la déduction abstraite sur la démarche inductive ; entre formations longue et courte . Cette organisation en filières cloisonnées provient du maintien d’une organisation pédagogique prévue pour une population scolaire sélectionnée . Les lycées oeuvrent à la sélection sociale par la hiérarchisation de toutes les formations . Pour l’élite, les bacs généraux et plus particulièrement le bac C, privilégié par les Grandes Ecoles et les Universités . Pour les plus en difficulté, le CAP, qui constitue pourtant une voie de réussite pour de nombreux jeunes .

1.2.2. Les lycées ne permettent ni construction, ni maîtrise réelle par le jeune d’un projet et d’un itinéraire de formation. Leur orientation résulte, le plus souvent, de leur échec et non de leurs aspirations .

1.2.3. Les jeunes y sont aussi victimes de l’inflation de la charge de travail, générée par des programmes encyclopédiques et des horaires lourds et inadaptés .

1.2.4. Les lycées sont en nombre très insuffisants, surchargés, manquent de locaux et de matériels suffisants et adaptés, de personnels enseignants et non enseignants .

2- Le cycle terminal que le SGEN-CFDT propose

2.0. Le SGEN-CFDT après avoir adopté en 1980 son projet de Cycle Terminal Polyvalent doit, le préciser :
-  dans le cadre de l’actualisation de son Projet d’Ecole,
-  dans la continuité des positions qu’il a prises notamment en soutenant le mouvement de novembre-décembre 1986 .

2.1. Le projet d’école du SGEN et les fonctions qu’il assigne au système éducatif 2.1.1. Ce projet s’inscrit dans la perspective de l’éducation permanente et se fonde sur :
-  une démocratisation permettant la réduction des inégalités sociales, l’accès du plus grand nombre à la formation et à une qualification reconnue ;
-  une pratique éducative centrée sur le jeune, sur ses besoins, qui l’amène à définir son projet personnel de formation et d’orientation .

2.1.2. Dans cette perspective, le SGEN assigne trois fonctions à l’école . 2.1.2.1. Une fonction démocratique : l’Ecole doit favoriser l’apprentissage de la vie démocratique (élaboration et respect des règles élaborées collectivement, participation à la vie de groupe, de l’établissement..) et la participation à la vie sociale et culturelle de son environnement .

2.1.2.2. Une fonction sociale et culturelle : l’Ecole doit permettre à chacun de comprendre la réalité qui l’environne, de formuler un jugement, de se donner un projet . Elle doit permettre à tous de maîtriser savoirs, savoir-faire, communication . On luttera ainsi contre une société divisée, éclatée et on favorisera l’apprentissage de l’autonomie, de la responsabilité, de l’adaptabilité, de la créativité . Enfin, l’Ecole doit donner à chaque jeune les moyens d’intervenir sur les finalités et les formes de son travail, comme sur son organisation sociale et sur celle du cadre de vie .

2.1.2.3. Une fonction économique : l’Ecole n’adapte pas à l’emploi, mais elle a une responsabilité à l’égard de la formation et de la qualification des jeunes pour l’accès à l’emploi . Elle dispense des formations et contenus qui doivent tenir compte des mutations économiques et sociales et qui permettent l’insertion de tous les jeunes . Partant des compétences et capacités de chacun, elle se doit de les valoriser et de les diversifier .

2.2. Le cycle terminal doit donc être démocratisé , ouvert à tous 2.2.1. L’objectif, à terme, est qu’il n’y ait plus d’exclus de la formation . Aucun jeune ne doit quitter le système de formation initiale sans avoir obtenu au minimum une qualification de niveau V rénové ( CAP, BEP ), le plus grand nombre devant accéder au niveau IV, le niveau V demeurant la qualification plancher .

2.2.2. Pour y parvenir, le cycle terminal doit pouvoir s’articuler avec : 2.2.2.1. une école où chaque élève acquiert la maîtrise des divers modes d’expression et de communication ;

2.2.2.2. un collège qui, à terme, par des chemins diversifiés, amène tous les jeunes en fin de 3ème, et les rend à même de commencer à élaborer un projet personnel, voire professionnel ;

2.2.2.3. une transformation de la formation supérieure pour favoriser l’accès du plus grand nombre de jeunes .

2.2.3. La diversification de l’orientation des filles et leur accès à toutes les formations doit être une priorité .

2.3. Le cycle terminal que nous voulons

2.3.1. Un cycle polyvalent : 2.3.1.1. Il développe une culture à la fois générale, technique et professionnelle concernant l’ensemble des champs de la connaissance . Il permet la diversité des démarches intellectuelles, contribuant ainsi à supprimer toute hiérarchie entre les démarches d’appropriation des connaissances .

2.3.1.2. Il offre une formation aussi générale que possible, pour que les jeunes puissent ultérieurement se spécialiser et se reconvertir .

2.3.1.3. Il inclut dans la formation de tous une composante technologique .

2.3.1.4. Il implique, à terme, le rapprochement des actuels lycées professionnels, technologiques et généraux au sein d’un établissement polyvalent, dont les structures doivent s’articuler avec celles des autres établissements du bassin de formation . Mais les unités de formation doivent rester à taille humaine pour sauvegarder leurs fonctions éducatives et relationnelles et prendre en compte les besoins des jeunes en difficulté .

2.3.2. Un cycle diversifié 2.3.2.1. Il présente des itinéraires adaptés aux motivations et capacités des jeunes, avec possibilité de modification des parcours comprenant la validation de ce qui y a été acquis .

2.3.2.2. Il est un endroit et un moment de pédagogies diversifiées, notamment par la pratique, pour tous les jeunes, de l’alternance des lieux de formation .

2.3.3. Un cycle modulaire 2.3.3.1. Un module se définit par :
-  des objectifs disciplinaires, méthodologiques ou transversaux ;
-  les contenus qui en découlent ;
-  une unité de temps variable .

2.3.3.2. Les disciplines sont regroupées dans trois pôles de savoirs et savoir-faire :
-  sciences humaines et communication ( lettres, langues, arts, histoire, géographie, cinéma, vidéo, sciences sociales et économiques...) ;
-  sciences exactes et expérimentales ( maths, physique, biologie, astronomie...) ;
-  formations technologique et professionnelle .

2.3.3.3. La construction des cursus de formation s’élabore sur la base d’un contrat entre les jeunes et les formateurs. Chaque jeune doit :
-  suivre un module de base, dont les objectifs généraux sont maîtrise de l’expression, des processus d’abstraction et socialisation à travers des disciplines centrées sur communication, sciences, technologies, compréhension du monde ;
-  suivre un module dominant choisi dans l’un des trois pôles ;
-  suivre un module complémentaire en choisissant, dans chacun des deux autres pôles, au moins une discipline ;
-  suivre un module en situation sous la forme d’un stage en milieu non scolaire, donnant lieu à un rapport de stage . La cohérence d’un cursus de formation sera assurée par un professeur conseil .

2.4. Validation des cursus et liens avec l’emploi, l’enseignement supérieur et la formation permanente

2.4.1. Les diplômes ( les CAP, BEP, brevets de techniciens, baccalauréats ) délivrés à l’issue du cycle terminal sont des diplômes nationaux reconnus .

2.4.1.1. Les diplômes de niveau V ( CAP, BEP ) doivent garder un caractère de qualification professionnelle permettant, si nécessaire après un module d’adaptation à l’emploi, l’insertion dans la vie active. Mais ils doivent aussi permettre la poursuite d’études pour l’obtention d’un niveau IV .

2.4.1.2. Tous les baccalauréats ouvrent l’accès à l’ensemble des formations supérieures. Ils conduisent à une activité professionnelle, soit directement ( bacs professionnels, bacs technologiques ), soit indirectement par le biais d’une formation complémentaire ou d’une poursuite d’études ( bacs généraux, bacs technologiques ). Pour certaines formations, des modules d’adaptation aux études universitaires seront mis en place .

2.4.1.3. Les acquis des jeunes qui n’auraient pas obtenu leur diplôme terminal doivent être validés, notamment sous la forme d’unités capitalisables et des modules d’adaptation mis en place pour prolonger leur préparation à la vie professionnelle .

2.4.1.4. Au niveau de l’enseignement supérieur, des modules complémentaires doivent permettre de changer d’orientation .

2.4.1.5. Des modules d’adaptation pourront être instaurés pour favoriser l’insertion professionnelle dans l’entreprise à l’issue du baccalauréat .

2.4.2. A chaque diplôme est associé, défini à partir d’objectifs, un référentiel qui précise :

2.4.2.1. le cursus à suivre ( module de base, module dominant, module complémentaire, module en situation ) pour l’obtention du diplôme ;

2.4.2.2. les contenus de formation des modules :

2.4.2.3. le temps imparti pour le déroulement des modules ;

2.4.2.4. les modalités d’organisation de ces modules en unités de valeur capitalisables .

2.4.3. Le cycle terminal, et sa validation c’est la mise en place d’un cursus souple pour le jeune, dans le cadre des contraintes et limites fixées par le référentiel du diplôme préparé .

2.4.3.1. Un jeune doit pouvoir changer de dominante, changer d’objectif de diplôme, les unités de valeur déjà obtenues pouvant être validées dans le nouveau cursus suivi .

2.4.3.2. Le CAP, le BEP, l’expérience professionnelle éventuelle équivalent à des unités de valeur, capitalisables pour l’obtention du niveau IV .

2.4.4. Le crédit formation est un droit individuel qui doit permettre à tout salarié de suivre les formations de son choix pour améliorer ses qualifications . Dans ce cadre, des dispositions particulières sont à mettre en place pour les jeunes sortis du système éducatif sans qualification .

3- Des objectifs à court terme pour parvenir à ce cycle terminal

3.1. Ces objectifs ne pourront être atteints... 3.1.1. sans une modification profonde des structures, contenus, méthodes, rythmes d’enseignement .

3.1.2. sans la diversification des formations de 2ème cycle qui devient la condition de l’accueil d’un grand nombre de jeunes dans les lycées et lycées professionnels . Cette diversification ne produira les effets escomptés que si les jeunes obtiennent la possibilité de construire et réaliser leur projet personnel de formation et si les établissements reconnaissent la légitimité de ces projets en mettant en place les structures pédagogiques correspondantes . Cette perspective constitue un renversement de tendance dans la manière de gérer les orientations des élèves et de reconnaître leurs aspirations . Dans cette diversification la délivrance des diplômes ne peut rester la seule forme de la validation des acquis . Pour les élèves en difficulté doivent être envisagées des validations d’unités de formation en rapport avec les formations récurrentes .

3.1.3. sans la prise en compte des capacités individuelles de chaque jeune, quel que soit son niveau de départ . Cela nécessite des moyens et du temps, des personnels et une pédagogie qui permettent de réelles évolutions individuelles . Cette démarche impose des évaluations formatives intégrées dans la construction d’un projet professionnel, social et personnel reconnu par la structure scolaire .

3.1.4. sans une remise en cause de l’impérialisme de la filière C, notamment en obligeant les secteurs de l’enseignement supérieur qui éliminent les bacheliers autres que « C » à avoir une politique d’accueil vis-à-vis des élèves issus d’autres filières .

3.1.5. sans moyens financiers et une aide sociale pour démocratiser l’enseignement, que ces moyens soient d’origine nationale ou régionale .

3.1.6. Le second cycle que nous revendiquons comme un « second cycle de masse » passe par l’action syndicale pour la transformation, pour obtenir des moyens dans le cadre d’une planification démocratique, incluant des décisions de l’Etat ( budget, plan pluri-annuel pour l’Education ) et des régions ( construction, aménagement, entretien, fonctionnement des établissements ) .

Le SGEN CFDT revendique donc :

3.2. Un véritable lien avec le collège Collège qui, pour l’immédiat, par des chemins diversifiés, doit au moins conduire tous les jeunes à des voies de formation générale, technologique ou professionnelle, à la fin de la 3ème . Etablir ce lien véritable passe par :

3.2.1. Un développement de contacts réguliers entre professeurs de 3ème, de lycées et de lycées professionnels .

3.2.2. Des contrats d’accueil, avec les élèves et les familles, définissant les objectifs à atteindre et proposant des chemins diversifiés : entrée en première année du Second Cycle à dominante générale ( Seconde actuelle ), technologique ou professionnelle ( avec la garantie de possibilités d’accueil en première année de bac professionnel ou en première d’adaptation, dans le même établissement ou établissement proche ; ce qui implique des conventions entre lycées et lycées professionnels ).

3.3. Une première année du second cycle qui intègre trois fonctions :

3.3.1. Adaptation Les élèves qui entrent dans le second cycle doivent disposer d’un temps d’adaptation aux méthodes du lycée, elles-mêmes fonction des objectifs qu’on lui assigne .

3.3.2. Détermination Certaines matières enseignées en lycée ne l’ont pas été en collège . D’autres matières, étant donné les objectifs propres au lycée, ne sont pas enseignées de la même manière, et il convient de placer les élèves dans une perspective nouvelle . Cette détermination ne saurait se faire au tout début de l’année scolaire . Cette détermination doit être, pour chaque jeune, l’occasion de confronter ses capacités, ses goûts, son projet et nécessite une phase d’orientation .

3.3.3. Réversibilité La première classe du Second Cycle doit, non seulement permettre un affinement progressif des choix des élèves en fonction de leurs intérêts et de leurs capacités, mais aussi laisser la possibilité de revenir sur des choix . Le cloisonnement en filières pré-déterminées par la première année du Second Cycle ne saurait être accepté .

3.3.4. Pour la première année du second cycle court actuel, les trois fonctions pourraient être mises en place (à l’image de ce qui s’est déjà pratiqué en LP avec le « temps d’orientation active »).

3.4. Une meilleure articulation avec les formations ultérieures (supérieure et continue) et l’environnement socio-économique

3.4.1. Des contacts doivent se développer entre les lycées et l’ensemble des formations ultérieures ( supérieure et continue ) pour mieux faire connaître aux jeunes la nature des formations, des diplômes, des débouchés qu’elles procurent ; les conditions de travail qu’elles impliquent .

3.4.2. L’accueil des jeunes sortant du cycle terminal polyvalent dans les formations supérieures doit être amélioré par des mesures concrètes, applicables immédiatement :
-  instauration de quotas pour favoriser réellement l’entrée des bacheliers technologiques en IUT et STS ;
-  aménagement des premiers cycles universitaires pour favoriser la réussite ou la réorientation positive de tous les jeunes qui s’y inscrivent .

3.4.3. L’établissement scolaire demeure le lieu privilégié de la formation initiale. La pratique de l’alternance, des stages, si elle peut être étendue à tous les jeunes du second cycle, doit être strictement limitée dans le temps . Il est nécessaire de procéder à une véritable évaluation des pratiques antérieures en ce domaine . D’autre part, les stages ne sauraient être limités à l’entreprise mais étendus à tous les lieux de la vie sociale, économique et culturelle : administrations, associations, monde des loisirs . Les différentes formes d’alternance s’effectueront sous le contrôle et le suivi des équipes pédagogiques . Leur objectif n’est pas une adaptation à l’emploi, mais une ouverture culturelle et sociale .

3.5. Une redéfinition d’objectifs, de référentiels, de programmes 3.5.1. Cela passe par le remplacement de programmes contraignants par des objectifs nationaux, exigeants mais limités, notamment dans le domaine des connaissances scientifiques, en particulier les mathématiques ; les équipes définissant, dans le cadre de leur autonomie, les moyens de les atteindre .

3.5.2. Cela passe par une modification des champs disciplinaires et une révision périodique des contenus :
-  dans une perspective inter-disciplinaire ;
-  en fonction de l’évolution rapide des techniques et des connaissances .

3.5.3. Cela passe par la prise en compte pleine et entière des expérimentations, allant dans le sens du cycle terminal et de l’enseignement modulaire, mises en oeuvre par des équipes pédagogiques, des établissements, notamment dans l’Enseignement Agricole. Ceci peut se faire dans le cadre d’une négociation entre ces établissements et les instances nationales chargées de redéfinir objectifs, référentiels et programmes.

3.6. Une redéfinition des modalités du baccalauréat Il est nécessaire, dans un premier temps, de mettre en place un baccalauréat par unités capitalisables, avec maintien d’une part de contrôle ponctuel . Cette introduction ne pourra se faire qu’après avoir tiré un bilan critique de ce qui se pratique en LP et dans l’Enseignement Agricole Public dans ce domaine .

3.7. Une refonte des rythmes au lycée La prise en compte de l’hétérogénéité scolaire et sociale des jeunes ; ce que l’on sait des rythmes biologiques ; la redéfinition des objectifs, contenus, programmes, méthodes d’enseignement, nécessitent une réorganisation du temps, des rythmes au lycée et une réduction des horaires de cours, au profit des aides à l’acquisition de méthodes de travail ; de l’aide au travail personnel ; de l’aide à l’évaluation, pour chaque jeune, de son projet de formation .

3.8. Une renégociation du contenu du travail des personnels La diminution des heures de cours au profit d’activités d’aides aux élèves, de suivi individualisé, de concertation disciplinaire et inter-disciplinaire, voire de professeur-conseil (aide à l’élaboration, la négociation, la maîtrise, l’évaluation des projets de formation des jeunes...) implique une prise en compte de ces dimensions dans le service des personnels, sans alourdissement de la charge globale de travail . Ces nouvelles fonctions nécessitent une profonde transformation de la formation initiale et continue des personnels, intégrant notamment une meilleure connaissance du monde du travail . De même doit être renégocié le contenu du travail des autres personnels membres de l’équipe éducative ( CE-CPE, MI-SE, ATOSS ) .

3.9. Un développement de la formation récurrente Les moyens financiers et matériels doivent permettre une réelle formation récurrente pour que tout jeune qui sort du système éducatif puisse y revenir soit pour terminer une formation, soit pour entreprendre une formation différente, soit pour entreprendre une formation de niveau supérieur à la qualification déjà obtenue . Pour faciliter le fonctionnement des GRETA , la spécificité des fonctions et des métiers de la formation continue doit être reconnue . Le SGEN-CFDT veillera à ce que les dispositions financières accompagnant la formation récurrente ne constituent pas une incitation des jeunes à quitter le cycle terminal prématurément, pour y revenir en formation récurrente .

3.10. Une autre logique pour la répartition des moyens 3.10.1. Si la DHG est dans son principe un instrument de souplesse pédagogique dans le cadre de l’autonomie des établissements, les insuffisances budgétaires la transforment la plupart du temps en contrainte . En conséquence, la DHG ne doit pas être calculée selon un processus descendant - application à chaque établissement d’un coefficient établi au niveau régional - mais selon un processus ascendant en partant des besoins de chaque établissement .

3.10.2. Les critères d’attribution de DHG ne doivent pas se limiter à l’effectif et aux formations dispensées dans l’établissement. Outre ces critères (déjà bien mal pris en compte d’ailleurs...), les Conseils d’Administration doivent pouvoir faire retenir d’autres paramètres, liés aux projets des établissements, dans les négociations avec le rectorat : aides au travail personnel ; suivi individualisé des élèves ; mise en place et expérimentation de l’enseignement modulaire ; aide à l’élaboration et à la maîtrise, par chaque jeune, de son projet et de son itinéraire de formation .

3.10.3. Les dotations rectorales ne doivent pas se limiter au nombre d’élèves scolarisés, mais tenir compte des spécificités régionales ( taille des établissements, retards scolaires, ZEP, distances à parcourir... ) et des projets par un système de pondération dans la distribution de l’enveloppe ministérielle .

3.11. Une politique adaptée de construction et de fonctionnement des établissements

3.11.1. Le cycle terminal que nous voulons, l’enseignement modulaire, demandent une architecture des locaux scolaires qui soit en cohérence avec ce projet .

3.11.2. L’enseignement polyvalent, diversifié, modulaire ne doit aboutir ni à des établissement gigantesques, tentaculaires et ingérables ; ni à accentuer la coupure entre établissements de prestige et « ghettos » . La complémentarité et la solidarité qu’induisent l’organisation d’un tel enseignement doivent se réaliser dans le cadre des bassins de formation, offrant la quasi-totalité des formations à travers tous les types d’établissements : lycées technologiques, lycées professionnels, lycées généraux . Cela nécessite une articulation étroite entre les établissements, entre la formation initiale et les structures de formation continue des GRETA .

3.11.3. Non seulement construction et fonctionnement des lycées dépendent des Régions, mais en dépendent en partie aussi leurs structures de formation, à travers les Schémas Prévisionnels des Formations . Syndicats et UPR doivent intervenir auprès des collectivités locales pour obtenir des décisions allant dans le sens du cycle terminal que nous proposons .

ANNEXE

Ceci est une annexe au projet de résolution, et donc ne fait en aucun cas l’objet d’un débat ou d’un vote. L’objet de cette annexe est de donner un exemple de mise en oeuvre d’un enseignement de type modulaire, en l’occurrence celui actuel de l’Enseignement Agricole Public, tel que le décrit le syndicat du Doubs. « L’enseignement par modules se fait de manière inter-disciplinaire. Le programme se définit selon des objectifs terminaux de formation, avec une écriture pluridisciplinaire. Pour répondre à la diversité des publics, des établissements, pour permettre un réel parcours individuel de formation, donner un champ maximum d’initiatives aux équipes pédagogiques, l’organisation modulaire se fera dans trois domaines plus ou moins étendus, selon des critères définis nationalement : A. modules de base, B. modules de secteurs, C. modules de qualification.

A. MODULES DE BASE

Ces modules sont communs à l’ensemble des élèves du second cycle, tous établissements confondus, leur durée variant selon la finalité de la formation. ces modules peuvent être de l’ordre de 6 : 1. Connaissance et pratique de la langue française, des littératures et des moyens d’expression. Objectif : savoir s’exprimer, communiquer, approfondir sa culture littéraire et artistique ; affiner son esprit critique. Sont - notamment - concernées les disciplines : français, enseignements artistiques, langues vivantes, philo, maths, ciné, vidéo, etc. 2. Connaissance et pratique d’une langue étrangère. Objectif : être capable de communiquer avec des étrangers, oralement et par écrit ; comprendre une réalité étrangère. Sont concernés entre autres : langues vivantes, histoire-géo, français, sciences et techniques, philo... 3. Connaissance du corps et pratique d’activités physiques et sportives. Objectif : mieux connaître son corps, progresser dans la réalisation d’exercices physiques, pratiques des activités individuelles ou collectives sportives et de loisirs, acquérir le goût de la pratique d’activité de plein air. En collaboration : EPS, biologie, physique, audiovisuel... 4. Connaissances et pratiques sociales. Objectif : connaître et interpréter les rapports entre les individus dans la vie sociale ; être capable d’y intervenir. Disciplines en jeu : histoire-géo ; instruction civique, enseignements artistiques ; sciences éco ; sciences bio ; EPS... 5. L’homme et le monde contemporain : les faits et les idées. Objectif : connaître la diversité des faits, des opinions. Histoire-géo, instruction civique, maths, philo, sciences éco et humaines, sciences et techniques, enseignements artistiques... 6. Connaissances mathématiques et traitement des données numériques et graphiques, Math, sciences physiques et chimie, SEH, philo, biologie, techniques... L’ensemble des jeunes ont un tronc commun qui s’étend sur 800 à 1000 heures sur deux années.

B. MODULES DE SECTEUR

Ces modules se définissent soit par la famille professionnelle à laquelle les jeunes se destinent, soit par l’approfondissement du ou des modules de base nécessaires à la poursuite d’études. Certains modules sont communs à plusieurs secteurs. Leur durée et de 300 à 500 heures sur deux ans.

C. MODULES DE QUALIFICATION

La formation comporte, éventuellement, cinq modules de qualification (300 - 500 h selon les qualifications). Ces modules ont des intitulés, des objectifs et des contenus définis nationalement, après consultation des représentants des professions concernées. Les choix sont débattus en Conseil d’Administration. L’ensemble de la formation se fait sur un horaire total variant entre 2 200 et 2 500 heures (incluant des séquences en entreprises, ou des stages de plein air, ainsi que d’éventuels modules d’approfondissement et/ou d’adaptation à l’emploi).



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