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"J’ai des nouvelles, une bonne et une mauvaise. Par laquelle voulez-vous que je commence ?" Désirant réduire le stress induit par une telle question, notre ministère a apparemment décidé de faire disparaître ce choix cornélien (bien que ce fût une bonne occasion de revisiter un auteur clef des études littéraires, tant malmenées depuis mai 68...) : le choix devra être maintenant effectué entre les nouvelles "pas bonnes" ou "mauvaises". Pas bonnes, comme l’annonce faite par Claudie Haigneré de la levée de gel des crédits de son ministère qui ne change pratiquement rien à la situation de la recherche. Les 162 emplois de chercheurs supprimés dans les EPST (CNRS, INRA, IRD, LCPC) n’ont pas été recréés, pas plus que n’ont été rétablis les 118 millions d’euros de crédits de paiement ou les 123 millions d’euros d’autorisations de programme annulés le 15 mars 2003. Quant aux 172 millions d’euros de crédits de paiement non versés au CNRS en 2002 il faut, pour l’instant, les considérer comme ayant purement et simplement disparu. Mauvaises, comme les propositions concernant la formation des enseignants, présentées par Luc Ferry pendant le Conseil des ministres du 9 avril, et dont on lira dans ce numéro de Campus (en particulier page 10) tout le mal que nous en pensons. Mauvaises, aussi, comme le communiqué de presse de Luc Ferry et Xavier Darcos, annonçant le 10 avril, à l’occasion de rencontres avec des présidents de région, la constitution d’un groupe de travail sur les modalités de mise en œuvre du transfert aux régions des personnels concernés par cette mesure de décentralisation. Ils souhaitent "engager ainsi une véritable démarche de négociation" (négociation, ils ont appris un mot nouveau ?). Ce ministère n’a qu’une (piètre) excuse : il n’est pas le seul à annoncer de mauvaises nouvelles. Le site internet du Sénat, par exemple, annonce l’adoption par 194 votes pour et 113 contre du projet de loi sur les assistants d’éducation. Le texte n’ayant subi aucune modification depuis son passage à l’Assemblée nationale et adopté définitivement. Toute ces annonces, faites malgré l’importance de la mobilisation des personnels, ne traduisent rien d’autre que le profond mépris dans lequel ce gouvernement tient l’ensemble de la communauté de l’Education nationale et de la Recherche publique. C’est à cette communauté qu’il appartient de faire savoir qu’elle n’acceptera pas d’être traitée ainsi plus longtemps, c’est bien le sens du communiqué intersyndical du 11 avril (page 13). Le secrétariat, le 14 avril 2003
Dans la presse ATOSS :
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