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6 mai 2003
Campus n°472
REFORME DES RETRAITES : IL FAUT DE NOUVELLES PROPOSITIONS
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Avec le programme présenté par Fillon en matière de réforme des retraites, la lutte annoncée contre la "fracture sociale" devient un vaste chantier de désorganisation des liens de solidarité intergénérationnels. On s’attendait, de la part du miéleux gouvernement Raffarin à ce que les mesures réservées aux fonctionnaires rivalisent de "rigueur" avec celles que Balladur avaient déjà réservées aux salariés du privé. On est servis !
À vos calculettes : le régime devient drastique et il n’y aura pas de jaloux, tout le monde y perdra : vous pouvez commencer à vérifier grâce à la fiche de la page 10.
On n’aura pas l’indélicatesse de remarquer ici que les sacrifices qu’on nous demande in-terviennent dans un pays dont la richesse n’a cessé de progresser, la part des revenus salariaux gardant inexorablement sa tendance à une baisse relative de la part du gâteau qui lui est consacrée. Ce serait inélégant. Mais cela montrerait la grande harmonie des logiques en œuvre.
L’annonce qui choque le plus concerne l’allongement de la durée de cotisation. Et ce n’est pas sans raison qu’on s’interroge sur les conditions d’un allongement du temps de la vie consacré au travail dans un pays où, dans le public comme dans le privé, l’âge moyen de départ en retraite est de 57 ans et demi. Autant dire que la marge à combler est importante.
Poser l’horizon de 42 annuités a tout de l’injonction paradoxale alors que le patronat qui ins-pire cette lumineuse idée est aussi celui qui met massivement les quinquagénaires en pré-retraite.
Alors que vous commencez votre carrière de plus en plus tard, que, dans le privé, vous êtes de plus en plus tôt écarté de la production, on exige que vous ayez cotisé de plus en plus longtemps pour obtenir un taux maximum de retraite.
Dans l’enseignement supérieur l’âge moyen d’un enseignant-chercheur lors
de l’obtention du premier poste est autour de 30 ans en sciences et de 40 en lettres. Ne remuons pas le couteau dans la plaie en évoquant ici la raréfaction des postes et le caractère symbolique du nombre de hors-classes. Pour beaucoup, la situation était médiocre, elle devient franchement mauvaise. Nous aurons donc bientôt tous la "liberté" de travailler jusqu’à 70 ans dans l’espoir de limiter les dégâts !
Le plan Fillon ne peut avoir pour conséquence que l’appauvrissement général des sala-riés. Aux jeunes d’aujourd’hui (qui seront les vieux de demain !), ce plan offre la perspec-tive de retraites de répartition misérables. Ils peuvent penser que cela concerne un avenir lointain et risquent de ne pas trop s’en soucier. C’est oublier que ces mesures auront des conséquences pour tous : demain, les enfants devront assumer les frais de la prise en charge de "l’autonomie de la vieillesse" de leurs propres parents directement, comme le prévoit la loi qui garantit le devoir d’assistance réciproque entre ascendants et descendants. Les me-sures Fillon risquent, par ailleurs, d’avoir des effets pervers redoutables dans notre milieu : il y a fort à parier que dans les mois qui viennent, beaucoup de nos collègues qui approchant de la soixantaine et qui n’ont pas leur 37,5 annuités décideront de partir à la retraite pour échapper au plan Fillon : pourquoi travailler encore 5 années pour avoir 2% de retraite supplémentaire ? Perte de compétences pour les universités, tant pis ! ce qui compte, c’est la baisse du nombre des fonctionnaires car on peut penser que tous nos collègues ne seront pas remplacés. Sans épuiser le problème, on peut aussi craindre, compte tenu des formulations ambiguës que le Gouvernement leur réserve, que les femmes y perdront les rares contre-parties qu’elles ont (prise en compte des mi-temps, des maternités), car, pour elles, le bon vieux principe du retour au foyer, résout très naturellement le problème de la retraite !
La grande œuvre du Solidarisme a été d’inventer les modes collectifs d’assistance inter-générationnelle. Ils sont sans doute en crise et il s’agit aujourd’hui de les rénover. Le gou-vernement les liquide. On sait le mépris dans lequel il tient, objectivement, le dialogue social. Aussi, en participant massivement à la journée du 13 mai, nous qui faisons notre travail d’enseignants même lorsque nous sommes en grève, nous débattrons avec les étu-diants et dirons pourquoi la question de la réforme des retraites doit être posée dans des termes radicalement différents. Le 13 mai 2003, dans les universités, nous dirons NON au plan Fillon.
Le secrétariat, le 5 mai 2003
1 - Réforme des retraites : il faut de nouvelles propositions.
2 - Cneser du 22 avril 2003 : vanitas vanitatum, et omnia vanitas.
3 - Une femme engagée pour la parité en Sciences : Huguette Delavault, 1924-2003.
4 - Un démolisseur démoli.
5 - Assemblée Générale Branche Enseignants du Supérieur des 13 et 14 juin.
6 - Décentralisation et enseignement supérieur : ça se précise.
7 - La CFDT Fonctions Publiques appelle à la grève le 13 mai 2003.
8 - Compte rendu des qualifications 2003 : 3ème section . Compte rendu des promotions 2003 : 37ème section. Nouveaux coordinateurs élections 2003.
9 - Classement des sections disciplinaires par effectifs de maîtres de conférences et professeurs des universités (2000-2001).
10 - Retraites : faites vos comptes à partir du projet Fillon... JO/BO.
Dans la presse ATOSS :
11 - Atoss du sup. "Quels personnels pour l’université du XXIème siècle ?" extraits de l’intervention de L. Ferry lors du colloque à Poitiers organisé par la CPU, et premiers commentaires.
14 - Modification de la loi sur l’autonomie des établissement du supérieur.
14 - Promotions par liste d’aptitude et calendrier des CAPN Itarf.
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