logo retour accueil

Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


|

Accueil >>Actualité >>Décentralisation

13 mai 2003

Médiateurs entre le désir du jeune et un système éducatif de plus en plus complexe, les conseillers d’orientation psychologues sont la goutte d’huile des rouages du système.

Les 4 700 conseillers d’orientation psychologues constituent un corps de fonctionnaires du ministère de l’Éducation nationale qui a une longue histoire et qui a su s’adapter à toutes les mutations de la société et du service éducatif. Depuis les pionniers du début du siècle affectés dans les offices d’orientation professionnelles, ils ont été, au fil des ans, conseillers d’orientation scolaire et professionnelle, conseillers d’orientation et, pour finir, depuis 1991, suite à une longue lutte, conseillers d’orientation psychologues après une formation à bac +5. Leur formation pluridisciplinaire qui allie psychologie, sociologie, économie, connaissance et analyse des pro- fessions et du système de formation et de leur évolution leur sert d’outil pour aider les jeunes et leur famille à construire un projet de formation et de vie.

À l’interface de l’École et du monde du travail, leurs activités s’inscrivent dans le cadre de la loi d’orientation de l’Éducation nationale de 1989 qui reconnaît le conseil en orientation comme partie du droit à l’éducation.

missions

C’est au centre d’information et orientation qu’ils remplissent les missions imparties par le décret de 1971 et la circulaire de 1980 :
-  accueil et réponse aux besoins de la population du district, avec priorité aux élèves non qualifiés pour favoriser l’insertion sociale et professionnelle ;
-  aide au projet permettant une « orientation personnellement assumée » par l’observation, l’information, l’aide à l’adaptation et à l’orientation ;
-  analyse du fonctionnement de l’orientation, suivi des élèves ; fonction d’observatoire du district ;
-  animation, rencontres et échanges entre le monde de l’éducation, les collectivités locales, les parents d’élèves et le « monde du travail » ;
-  liaison entre établissements scolaires, du premier degré au supérieur.

Proximité, disaient-ils !

Leur départ annoncé de l’Éducation nationale, outre qu’il met en jeu leur statut et leurs missions, va laisser tout un pan du système en jachère. Contrairement aux idées reçues, il ne suffit pas d’être informé pour bien s’orienter. L’orientation est un processus long qui s’inscrit dans la durée. Elle exige un suivi individualisé, intégré dans un contexte pédagogique.

Il est évident que les enseignants ne pourront pas tout faire, d’autant plus qu’ils seront privés, comme les élèves et leurs familles, des informations gratuites et fiables (brochures après 3e et après bac par exemple) fournies par l’Onisep qui disparaît également du paysage.

Si l’on ajoute le transfert des médecins scolaires, des assistants du service social et des techniciens et ouvriers spécialisés, les enseignants vont se trouver bien seuls face à des familles de plus en plus désemparées. On peut s’attendre à ce que ce soit les plus démunis qui en pâtissent rapidement.

Démantèlement, en réalité

On assiste à l’évidence à un démantèlement de l’Éducation nationale et à la perspective d’un traitement inégalitaire des élèves.

Si, pour nous, le triptyque « Liberté Égalité Fraternité » veut dire encore quelque chose, il est grand temps de prendre conscience du véritable danger de ce transfert annoncé pour l’empêcher.

Carole Delos



Imprimer

thèmes abordés


Sur la toile


Dans la même rubrique

[ Les autres ]