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Quelle a été l’attitude du Sgen-CFDT lors de la phase de décentralisation précédente, au début des années quatre-vingt ? Son option a été résolument décentralisatrice, en cohérence avec les positions CFDT élaborées au cours des années soixante-dix. Le grand dessein de la décentralisation visait à rapprocher les lieux de pouvoir des usagers et des personnels, à mieux prendre en compte les réalités locales et régionales, à améliorer le service rendu en favorisant une démocratie de proximité.
Quelles méthodes de concertation le ministère de l’Éducation nationale a-t-il mises en oeuvre à l’époque ? Il a organisé de très nombreuses réunions de concertation, essentiellement bilatérales, notamment au niveau des directions concernées. Certains militants du Sgen-CFDT nous reprochaient mê-me de « trop hanter les couloirs du ministère » !
À quels types de réactions s’est heurtée cette première phase de décentralisation dans l’Éducation nationale ? À une longue tradition centralisatrice, prégnante dans ce secteur. Disons-le tout net : le Sgen-CFDT a été un « rameur solitaire » pour faire avancer la barque de la décentralisation. Les autres organisations y étaient opposées. Les positions des uns et des autres étaient d’ail-leurs conformes à leur ancrage identitaire. Quel bilan tires-tu de cette première phase ? Un point positif émerge : le transfert de compétences aux collectivités - essentiellement dans le secondaire - en matière de cons- truction et d’entretien. Il s’agit à l’évidence d’un acquis précieux. Imaginons quelle serait la situation si l’État avait conservé cette responsabilité.
Quels devraient être, à ton sens, les points forts d’une seconde phase ? Une vingtaine d’années après les textes fondateurs, il est logique de donner un nouvel élan à la décentralisation. Celui-ci doit reposer sur une vision forte et mobilisatrice. Il est urgent de mettre fin à l’empilement des niveaux de compétence qui génère l’éclatement des responsabilités et le manque de lisibilité pour le citoyen. Des données majeures et irréversibles sont maintenant apparues : l’intercommunalité s’est, heureusement, considérablement développée ; le pouvoir régional s’est affirmé. Les régions - éventuellement redécoupées - cons-tituent des ensembles suffi- samment importants pour qu’une politique éducative cohérente, disposant d’un espace d’autonomie dans le cadre national, puisse être menée.
Propos recueillis par Michel Debon et Émile Pinard La décentralisation
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