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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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31 mai 2003

Des rumeurs d’abord, des propos rassurants ou évasifs ensuite, une décision brutale en décalage avec les souhaits issus des assises régionales des libertés locales, une avalanche de décisions contestées et de craintes bien fondées au sein de l’Éducation nationale, la question des retraites enfin : difficile d’entendre la petite musique des personnels Atoss mobilisés depuis des mois.

Depuis l’annonce de Raffarin du transfert des personnels Atoss aux collectivités territoriales, les organisations syndicales se sont mobilisées afin de faire échec à ce projet néfaste pour l’ensemble de l’Éducation nationale. Pourtant ces mobilisations - actions d’une journée comme grèves reconductibles - sont restées très disparates selon les départements, les régions.

Trop de revendications ?

Les éléments en notre possession sur la nature, l’ampleur et les difficultés de la mobilisation ne sont pas exhaustifs, mais suffisants pour formuler quelques réflexions. Les appels à l’action se sont multipliés durant cette période et les plateformes revendicatives ont connu une certaine tendance à l’inflation selon les établissements et les départements, jetant parfois les Atoss dans une certaine perplexité. Outre la revendication d’annulation des transferts, les revendications concernent également les retraites, le budget, l’emploi, la précarité et parfois jus- qu’aux salaires.
Difficile dans ces conditions, pour des personnels n’ayant pas un salaire élevé de ne pas faire des choix : les répercussions sur le salaire d’une succession de journées de grève (a fortiori la participation à une grève reconductible) ne sont pas à négliger.
La priorité donnée par les Atoss à telle journée de mobilisation plutôt qu’à telle autre doit être analysée aussi sous cet angle. Ainsi, les Atoss se sont beaucoup plus mobilisés le 13 mai sur les retraites (55 % de grévistes au niveau national), que le 6 mai contre le transfert vers les collectivités territoriales (environ 14 %). Difficile de savoir si cela n’exprime pas aussi un certain fatalisme ou une certaine résignation.

Message brouillé ?

Autre difficulté susceptible d’avoir joué un rôle dissuasif auprès d’une partie des personnels : le sentiment d’une prise en charge locale très aléatoire de la question des transferts. Aléatoire du point de vue de l’organisation, pour un Sgen-CFDT dont les syndicats ont eu parfois bien du mal à relayer rapidement les positions de l’interfédérale et de l’intersyndicale Iatoss. Mais confuse aussi dans la mesure où la multiplication sur le terrain des positions syndicales particulières a pu créer ici ou là une cacophonie peu propice à une unité syndicale effective.

Maintenir le cap

Pour le Sgen-CFDT, il y a eu tout au long de ces mois de mobilisation un objectif - le refus du transfert des personnels vers les collectivités territoriales - et une ligne de conduite pour y parvenir - l’unité la plus large. Le Sgen-CFDT n’a pas accepté de cautionner des déclarations d’opposition à toute décentralisation voire à toute réforme, car elles auraient été contraires à ses positions adoptées en congrès.
Lutter contre tout transfert des personnels Atoss et l’abandon par l’État de missions indispensables au bon fonctionnement des établissements se poursuit et l’on peut même affirmer qu’elle ne s’arrêtera pas avec le vote de la loi par le Parlement.

Alain Baury


Article paru dans AGIR n° 114 mai 2003


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