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Fédération
des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Qu’est-ce que l’Inter-LGBT ? Il s’agit d’un collectif d’une soixantaine d’associations
réunies pour mettre en œuvre un programme revendicatif, organiser la solidarité et promouvoir un travail de réflexion. C’est ce collectif qui, depuis 1991, organise la Gay pride (première marche en 1981) renommée en 2002 Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans. Ce nom exprime un nouvel engagement en faveur des bisexuel/les, des transsexuel/les et des transgenres et le souci de renforcer leur visibilité dans la société. Cet événement a rassemblé quelques milliers de personnes en 1991, puis 80 000 en 1995 et 500 000 ces deux dernières années. Sa réussite tient beaucoup à l’équilibre trouvé entre les aspects festif et revendicatif. Quel est le thème de la Marche cette année ? Depuis trois ans le thème en est la lutte contre toutes les discriminations. Aujourd’hui, les dispositifs légaux qui permettent de lutter contre les différentes sortes de discrimination sont loin d’être équivalents. Nous réclamons la pénalisation des propos homophobes. Un seul exem- ple : Brigitte Bardot, dans un livre récent, peut inciter à la haine raciale et à la haine contre les homosexuels (entre autres). Elle sera poursuivie en justice par le MRAP pour les propos racistes, mais ne pourra l’être par les associations LGBT pour les propos homophobes car elles ne peuvent saisir la justice pour ce motif. Reçue en février au ministère de la Culture, l’Inter-LGBT a appris la mise en place d’un groupe interministériel. Le cabinet du Premier ministre a reconnu, en mai, qu’un changement de loi était nécessaire. Il ne semble plus y avoir de blocage politique, mais le gouvernement trouvera t-il le courage de mettre un tel texte de loi à l’ordre du jour ? Dans quels autres domaines la loi devrait-elle être mise à jour ? L’actuel projet de loi sur les retraites réforme un certain nombre de dispositions concernant les conjoints : allocation de veuvage, pension de réversion, départ anticipé à la retraite en cas de handicap ou de maladie incurable... Dans aucune de ces nouvelles dispositions, la situation des couples pacsés n’est prise en compte. Et pourtant, le pacte civil de solidarité reconnaît et organise la solidarité au sein du couple par un certain nombre de droits et de devoirs. Rien ne justifie qu’une distinction soit faite entre les couples mariés et les couples pacsés au regard des droits à la retraite.
Qu’attendez vous des organisations syndicales ? Il y a aujourd’hui consensus des organisations syndicales pour reconnaître leur responsabilité dans la lutte contre toutes les discriminations qui s’exercent sur le lieu de travail. Reste à mettre au point et diffuser les outils pratiques qui aideront les militants, à tous les niveaux des organisations, à réagir comme ils ont appris à le faire contre le racisme, le sexisme ou le harcèlement moral.
Actuellement, malgré les plaintes recueillies dans les permanences associatives, nous constatons qu’il y a très peu de cas qui aboutissent à un contentieux. Les discriminations à l’embauche sont difficiles à recenser et les discriminations homophobes, comme le harcèlement moral d’ailleurs, sont rarement faciles à mettre en évidence. Des gens sont parfois démolis, mais s’adresser à un juge constitue pour eux une épreuve insurmontable. La solidarité et l’action collective sur le lieu de travail sont nécessaires pour surmonter l’intimidation, d’où qu’elle vienne. Quel rôle l’école a-t-elle à jouer ? Il faut d’abord dissocier l’éducation sexuelle de l’enseignement de la biologie et la confier à ceux qui y sont préparés. Il peut s’agir de professeurs de biologie comme de tout autre enseignant ou intervenant extérieur.
Propos recueillis par Michel Debon et Émile Pinard Profession Éducation n°128 juin-juillet 2003
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