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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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30 juin 2003

Dans la fièvre du mouvement provoqué par l’annonce expéditive de son projet de loi portant sur l’autonomie des Universités, le ministère avait enfin compris qu’il fallait accorder un temps réel à une consultation dont l’annonce contribua à calmer les esprits. L’émotion avait été sans doute telle, rue de Grenelle, qu’on nous accorda même la perspective de participer à la définition de la "méthode" qui serait mise en œuvre pour procéder à ladite consultation que nous demandions. Hélas, la réunion du 2 juin (cf. Campus n° 474) devait s’achever sans que le Ministère ait su véritablement faire avancer un débat au cours duquel nous avions rappelé que la démocratie sociale doit être entendue pour que la démocratie politique s’exerce avec discernement et où nous avions souligné l’urgence impérative de développer le débat public sur une question aussi essentielle que celle du devenir de notre enseignement supérieur.

Il y aura encore du chemin à faire pour être pleinement entendu puisque la seconde réunion promise n’aura probablement jamais lieu, le calme semblant revenu dans la rue avec les chaleurs estivales et nos interlocuteurs pensant sans doute qu’il suffira de quelques consultations bi-latérales avec les syndicats pour aboutir à des solutions satisfaisantes.

Nous irons aux rendez-vous qui nous sont proposés, mais ce ne sera pas seulement pour exposer ce que nous pensons, point par point, du projet qui doit être soumis au vote du parlement lors de sa session d’automne. Nous dénoncerons l’erreur qui est en train de se commettre en laissant pendant le débat émergeant au sein de nos établissements. Le malaise ne s’effacera pas avec l’été et ce n’est qu’en sollicitant l’expression des personnels, des usagers et des acteurs locaux qu’il pourra se muer en forces constructives.

En croyant régler les problèmes dans le silence, le ministère prépare la pire des rentrées : celle qui laissera le champ libre aux rumeurs les plus ridicules (tous les droits d’inscription à 4 000 e, service passant de 192 à 1 600 heures...) et aux manipulations groupusculaires les plus affligeantes. Le temps d’information que nous demandions sera en effet alors investi par les spécialistes de la désinformation.

Nous avons assez de raisons d’être en désaccord avec certaines orientations gouvernementales pour souhaiter ne pas devoir aussi faire front aux intoxications qui relèvent d’une pratique de l’action politique totalement étrangère à la conception que nous avons de la démocratie. Si tel est le cadre que le Ministère laisse s’instaurer à la rentrée, de nouveaux blocages sont à prévoir. Contrairement à ce que croient les libéraux, ce n’est pas en niant le besoin d’expression qu’on résout ce type de problème. C’est en ouvrant au contraire le débat sur des objectifs précis : en l’occurrence, le devenir de notre système d’enseignement supérieur.

Le secrétariat, le 30 juin 2003



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