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L’élaboration d’un réseau de partenaires culturels et artistiques s’est faite après avoir défini un projet danse autour de la culture hip-hop et de sa présence en France depuis le début des années 80. Pour amener les élèves à comprendre la danse et la
culture hip-hop, le travail interdisciplinaire s’est construit autour de la notion de métissage culturel des langages (gestuel, visuel, instrumental) et des langues.
La scène nationale nantaise du Lieu Unique nous a permis d’assister à une création franco-algérienne, Y’a pas de problèmes, de Mekench Mouchkel, autour de la danse hip-hop. Grâce au fonds Danse de la cinémathèque de la bibliothèque Hermeland de Saint-Herblain nous avons pu analyser le contexte social de notre thème et l’histoire des compagnies de danse hip-hop, notamment grâce au film documentaire de Jean-Pierre Thorn, Faire kiffer les anges (1996). Deux œuvres dansées conçues pour la scène, Récital et Dix versions, de la compagnie Kafïg, ont été étudiées pour faire découvrir les éléments constitutifs du spectacle (thème ou message, décors, personnages, solo, mouvement de groupe, éclairage).
Notre intervenant artistique, la compagnie Bobaïnko, a été retenue suite à sa prestation lors d’une manifestation organisée par l’association des comités d’entreprise du département (présidée par la CFDT). Coopérer pour être plus efficace Ce dispositif de classe à Pac jumelée a réduit les coûts, celui du transport pour aller au spectacle, celui de la réalisation d’une composition instrumentale pour une rencontre de freestyle entre les deux établissements et deux compagnies amateurs d’adolescents de Basse-Goulaine, une commune limitrophe de Nantes. Il nous a aussi permis d’employer un intervenant professionnel du mois d’octobre à la fin février. Une aide-éducatrice de notre collège a pu bénéficier des cours de danse sur son temps de travail avec les élèves, ce qui lui a permis de compléter sa formation d’animatrice de centre de loisir. Par la suite, sa présence auprès des élèves de la classe à Pac a toujours été un appui pour le coordinateur du projet. Une dynamique locale entre le centre socio-culturel et les établissements scolaires, s’est instaurée entre les collégiens de quartiers différents, autour de la danse hip-hop. Ce projet artistique et culturel a donné aux élèves concernés l’occasion d’effectuer une recherche documentaire à partir de supports variés (presse écrite, documents audio, vidéos, films documentaires, affiches de spectacle). Des grilles d’analyse de ces documents ont été proposées. Sortir du cadre
de la classe et du cours Il a été proposé aux élèves de tenir un journal de bord relatant les différentes expériences vécues. Les élèves ont travaillé également au centre de documentation à partir de valisettes thématiques (danse, rap, arts graphiques, mode, look) constituées d’un lexique, d’une histoire des médias en relation avec la culture hip-hop, d’une histoire des styles et des techniques, de la variété des groupes, compagnies, rencontres, festivals. Chaque thème proposait une réflexion sur une problématique : danse de rue, danse pour la scène ; violence et
liberté d’expression ; vandalisme et création artistique ; conformisme et liberté. Enfin, dans le cadre de l’association sportive, l’activité danse a pu continuer entre autres avec des élèves plus jeunes dans un atelier préparatoire à la rencontre dansée.
Autant d’activités qui ont permis à l’élève de s’investir sur un projet personnel dans la forme de son choix. Ni fin en soi, ni objectif de la classe à Pac, un projet de spectacle, la rencontre dansée, s’est construit au fur et à mesure des échanges entre élèves, personnels de l’Éducation nationale, partenaires associatifs et territoriaux. Présenter collectivement et en public leur performance a constitué pour les trois groupes d’adolescents qui ne s’étaient jamais rencontrés auparavant un véritable défi. Les élèves de Basse-Goulaine ont présenté quatre chorégraphies, puis nous avons lancé un break beat de vingt minutes où chaque danseur de Saint-Herblain
et de Basse-Goulaine a pu venir sur scène avec son propre style. Projet
sans lendemain ? Mais cette expérience risque fort de n’être pas renouvelable, malgré tout ce qu’elle aura pu apporter aux élèves, à l’institution et aux enseignants impliqués. En effet, la non reconduction des crédits pour les classes à Pac en collège et lycée vient d’être annoncée. Les dispositifs restant ne seront plus dotés de financements autonomes, et le budget des établissements ne dispose ni des moyens ni de la souplesse indispensable à ces activités. Adeline GASNAULT
Sgen Nantes
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