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Fédération
des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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L’école, parce qu’elle forme de futurs citoyens, devrait être à la pointe de ce combat : apprendre à vivre ensemble dans le respect mutuel. Mais qu’en est-il réellement aujourd’hui ? L’école est plus normative que jamais. Le collège continue de fonctionner comme une machine à exclure. Il ne suffit pas de pouvoir y accéder pour y être intégré. Le système a une forte tendance à rejeter ceux qui vivent dans une famille n’en maîtrisant pas les codes ou qui connaissent des difficultés les empêchant de se les approprier. Mais il connaît des résistances encore plus fortes à intégrer les enfants qui ne sont pas comme les autres du fait de leur handicap. Où est donc cette école ouverte à tous et offrant à chacun une vraie chance de réussir qu’on serait en droit d’attendre d’un état démocratique ? Les UPI Dans le premier degré, des classes d’intégration scolaires (Clis) existent depuis 1991. Pour assurer la continuité des parcours des enfants du primaire vers le secondaire, les premières unités pédagogiques d’intégration (UPI) ont été créées au milieu des
années 90 dans certains
collèges. Leur existence a été entérinée, officialisée et précisée par une circulaire de 1995. Il devenait urgent d’en augmenter le nombre. Le ministère a profité de l’année
européenne du handicap en 2003 pour annoncer la création de mille UPI, structures collectives destinées à accueillir, au sein des établissements du second degré, des adolescents de 11 à 16 ans porteurs de handicap. Ils font partie d’un regroupement de dix élèves au maximum dont s’occupe un maître spécialisé. L’organisation est modulable, adaptable : certains temps sont réservés au travail avec les dix élèves (enseignements spécialisés par exemple) d’autres aux cours disciplinaires au sein des classes ordinaires. Ce fonctionnement varie d’une UPI à l’autre. L’encadrement, outre les professeurs de l’établissement, est, en principe, assuré par un maître spécialisé auquel peut être adjoint parfois un aide-
éducateur ou un auxiliaire de vie scolaire (jusqu’à présent un emploi jeune souvent
embauché par une association et chargé d’aider à la scolarisation des enfants porteurs de handicap). D’autres acteurs du système éducatif peuvent bien sûr intervenir, selon leur implication dans ce travail d’équipe et selon leur disponibilité (médecin et infirmière scolaire...). Pas de carte scolaire Ce serait une profonde erreur de penser que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et que la logique de l’intégration est en marche. Les inégalités sont encore très criantes. Pascal Sillou, professeur d’économie à Drancy, militant de l’Associa-tion pour l’intégration scolaire des enfants trisomiques et handicapés mentaux constate par exemple que, pour le handicap mental, la prise en charge est difficile dès la maternelle. En collège, on ne tient pas compte des besoins de la population. Implanter des structures en fonction de ces besoins, dans une logique de carte scolaire n’est toujours pas acquis. Pour les UPI de type 1, la situation est très contrastée. En Seine-Saint-Denis, il y a quatre secteurs : l’un comprend six UPI ; c’est le secteur le mieux desservi de France, mais c’est loin d’être le cas des trois secteurs voisins. Cette inégalité géographique crée beaucoup de dificultés aux familles. L’asso- ciation a récemmenti reçu l’appel de quelqu’un travaillant dans l’Est de la France et qui doit muter en région parisienne. Il cherchait à savoir où il devait habiter pour que sa fille qui sort de Clis puisse poursuivre sa scolarité ! Pour le Sgen-CFDT, une société démocratique ne doit pas laisser perdurer de telles inégalités dans l’accès à l’école.
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