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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Accueil >>Métiers >>L’avenir des structures scolaires

25 septembre 2003

Le ministère vient de faire parvenir aux syndicats un document sur les réseaux d’école présenté comme un texte d’orientation. Il devrait faire l’objet d’une réunion, le jeudi 2 octobre, pour une mise en application à la rentrée 2004. Le ministère présente cette réunion comme "conclusive", mais les responsables syndicaux (SNUIPP, SE, SGEN) demandent un approfondissement des discussions et un nouveau calendrier.

Le texte comprend deux grandes parties et des fiches techniques.

Les propostions ministérielles

-  1. Les raisons de la mise en réseau

  • Des raisons pédagogiques : faciliter le travail en équipe ; créer des liaisons solides entre les cycles, entre les écoles et les collèges  ; s’appuyer sur un effectif suffisant d’élèves et de maîtres.
  • Des raisons matérielles : doter les écoles de moyens plus importants et plus modernes ; mutualiser les moyens.
  • Des raisons administratives : simplifier la tâche de direction en supprimant les redondances ; mutualisation des équipements et investissements pour les communes.

-  2. Des propositions

  • Définir une politique académique forte, relayée au niveau départemental
    L’outil serait l’établissement par chaque IA d’un schéma territorial à l’échelle la plus adaptée (secteurs de collège, de pays, de quartier urbain...). Ce document se livre à une analyse des données démographiques, économiques, sociales ; présente des orientations  ; des objectifs ; favorise un travail pluriannuel. Ce schéma, soumis à l’avis du CDEN, peut donner lieu à une convention de partenariat entre les services de l’État et les élus territoriaux.
  • Créer des réseaux d’écoles
    • entre 10 et 30 classes selon le contexte,
    • pas de modification des compétences respectives de l’État et des communes,
    • incitation aux élus à créer des EPCI (coopération intercommunale) ou à transferer les compétences scolaires à un EPCI existant,
    • créer un conseil de réseaux (à l’image des conseils d’écoles),
    • nommer un coordonnateur, parmi les directeurs, avec un temps de décharge, une lettre de mission, et une aide administrative fournie par l’EPCI.
  • Rénover la caisse des écoles Instrument utile, en particulier là où le réseau ne pourrait s’appuyer sur un EPCI.

-  3. Les annexes

  • La composition du Conseil de réseau : en plus de l’IEN et du coordonnateur le conseil comprend au minimum le directeur et un représentant du conseil des maîtres de chaque école ; un représentant des parents d’élèves de chaque école ; le DDEN ; le maire de chaque commune. Les écoles de plus de 5 classes ont 1 représentant enseignant et parent supplémentaire.
  • Les missions des directeurs et coordonnateurs
    Aucune mission supprimée pour le directeur ; quelques tâches administratives allégées. Le coordonnateur anime le réseau, coordonne les actions pédagogiques et la gestion des intervenants ; représente les écoles à l’extérieur ; peut aider les directeurs dans leurs missions.

L’avis du Sgen-CFDT

Par rapport à sa version d’avril 2003, le projet du ministère est moins alambiqué, plus lisible. mais les données essentielles sont identiques.
Le Sgen-CFDT a déjà souligné son intérêt pour l’établissement d’un schéma territorial et, évidemment, pour une mise en réseau des écoles actuelles qui est un préalable indispensable à toute évolution ambitieuse du fonctionnement des écoles.
L’approbation du Sgen-CFDT toutefois n’ira guère au delà en raison des flous, des manques, des dérives possibles.
-  Des flous sur les structures réelles proposées, sur les missions des uns et des autres, sur une formation initiale peu fiable pour les coordonnateurs.
-  Des manques sur la quotité de décharge, sur la prise en compte des frais de déplacements supplémentaires.
-  Des dérives possibles dans la gestion des crédits d’État par les élus locaux.

Même si ces doutes étaient levés, le cadre proposé ne pourrait être accepté par le Sgen-CFDT. Hormis quelques similitudes dans les prémices nous ne trouvons pas grand chose des données essentielles qui forment l’ossature de notre projet GEP (groupement d’écoles primaires). Le gain en efficacité de gestion est douteux, la participation démocratique des acteurs de l’école n’est pas améliorée, l’école est toujours gérée hors ses murs.Ce projet superpose deux structures : la structure ancienne, archaïque, des écoles et une nouvelle qui se dit plus moderne, se prévalant de deux images mentales  : celle des réseaux d’écoles rurales et celle de la caisse des écoles de Paris.
Le résultat est une structure inutilement compliquée, coûteuse en frais supplémentaire dont le bénéfice est loin d’être évident. On cherche en vain où se situe l’amélioration aux difficultés de la direction et des directeurs.
Le manque de courage politique dans la conception de l’évolution structurelle de l’école primaire aboutit à cette proposition bâtarde qui évoluera, selon l’implication des différentes instances et acteurs entre l’insignifiance et le village Potemkine*.

(*) Les villages Potemkine désignaient ces opérations qui masquaient, pour la satisfaction du Tsar, la misère et le délabrement de la Russie rurale, par des aménagements coquets des seules façades.



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