Le ministère de l’Éducation nationale vient de communiquer un projet modifiant la formation spécialisée et remplaçant le
CAPSAIS par le CAPEBEP(certificat d’aptitude professionnelle pour l’enseignement des élèves présentant des besoins éducatifs
particuliers) ; une certification complémentaire serait proposée aux enseignants du second degré.
Le Sgen-CFDT a été reçu au ministère de l’Éducation nationale le 17 septembre et a exprimé une vive inquiétude concernant
ce projet.
— Pour le Sgen-CFDT, le champ de l’adaptation et de l’intégration scolaire (AIS) doit constituer une réelle priorité de l’action
ministérielle.
Les services du ministère font le constat qu’un nombre très important de postes spécialisés dans le premier degré est confié
à des débutants. Cette situation perdure malgré nos interventions répétées. Il faut donc sortir de mesures ponctuelles et
envisager une politique ambitieuse pour l’AIS.
Cette politique se fonde sur le refus des filières d’exclusion et le droit d’une École ouverte à tous. Les besoins de prise en
charge vont croissants et les équipes éducatives sont souvent désemparées pour y faire face.
L’AIS ne dispose pas des moyens suffisants pour cette ambition : de trop nombreux postes confiés à des non spécialisés ou
gelés par l’administration faute des personnels formés.
Le Sgen-CFDT revendique une politique ambitieuse pour tous : des créations de postes spécialisés et d’aide à l’intégration,
une formation renforcée et conçue comme une formation d’adultes, la prise en compte du temps nécessaire au suivi des
élèves, des crédits suffisants.
Le Sgen-CFDT dénonce l’utilisation faite, dans certaines académies, de postes spécialisés, détournés au profit de l’opération
« dédoublement des classes de CP ».
— Compte tenu de ces exigences, le projet ministériel reste très en deçà, ne parlant que de rénovation de la formation.
Dans le champ même de la formation, le projet n’aborde pas des questions importantes :
- -aujourd’hui, les dispositifs de formation initiale prennent mal en compte la spécificité AIS. Pourtant, dans le premier
comme dans le second degré, ce sont tous les futurs enseignants et CPE qui devraient être réellement formés à la
prise en charge de ces publics.
- -la spécialisation permettant la prise en charge des élèves relevant de l’AIS ne doit pas se confondre avec les
questions de la gestion de l’hétérogénéité ou de la remédiation à l’échec scolaire. Il ne saurait être question de
transférer aux personnels spécialisés une responsabilité qui relève davantage de la politique éducative générale.
Pour le Sgen-CFDT, la précipitation ministérielle sur cette question n’est pas une bonne chose. Le débat national qui va
s’ouvrir doit permettre de poser clairement la situation de l’AIS et de son articulation avec les missions assignées à l’École.
En cherchant à escamoter le débat et ses possibles conclusions, le ministère se lance dans une opération qui, tournant le dos
à une ambition pour l’AIS, se réduit à une formation à moindre coût.