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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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19 décembre 2002

Encore un colloque ? Encore se réunir, écouter, parler, échanger ? Encore réfléchir, analyser, proposer ? Certains se seraient découragés. Les adhérents et sympathisants du Sgen-CFDT ne sont pas de ceux-là. Ils ont répondu « présent », nombreux et actifs, à l’appel.

Réunir à Paris 350 personnes venues de toute la France pour réfléchir et débattre d’un sujet pouvant paraître austère, en tout cas fort peu médiatique par les temps qui courent, n’allait pas de soi.

Présence massive

Proposer à des acteurs de la communauté éducative, souvent très impliqués dans leur vie professionnelle, de mettre entre parenthèses, deux jours durant, leurs préoccupations quotidiennes et leur activité pour confronter leurs convictions et chercher des réponses à leurs interrogations n’est jamais gagné d’avance.

Suspendre, dans cette période d’intense activité syndicale, le temps de l’action pour se poser, faire le point, s’approprier de nouveaux savoirs, constituait un pari. Ce pari a été gagné. Le nombre de participants, l’assiduité aux séances plénières comme aux tables rondes et aux ateliers qui se sont enchaînés sans discontinuer durant ces deux journées suffisent à dire l’intérêt porté aux questions abordées. L’aspiration à débattre, le nombre de questions qui n’auront pu être posées faute de temps, auront montré, mieux que tout discours, à quel point ces rencontres ont été stimulantes. Les intervenants, nombreux, ont fait part de leurs travaux mais aussi de leurs réflexions plus personnelles, voire militantes. La présence, enfin, d’un nombre inhabituel de journalistes nous a prouvé combien ce sujet leur semblait digne d’attention, même si le débat public sur l’École, dont le Sgen-CFDT ne cesse de dire l’urgence, continue de se faire attendre.

Réflexion approfondie

Le colloque est un exercice difficile dont on peut ressortir frustré si le sentiment s’installe que les questions sont survolées et les discussions trop décousues. De celui-ci, les participants sont ressortis encouragés à poursuivre les recherches, les expérimentations et les luttes, certains qu’un tel sujet exige de « remettre cent fois son ouvrage sur le métier ». Ce ne sont pas des réponses définitives ni des discours dogmatiques que les participants étaient venus chercher mais bien des idées, des données crédibles, des analyses qui aident à comprendre le réel.

Évolutions attendues

En assurant le succès de ce colloque, les participants ont manifestement tenu, dans une période qui n’y est guère favorable, à faire savoir qu’enseigner aujourd’hui ne va pas de soi. Alors que des groupes de pression exercent un lobbying contre les pédagogues et les réformateurs et que l’actuel ministère semble y être plus que sensible, il était important de montrer que les personnels de l’Éducation nationale aspirent à une évolution profonde du système de formation, une évaluation ouverte aux pratiques innovantes, une réforme profonde des contenus, des programmes, le droit à l’expérimentation.

Optimisme résolu

Ce dossier ne peut évidemment donner qu’un aperçu de ces deux journées de travail. S’il contribue à convaincre qu’on défend mieux le service public, les conditions de travail des personnels et l’intérêt des élèves en s’intéressant sans relâche aux pratiques mises en œuvre dans l’École qu’en tenant des discours catastrophistes sur elle, s’il permet d’ouvrir de nouvelles perspectives à celles et ceux qui sont en quête d’idées nouvelles, il aura atteint son but.



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