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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


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26 janvier 2004

n°484

Un rapport signé Elie Cohen et Philippe Aghion (cf. Le Monde du 20/01/04) dresse le tableau affligeant de la situation actuelle des financements de l’université et de la recherche en France. Rarement un rappel des faits aura été plus clair : il confirme les avis de l’OCDE qui dénonçait récemment la faible part du PIB attribuée par les pays européens à leur système éducatif et les dangers que cela représente pour l’avenir.

Dans ce domaine, la France a le triste privilège de figurer parmi les plus mauvais élèves et le rapport « Education et croissance » du Conseil d’analyse économique confirme ce constat en rappelant que, faute d’un effort significatif, l’avenir sera définitivement compromis. Le récent classement mondial réalisé par l’université de Shanghai [http://ed.sjtu.edu.cn/ranking.htm] apporte sa contribution accablante : la première université (Paris VI) occupe le 65ème rang mondial, le 16ème rang européen !

Voilà qui justifiera sans doute quelques nouvelles semonces de la part d’un ministre qui manque rarement d’en appeler aux nécessaires « efforts » attendus de tout un chacun dans le cadre d’une restructuration « stimulante » de notre université que le Premier ministre se fait fort d’imposer d’ici quelques temps (cf. p. 3 de ce Campus).

Tout ceci appelle quelques remarques.

D’abord, que notre vigilance doit rester entière par rapport à la révision de la loi de 84 par une loi qu’on nous couve discrètement et qui sera autoritairement imposée après les élections.

Ensuite, que les termes mêmes du débat ainsi posé sont inacceptables. L’excellence de l’université française ne saurait être mesurée à la seule aura de la concurrence mondiale dans le domaine de la recherche. Le classement de Shanghai ignore l’enseignement et l’insertion professionnelle qui constituent une part essentielle de nos activités. Du même coup, les financements sont nécessaires, non seulement dans le domaine strictement scientifique, mais aussi pour l’ensemble des missions que l’enseignement supérieur remplit en France et plus largement au sein de la communauté européenne.

Dans l’invraisemblable cacophonie libérale imposée par le gouvernement actuel, il importe de le rappeler : éducation, recherche et devenir social doivent participer d’un même projet démocratique.

Le secrétariat, le 26 janvier 2004



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