logo retour accueil

Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


|

Accueil >>Actualité >>CSE

12 décembre 2003

Le Sgen-CFDT tient d’abord à exprimer son étonnement sur la précipitation et la confusion dans laquelle ces projets nous sont présentés. En effet, si la question de la rénovation de la formation AIS a été posée dans le premier degré depuis un certain temps déjà, ce n’est que fort récemment que le ministère a manifesté son intention d’aborder la question pour le second degré aussi et de la conclure très - trop rapidement par la création d’une nouvelle formation et d’une nouvelle certification, dont on ne voit ni l’objet ni l’usage.

-  Les projets de décrets et d’arrêtés pré-sentés ce jour au CSE ne portent que sur la formation et la certification et ne di-sent rien sur les conditions de mise en œuvre de l’intégration scolaire. C’est pour nous, une grave lacune qui démontre l’absence de réelle priorité en ce domaine.

-  À ce jour, le travail sur les cahiers des charges et les référentiels de compétence est loin d’être mené à terme. Nous devrions donc nous prononcer sur la création de nouveaux dispositifs de formation... sans en connaître les contenus !

Le Sgen-CFDT a dénoncé depuis longtemps les dysfonctionnements dont souffre l’AIS dans le premier degré : nombreux postes spécialisés confiés à des débutants, postes en nombre insuffisant par rapport à des besoins croissants, formation continue souvent inexistante, lacunes sur la formations des formateurs, frais de stage et de déplacement des personnels itinérants non remboursés, manque de temps pour le suivi des élèves et la concertation, le travail en équipes , et plus récemment détournement dans certaines académies de postes spécialisés au profit de l’opération « dédoublement des classes de CP. »

La réponse à tous ces dysfonctionnements ? Une sévère diminution du volume horaire de formation qui passe de 650 heures à 400 seulement. Peut-on vraiment espérer former mieux en moins de temps ? Sans doute était-il nécessaire de repenser la formation de manière à en faire une véritable formation d’adultes et plus professionnalisante. Les textes présentés réduisent la formation et n’apportent aucune réponse aux problèmes posés par l’alternance en terme de conditions de suivi et de remplacement. De manière générale, qu’il s’agisse du premier ou du second degré, les moyens consacrés à la formation continue ne permettent pas d’envisager l’avenir de manière sereine surtout quand les conditions de remplacement se dégradent encore et de manière non négligeable en cette année scolaire.

Pour ce qui concerne le second degré, la montée en puissance - que le Sgen-CFDT appelle de ses vœux - de l’intégration individuelle des jeunes porteurs de handicap en milieu ordinaire, l’augmentation du nombre des UPI et la nécessité d’une meilleure continuité des parcours de ces adolescents, nécessite bien évidemment l’existence d’un solide dispositif de formation.

Pour autant, que peut-on espérer de ce dispositif s’il n’est assorti d’aucune mesure incitative en terme de conditions d’exercice (décharge horaire par exemple) ? Les personnels devront faire preuve d’une bonne dose d’abnégation pour s’y engager. Ils devront en effet affronter de nombreuses difficultés pour partir en formation. Ils devront ensuite réussir à acquérir les compétences nécessaires pour répondre aux besoins éducatifs particuliers de leurs futures élèves ; cela leur sera-t-il possible en 150 heures seulement ? Le Sgen-CFDT n’est pas convaincu du tout par les arguments de la Desco pour justifier la différence de volume horaire de formation entre le premier et le second degré. Certes, les apprentissages fondamentaux et la polyvalence relèvent du primaire. Mais l’apprentissage de l’autonomie dans le secondaire est capital pour réussir la poursuite d’études et l’intégration ultérieure dans le monde professionnel. En outre, ces fonctions nécessitent plus encore que dans l’enseignement classique un travail partenarial auxquels la majorité des enseignants du second degré ne sont pas suffisamment préparés. Un volume horaire conséquent est donc indispensable pour préparer correctement les enseignants.

Ils devront enfin parfois assumer la conduite de classes particulières comme une UPI ou une Segpa sans qu’aucun temps de concertation n’ait été prévu dans leur service pour leur permettre d’assurer les partenariats internes et externes à l’établissement nécessaires à l’exercice de leur fonction.

Bref, il n’y a pas eu de réflexion suffisante sur la place que devrait occuper l’enseignement spécialisé dans le second degré et sur les projets pédagogiques à mettre en œuvre.
Ce dispositif risque donc de se réduire à une coquille vide sans efficacité concrète. Des enseignants exercent déjà face à des élèves à besoin éducatif particulier parfois sans aucune formation. Il aurait été normal qu’une affectation de ce type soit systématiquement assortie d’une formation. Aujourd’hui, le Sgen-CFDT constate que les compétences acquises par ces personnels ne sont pas prises en compte pour la délivrance de ces certifications et il le déplore.

Pour conclure, le Sgen-CFDT juge le projet ministériel très en deçà des enjeux de l’intégration en s’en tenant uni-quement à une rénovation de la formation et dans le champ même de la for-mation, il escamote des questions importantes.

Enfin, la spécialisation permettant la prise en charge des élèves relevant de l’AIS ne doit pas se confondre avec les problèmes soulevés par la gestion de l’hétérogénéité ou par l’échec scolaire. il ne saurait être question de transférer aux personnels spécialisés une responsabilité qui relève de la politique éducative générale.



Imprimer

thèmes abordés


Dans la même rubrique

[ Les autres ]