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Le Sgen-CFDT tient d’abord à exprimer son étonnement sur la précipitation et la confusion dans laquelle ces projets nous sont présentés. En effet, si la question de la rénovation de la formation AIS a été posée dans le premier degré depuis un certain temps déjà, ce n’est que fort récemment que le ministère a manifesté son intention d’aborder la question pour le second degré aussi et de la conclure très - trop rapidement par la création d’une nouvelle formation et d’une nouvelle certification, dont on ne voit ni l’objet ni l’usage. Le Sgen-CFDT a dénoncé depuis longtemps les dysfonctionnements dont souffre l’AIS dans le premier degré : nombreux postes spécialisés confiés à des débutants, postes en nombre insuffisant par rapport à des besoins croissants, formation continue souvent inexistante, lacunes sur la formations des formateurs, frais de stage et de déplacement des personnels itinérants non remboursés, manque de temps pour le suivi des élèves et la concertation, le travail en équipes , et plus récemment détournement dans certaines académies de postes spécialisés au profit de l’opération « dédoublement des classes de CP. » La réponse à tous ces dysfonctionnements ? Une sévère diminution du volume horaire de formation qui passe de 650 heures à 400 seulement. Peut-on vraiment espérer former mieux en moins
de temps ? Sans doute était-il nécessaire
de repenser la formation de manière à en faire une véritable formation d’adultes et plus professionnalisante. Les textes présentés réduisent la formation et n’apportent aucune réponse aux problèmes posés par l’alternance en terme de conditions de suivi et de remplacement. De manière générale, qu’il s’agisse du premier ou du second degré, les moyens consacrés à la formation continue ne permettent pas d’envisager l’avenir de manière sereine surtout quand les conditions de remplacement se dégradent encore et de manière non négligeable en cette année scolaire. Pour ce qui concerne le second degré, la montée en puissance - que le Sgen-CFDT appelle de ses vœux - de l’intégration individuelle des jeunes porteurs de handicap en milieu ordinaire, l’augmentation du nombre des UPI et la nécessité d’une meilleure continuité des parcours de ces adolescents, nécessite bien évidemment l’existence d’un solide dispositif de formation. Pour autant, que peut-on espérer de ce dispositif s’il n’est assorti d’aucune mesure incitative en terme de conditions d’exercice (décharge horaire par exemple) ? Les personnels devront faire preuve d’une bonne dose d’abnégation pour s’y engager. Ils devront en effet affronter de nombreuses difficultés pour partir en formation.
Ils devront ensuite réussir à acquérir les compétences nécessaires pour répondre aux besoins éducatifs particuliers de leurs futures élèves ; cela leur sera-t-il possible en 150 heures seulement ? Le Sgen-CFDT n’est pas convaincu du tout par les arguments de la Desco pour justifier la différence de volume horaire de formation entre le premier et le second degré. Certes, les apprentissages fondamentaux et la polyvalence relèvent du primaire. Mais l’apprentissage de l’autonomie dans le secondaire est capital pour réussir la poursuite d’études et l’intégration ultérieure dans le monde professionnel. En outre, ces fonctions nécessitent plus encore que dans l’enseignement classique un travail partenarial auxquels la majorité des enseignants du second degré ne sont pas suffisamment préparés. Un volume horaire conséquent est donc indispensable pour préparer correctement les enseignants. Ils devront enfin parfois assumer la conduite de classes particulières comme une UPI ou une Segpa sans qu’aucun temps de concertation n’ait été prévu dans leur service pour leur permettre d’assurer les partenariats internes et externes à l’établissement nécessaires à l’exercice de leur fonction. Bref, il n’y a pas eu de réflexion suffisante sur la place que devrait occuper l’enseignement spécialisé dans le second degré et sur les projets pédagogiques à mettre en œuvre.
Pour conclure, le Sgen-CFDT juge le projet ministériel très en deçà des enjeux de l’intégration en s’en tenant uni-quement à une rénovation de la formation et dans le champ même de la for-mation, il escamote des questions importantes. Enfin, la spécialisation permettant la prise en charge des élèves relevant de l’AIS ne doit pas se confondre avec les problèmes soulevés par la gestion de l’hétérogénéité ou par l’échec scolaire. il ne saurait être question de transférer aux personnels spécialisés une responsabilité qui relève de la politique éducative générale.
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