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20 décembre 2002

Une question cruciale dans le second degré à l’heure des itinéraires de découverte et des travaux personnels encadrés...vue par Jean-Michel Zakhartchouk, enseignant et membre des CRAP-Cahiers pédagogiques.

Les pratiques interdisciplinaires existent depuis de nombreuses années mais leur développement et leur institutionnalisation sont récents. L’interdisciplinarité est une démarche à la fois motivante et exigeante : en quoi peut-elle influer sur les pratiques et sur le métier d’enseignant ? Jean Michel Zakhartchouk, enseignant en collège, chercheur et formateur en IUFM, propose d’organiser la réflexion sur quatre thèmes : plaisir d’enseigner, professionnalisme, écueils et risques, puis exemple des itinéraires de découverte.

Plaisir et travail

Les pratiques interdisciplinaires sont sources de plaisir pour les enseignants : inventer des choses nouvelles qui vont casser la routine, travailler autrement avec les élèves, explorer de nouvelles voies (techniques documentaires, prise de parole), découvrir les élèves sous d’autres aspects. Elles exigent un réel professionnalisme : il faut être capable d’organiser - les groupes d’élèves, mais aussi le temps - et de gérer l’écart entre le travail prescrit et le travail réel. La démarche doit être centrée sur les élèves, avec des objectifs clairs, adaptés aux spécificités des différentes structures (collège ou lycée) et le souci de n’exclure personne. Au collège, les itinéraires de découverte que l’intervenant souhaiterait voir généraliser, apparaissent comme des tremplins pour de nouvelles formes de pédagogie. Il faut, par exemple, favoriser la possibilité d’intervenir à deux - « c’est déjà travailler autrement » - et faciliter l’accompagnement et la mise en place du dispositif. De nombreux témoignages vont suivre cet exposé. Oui, les pratiques interdisciplinaires permettent de retrouver le plaisir d’enseigner parce qu’elles induisent un autre rapport au savoir, aux élèves et aux collègues.

Le plaisir ne vaut que s’il est partagé par tous

Mais le plaisir des professeurs n’est pas toujours celui des élèves. Il faut savoir les impliquer et admettre qu’ils soient parfois réticents « parce qu’aussi bousculés que nous ». Oui, l’interdisciplinarité est exigeante et difficile car elle bouscule les habitudes ; il va falloir convaincre qu’elle ne se fait pas contre la discipline mais, qu’au contraire, elle influe sur les pratiques disciplinaires. Difficile également de concilier cadrage national et autonomie : les dispositifs ne sont pas là pour « tuer » les initiatives locales mais pour permettre à tous les enseignants de « se lancer ». Oui, on doit s’interroger sur l’évaluation de ces pratiques en restant conscient qu’il ne faut pas tout leur demander, a fortiori pas plus qu’au reste des matières.

Des dispositifs diversement appréciés

L’appréciation de la mise en place des dispositifs varie selon les structures. Les PPCP (projets pluridisciplinaires à caractère professionnel) semblent plus mal vécus que les itinéraires de découverte (collège) ou les travaux personnels encadrés (lycées). Dans l’enseignement agricole public, c’est depuis 1984 qu’on met en œuvre interdisciplinarité et enseignement modulaire.

Pour que les pratiques interdisciplinaires se développent et tiennent toutes leurs promesses, il faudra du temps pour mobiliser peu à peu les collègues mais aussi des moyens (formation des équipes, moyens documentaires et moyens financiers) et c’est ce que continuera à revendiquer le Sgen-CFDT pour contribuer à faire évoluer le métier d’enseignant.



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