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Fédération
des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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L’expression des jeunes concerne tous les niveaux scolaires et, pour la plupart des participants, il faut donner et apprendre la parole aux enfants dès le plus jeune âge. Les expériences ne manquent d’ailleurs pas, dans les écoles coopératives ou dans cette école d’Isère qui réunit tous les quinze jours un conseil d’école des enfants. Mais c’est encore trop partiel pour être significatif. Du fait de la présence d’un syndicat lycéen, l’Union nationale lycéenne (UNL), l’atelier a surtout traité du lycée. Les difficultés ne manquent pas qui contrarient la prise de parole des jeunes. Difficultés d’emploi du temps pour les élèves de l’enseignement technologique. Complexité de la situation du délégué au conseil de classe qui doit s’exprimer devant ses propres juges. Inégalité entre le temps des enseignants, installés dans l’établissement, et celui des jeunes, qui ont tout à découvrir et ne font finalement que passer... Des questions fondamentales De fait l’institution demande aux jeunes de se taire et leur parole perturbe, fait « du bruit », mais comme le rappelle un intervenant : « dans la ruche, les abeilles travaillent-elles en silence ? ».
La démocratie lycéenne n’est-elle qu’un simple exutoire qui canaliserait la rébellion en dehors de la classe ? « Les devoirs des élèves portent sur l’ensemble de leur vie au lycée, leurs droits ne concernent que le périphérique, le non valorisé » dit Bernard Defrance. Or c’est bien dans la classe que se passe l’essentiel. L’expression des jeunes doit y être possible sur les finalités et les modalités de l’enseignement. Pour cela il faut lever ce qu’un représentant de l’OCCE désigne comme le principal obstacle : la peur, celle des élèves et celle des enseignants. Peur de la remise en cause, peur de partager ce pouvoir qu’est la parole ?
La piste la plus prometteuse est peut-être celle qui consiste à clarifier les rôles et attentes de chacun, à mieux distinguer, dans le travail, le temps du débat et celui de la production. C’est le sens d’un propos d’élève d’une classe coopérative s’adressant à un autre : « si t’es pas content, tu le diras au conseil... ». Il semble tout aussi nécessaire de ne pas conditionner le droit d’expression des jeunes à un niveau d’exigence démesuré. Un collègue évoque le souvenir « d’un foyer fermé parce que retrouvé dans un état déplorable. S’il fallait fermer les salles des profs chaque fois qu’on les retrouve dans une telle situation »... Beaucoup reste à faire et c’est Émile Thomassot, de l’UNL, qui conclut de façon pratique et syndicale : « Vous êtes convaincus, alors si des jeunes ont du mal à faire respecter leurs droits, donnez leur notre adresse, on les aidera ! ».
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