logo retour accueil

Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


|

Accueil >>Métiers >>Enseignements artistiques : pour qu’ils vivent à l’École

19 mai 2004

Hervé Leblic est professeur d’arts plastiques, depuis 1975, dans une cité scolaire, à Bar le Duc, dans la Meuse.

Ancien militant à l’association des professeurs d’arts plastiques, formateur académique, animateur pendant huit ans au centre départemental de documentation pédagogique, bénévole à l’action culturelle du barrois et aussi militant au Sgen-CFDT : ces engagements multiples et complémentaires sont liés à sa passion pour l’enseignement des arts plastiques.
Volonté d’ouvrir l’école sur son environnement culturel dans un esprit de respect mutuel et de complémentarité des structures. Volonté également de travailler sur le terrain dans la durée sans céder au découragement face aux obstacles rencontrés.
Militant culturel et « accroc » de la pédagogie, sans perdre de vue l’aspect éducatif et social du métier, il a essayé de coller au terrain en mettant au centre l’élève et les arts plastiques, discipline méconnue en 1975 et souvent non reconnue à sa juste place encore aujourd’hui.

-  Quels obstacles as-tu rencontrés ? Et quels soutiens ?

J’ai à plusieurs reprises connu l’incompréhension de certaines équipes administratives, la lourdeur de l’Éducation nationale, le décalage avec certains collègues des matières non artistiques. Mais j’ai aussi connu le soutien constant de l’Inspection d’arts plastiques, la richesse du travail en équipe, les retours positifs d’anciens élèves , la dynamique partagée avec les responsables des structures culturelles et les élus de Bar-le-Duc.

-  Comment a commencé le partenariat avec la ville de Bar-le-Duc ?

Mairie longtemps PS-union de la Gauche, très active dans le domaine culturel, grâce à son adjointe à la Culture Noëlle Mangin, en étroite relation avec Claude Rosenkrantz (action culturelle au rectorat de Nancy-Metz), elle donnera le jour à la première convention culture-éducation de France, signée conjointement par le maire , le préfet de région et le recteur de l’académie en 1990.
Pendant de nombreuses années, à partir de 1971, Bar-le-Duc sera un terrain privilégié pour l’expérimentation en croisant les secteurs de la Culture et de l’Éducation, de la maternelle à l’IUFM et en s’attaquant à tous les langages artistiques (arts plastiques, musiques, danse, théâtre, écriture,..).
La nouvelle majorité municipale poursuivra cette dynamique en lançant le premier plan local d’éducation artistique de France. Cette synergie a dopé mon action dans le domaine des arts plastiques car elle a favorisé le montage de projets tant pédagogiques qu’artistiques (notamment par le biais des options et des ateliers arts plastiques, en collège comme en lycée).

-  Peux-tu nous décrire les actions réalisées dans le cadre de ce partenariat ?

En septembre 1975, je suis nommé dans une cité scolaire (premier poste), en compagnie d’une collègue, Huguette Fauser, avec qui j’avais milité pendant ma période de formation.
Alors, les arts plastiques se réduisaient à l’ancien cours de dessin. D’où un gros travail à deux pour dépoussiérer les esprits, faire connaître cette nouvelle matière - les arts plastiques - et lui donner sa véritable place.

Ce ne fut pas toujours facile. Mais le travail en équipe permettra rapidement des avancées. Quelques exemples :

  • ouverture d’une section A7 en classe littéraire en septembre 1976 ;
  • dynamisation des options facultatives à travers des actions pédagogiques fortes qui permettront d’obtenir jusqu’en 2003 un horaire de 3 heures hebdomadaires par niveau (soit 3 x 3 heures = 9 heures ;
  • lancement dans le cadre de l’innovation déconcentrée soutenue par l’Inspection en septembre 1980 d’une expérimentation d’un horaire équivalent à celui des L en classes scientifiques ouverte à tous les élèves volontaires. Cette expérience prévue sur trois ans durera deux ans (en raison de l’opposition d’un IPR de sciences physiques) ; elle contribuera à la réussite de ces élèves, qui poursuivront, pour certains, dans cette voie. Un rapport sera envoyé à l’Inspecteur général de l’époque, rapport classé sans suite ;
  • ouverture des ateliers de pratique artistique arts plastiques au collège et au lycée ;
  • organisation de sorties et voyages pédagogiques ;
  • organisation de nombreuses expositions dans l’établissement en s’appuyant sur un lieu nommé Chapelle.

Ce lieu, par un projet d’action éducatif de type III (PAE d’amélioration du cadre scolaire financé de 1981 à 1983 par le rectorat) deviendra un lieu privilégié pour les actions de création des élèves du collège et du lycée. Ce qui permettra de mener de nombreux projets locaux avec les différentes structures culturelles de la ville (musée, médiathèque, école de musique) ainsi qu’avec l’action culturelle du Barrois (A-C-B), actuelle scène nationale et partenaire privilégié pour les actions d’ateliers. La Chapelle, pendant une dizaine d’année, sera le cœur d’actions culturelles fortes : par exemple, expositions d’élèves et accueil d’expositions d’artistes extérieurs dans le cadre du partenariat.

-  Où en es-tu actuellement ?

La dynamique de ce lieu est actuellement relancée par un groupe de réflexion Chapelle comprenant des représentants des personnels et des élèves. Il devra déboucher, après un bilan-état des lieux, sur des propositions : élaboration d’une charte d’utilisation du lieu et réflexion pour alimenter un projet d’action culturelle inséré à un vrai projet d’établissement des collèges et lycées, projet d’établissement qui n’existe pour ainsi dire pas à ce jour.

D’autres projets sont en réflexion comme la mise sur pied d’un espace de rencontre avec l’art contemporain (et le renforcement des liens avec le fonds régional d’art contemporain) ou encore le lancement d’actions fortes (semaines banalisées) dans le cadre des ateliers de pratiques artistiques intégrées au partenariat local, avec implication d’intervenants plastiques, chorégraphiques, musiciens, au collège comme au lycée, avec exposition à l’ACB ou dans la chapelle du lycée.


Propos recueillis par Isabelle Conversin


Imprimer

thèmes abordés


Dans la même rubrique

[ Les autres ]