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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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20 décembre 2002

Sans dissimuler les difficultés rencontrées, les participants au colloque rappellent leur attachement au principe de « communauté éducative » et leur volonté de le faire vivre au quotidien.

Maurice Charrier, maire de Vaulx-en-velin (www.mairie-vaulxenvelin.fr)

Dans notre ville, l’éducation représente presque 30 % du budget communal. Nos enfants n’ont pas la petite fortune de papa et de maman qui permet de financer le cours de tennis le soir, les cours de rattrapage... il nous faut tout faire. Comme on ne peut pas, un certain nombre de besoins sont loin d’être satisfaits. La disparition des aides-éducateurs va se traduire par un nouveau transfert de charges sur la commune ou la disparition des actions qu’ils ont permis de mettre en place et, dans ce cas, une perte des investissements qui ont été faits, par exemple pour le parc informatique jusque-là entretenu par des emplois jeunes. L’autre problème que l’on a est de savoir qui est le représentant de l’Éducation nationale dans le partenariat. Les directeurs d’école et les chefs d’établissement à qui nous avons le plus souvent à faire, même s’ils sont très mobilisés, très impliqués, ne sont pas en situation de pouvoir engager leur institution dans le contrat local de sécurité, le conseil communal de prévention de la délinquance ou d’autres structures et cela pose un problème.

Christian Janet président de la PEEP (www.peep.asso.fr)

Nous faisons des constats, comme le font les enseignants : problèmes de réussite, d’encadrement d’élèves de plus en plus difficiles, d’insertion et de chômage... Nous demandons s’il ne faudrait pas que l’École évolue, utilise d’autres modes d’enseignement, prépare à d’autres compétences. Se posent alors les questions de l’évaluation de ces nouvelles compétences, des modalités d’introduction dans le cursus, de leur place, des conséquences sur le service enseignant, les postes nécessaires. L’engagement pour des causes d’intérêt collectif, c’est quelque chose qui paye de moins en moins, qui coûte beaucoup même, et le manque de reconnaissance du rôle des parents rend bien difficile le recrutement de militants et de bénévoles.

Georges Dupon-Lahitte président de la FCPE (www.fcpe.asso.fr)

Il n’y a partenariat que parce qu’il y a un enfant à l’école et, en ce sens, l’enfant doit bien être au centre du système éducatif. Cette idée paraît en danger depuis qu’un ministre a découvert, après plus de dix ans de responsabilités, que la loi rappelle cette notion qui n’est pas, dit-il, sa tasse de thé. On ne peut réduire la participation des parents au rôle de portefeuille. Notre conception du partenariat, c’est d’agir pour que les moyens qui font défaut à l’École pour tel ou tel projet soient trouvés, de manière à ne placer personne dans la situation soit d’assisté, soit de devoir dire qu’il ne peut pas assumer telle ou telle dépense demandée par l’École. C’est dans ce sens que nous restons très attachés à la notion de gratuité.

Éric Favey secrétaire national de la Ligue de l’Enseignement (www.laligue.org)

Après avoir accompagné l’École comme institution de la République naissante, servi de fournisseur associé au système éducatif, puis sous-traitante de la puissance publique, la Ligue de l’enseignement entre dans une quatrième phase : celle de la fin de la division du travail éducatif et du début de la coopération entre tous ceux qui y contribuent. Chacun doit prendre sa part de la socialisation, de l’instruction, de l’éducation, de la formation. On ne sait pas bien comment s’y prendre, mais si chacun espère s’en sortir en essayant de s’enfermer dans son propre camp, ce sont les enfants et les jeunes qui vont trinquer. Il va donc bien falloir se mettre d’accord. Faire progresser l’École par le débat public, c’est réunir des enseignants, des parents, des élus locaux, des militants du mouvement associatif pour faire un état des lieux partagé de l’École, considérer les choses qui pourraient évoluer sans attendre qu’un ministre ponde une réforme supplémentaire. De temps en temps, il suffit simplement d’appliquer la loi, de la faire connaître.

Jacques Demeulier, secrétaire général des Ceméa (www.cemea.asso.fr)

Notre mission première est d’œuvrer à la formation et la qualification des personnels. Au départ, nous avons travaillé avec des jeunes, puis avec des travailleurs sociaux, des éducateurs spécialisés de la protection judiciaire de la jeunesse par exemple, ou avec des professionnels de ce qu’on appelait les asiles. Notre action s’étend maintenant à des expérimentations, l’implication dans des plans éducatifs locaux, l’accompagnement d’équipes. Nous avons aussi toute une activité éditoriale qui garantit à l’École qu’en ce domaine, il n’y a pas que la logique marchande mais aussi la possibilité d’une logique collective et associative.



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