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Fédération
des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Nous l’avons appris des autorités les plus haut placées : « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Nous le vérifions aussi trop souvent. L’année s’achève avec son (petit) lot de promesses auxquelles nous nous gardons d’atta-cher donc trop de « crédit » de la part d’un ministre si discret qu’on pourrait le croire déjà sur une plage. Peut-être prépare-t-il la rentrée : il faudra en effet plus qu’un certain talent pour présenter de façon convaincante un budget 2005 attendu comme devant témoigner d’un réel engagement aussi bien en matière de recherche que dans le domaine de la mise en œuvre du LMD ; il faudra des éléments bien concrets, quantitativement et qualitativement. L’année s’achève dans une ambiance morose : personne ne peut nier quelques gestes d’apaisement ... mais au prix de quelles tensions et selon des modalités bien décevantes. Le millier d’emplois accordés à la suite de la mobilisation considérable (le mot n’est pas trop fort et on se demande si le gouvernement a pris totalement conscience de cette réalité) autour de SLR, n’est sans doute pas négligeable. Il risque cependant de peser bien mal sur le devenir de notre recherche pour deux raisons : d’abord parce qu’il n’annonce aucune visée à long terme et qu’un plan pluri-annuel reste un impératif majeur pour sortir de la crise dans laquelle sombre la recherche française. Ensuite parce que les conditions d’attribution de ces postes viennent hélas confirmer l’inadéquation des orientations politiques actuelles avec les besoins réels. L’idéologie de l’excellence et du laissez-faire localiste produit une captation des ressources par les équipes déjà les mieux dotées qui n’auront eu à s’imposer que dans les rapports de force de leurs Landerneau respectifs. La faiblesse des moyens accordés aux jeunes chercheurs et aux équipes naissantes témoigne d’une stratégie qui conforte les inégalités (régionales, disciplinaires...) et ignore qu’il faut un vaste vivier d’intelligences et d’initiatives pour produire les plus hautes réussites. Une large majorité des universités sera engagée dans le LMD à la rentrée prochaine. Incontestablement, ce mouvement témoigne de la capacité du milieu à se mobiliser professionnellement, et la perspective de la constitution d’une Europe de l’enseignement supérieur et de la culture se concrétise. Mais à quel prix ! A ignorer superbement les attentes que nous ne cessons d’exprimer (tant pour ce qui concerne l’évolution du métier et la charge de travail des enseignants-chercheurs que pour ce qui est des modalités d’instruction des dossiers d’habilitation), le ministère se prépare une année difficile. On ne pourra pas indéfiniment compter sur l’apparente apathie du milieu pour continuer à godiller à vue : les chercheurs ont réouvert la voie et les personnels de l’enseignement supérieur pourraient bien montrer qu’ils peuvent pareillement inventer de nouvelles formes d’action. Inventer de nouvelles formes de travail syndical et d’action : c’est précisément ce que nous avons commencé à faire lors de notre dernière Assemblée Générale. Une AG qui a tourné une page de l’histoire du Sgen puisque nous en avons fini avec ce qui fut une « branche ». Il s’agit d’investir de nouveaux territoires, de se redéployer dans la nouvelle structuration votée par le congrès d’Illkirch. Le compte rendu de cette AG (qui n’a pas abouti à la désignation de nouveaux responsables) figure dans ce numéro : le constat critique de la situation que nous vivons actuellement n’est pas nouveau et il est nécessaire qu’il aille au plus loin. Pour autant, l’AG de Paris a permis de procéder à un autre constat qui annonce les termes de notre possible redémarrage : bien qu’elle se soit progressivement fondue dans le paysage et qu’elle relève désormais souvent de « l’informel », il existe toujours une présence du Sgen, un maillage auquel il s’agit surtout de proposer les formes pertinentes de mise en réseau. La transformation profonde de nos universités exige que nous inventions de nouvelles formes de coordination, de réflexion, de mobilisation... Un peu partout, par contacts directs, l’été sera l’occasion d’échanges entre ceux qui pensent que notre syndicalisme a toujours un rôle à jouer, mais selon une partition inédite : au bout de la plage nous devrons nous retrouver afin d’encourager ces nouvelles pousses. Olivier Adam, Christine Charreton, Michel Deyme, Jean-François Marchat (secrétaires fédéraux sortants), Jean-Philippe Cassar, François Grèzes-Rueff, Luis Gomez-Pescié
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