logo retour accueil

Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


|

Accueil >>Sgen-CFDT >>Propositions >>Le socle commun : une ambition pour la démocratie

12 décembre 2004


Claude Lelièvre, professeur d’histoire à Paris v, membre de la commission Thélot.

Tout commence par l’ordonnance Bertin du 6 janvier 1959 qui allonge la scolarité obligatoire de 2 ans pour les enfants ayant 6 ans au 1er janvier 1959. La scolarité portée à 16 ans n’est donc effective qu’en 1967.

On peut rappeler qu’antérieurement le plan Langevin- Wallon (1945-1946) définissait deux façons de concevoir la « démocratisation » de l’enseignement. L’une individuelle, où tout homme, tout enfant doit pouvoir arriver, s’il le mérite, au maximum. L’autre, beaucoup plus générale, qui conçoit l’élévation générale de la Nation quel que soit le travail ou la fonction qu’auront à exercer les individus.

Après guerre, dans un contexte de « guerre des cerveaux  », une politique volontariste avait permis le développement quantitatif de l’accès à l’enseignement supérieur. Le budget avait été multiplié par 4 en francs constants et le nombre d’étudiants par 2,5. Effort jamais reproduit depuis.

Les collèges d’enseignement secondaire (CES) avaient été créés en 1963 par la réforme Capelle-Fouchet. Conçus comme des gares de triage, ils rassemblaient toutes les filières dans un même établissement pour faciliter le repérage des bons élèves, auparavant éparpillés, en vue d’un recrutement élargi des élites. L’élitisme républicain s’imposait comme modèle pédagogique.

En 1974, Haby crée le collège unique. Son objectif est l’augmentation du niveau de connaissances et de culture de chaque jeune. Le système scolaire se trouve alors dans l’obligation d’assurer l’accès à un savoir minimal... dont les contours ne seront jamais définis.

Cette question du « savoir-plancher » se posera à plusieurs reprises par la suite et restera sans réponse :

  • à la demande de François Mitterrand, Pierre Bourdieu rend un rapport en février 1984. Ce rapport prônant la définition d’un minimum culturel commun restera sans suite ;
  • en décembre 1994, Luc Ferry, président du Conseil national des programmes (CNP), pense qu’il est nécessaire de réactiver l’idéal républicain d’un socle commun de connaissances et de compétences. François Bayrou, destinataire du rapport défendant cette idée, se contentera d’opérer un glissement sémantique en parlant du « collège pour chacun » et non plus du « collège pour tous » ;
  • en mai 1993, François Dubet souhaite que soient définies les compétences et les connaissances qui doivent composer le socle commun. Ségolène Royal invente le « collège pour tous et pour chacun » sans en préciser ni les contenus ni les modalités.



Imprimer

thèmes abordés


Dans la même rubrique

[ Les autres ]