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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Accueil >>Sgen-CFDT >>Propositions >>Le socle commun : une ambition pour la démocratie

12 décembre 2004

L’intitulé du colloque du Sgen-CFDT lève toute ambiguïté : il s’agit bien de définir les missions de l’École dans la perspective de davantage de démocratie.

Pourquoi un socle commun ? Telle est la question formulée d’emblée par Annette Bon, qui fut directrice adjointe de l’INRP. En termes incisifs, elle souligne la relation directe entre définition d’un socle commun et démocratisation de l’enseignement.

Cette relation sera mise en évidence à plusieurs reprises par les intervenants de la journée. Claude Lelièvre rappelle que cette longue marche vers le socle commun s’est construite sur plus d’un siècle, mais non sans ambiguïté, avec la tentation toujours présente d’orienter, de « trier » précocement les élèves selon leurs résultats scolaires . Il considère que la commission Thélot, dont il est membre, a permis de faire avancer le débat de manière spectaculaire et voit dans les discussions actuelles une évolution historique.

La démocratisation toujours à faire du système éducatif passe par la définition d’un socle commun à tous les élèves. Raymonde Piecuch, secrétaire générale adjointe du Sgen-CFDT, développe ses arguments  : les missions et le fonctionnement du collège ont été pensés dans la perspective du lycée, et non dans la continuité de l’école élémentaire, avec pour conséquence directe une sélection, voire même une exclusion des jeunes moins bien adaptés à ce modèle et socialement moins favorisés. Elle souligne que si « la culture est ce qui permet de parler ensemble, de vivre ensemble, il y a urgence et nécessité pour la cohésion sociale de développer les capacités à faire société ».
Après l’intervention d’Isabelle Jalabert, de la FCPE, Annie Thomas, secrétaire nationale de la CFDT, tient à faire partager l’engagement de la confédération en faveur de l’élaboration d’un véritable socle commun sur lequel pourrait reposer la formation tout au long de la vie.

Qu’entend-on par socle commun ?

Raymonde Piecuch, secrétaire générale adjointe du Sgen-CFDT.

En réclamant une transformation de l’École pour permettre la réussite de tous les jeunes, le Sgen-CFDT insiste sur la nécessité de défi nir un socle commun, véritable levier de transformation. Mais le socle commun n’a de sens que s’il y a engagement à faire acquérir par tous ce qui a été jugé indispensable à tous. Programmes, fonctionnement de l’école, modalités d’apprentissage, définition du métier enseignant, recrutement et formation des personnels doivent être adaptés à cet objectif, pour que soient restaurés le sens et le plaisir d’apprendre et d’aller à l’école.

Entre socle commun et culture commune, la différence peut paraître mince voire nulle, et il est vrai qu’il faudrait pouvoir s’attacher au contenu plus qu’aux slogans. Néanmoins parler de culture évite de se poser la question du périmètre de ce qui doit être enseigné. Ne négligeons pas le fait que, dans le milieu enseignant, la notion de culture est souvent associée à une déclinaison disicplinaire des savoirs traditionnels. L’idée de socle commun inclut, quant à elle, savoir-faire et savoir être, éléments essentiels à la construction du futur personnel et professionnel de l’élève.

La Nation et le socle commun

Isabelle Jalabert, secrétaire générale adjointe de la FCPE.

Construire le collège de la réussite de tous impose que soit clairement défi - nie la fonction spécifi que du collège, à savoir permettre l’acquisition d’une culture commune en repoussant à l’issue de la scolarité du collège tout processus de sélection et d’orientation, en défi nissant des objectifs qui doivent être atteints par tous.
Le socle commun de connaissances et de compétences est un principe largement revendiqué par les citoyens si l’on considère les conclusions du débat national sur l’École. Ainsi, l’engagement « institutionnel » de la Nation paraît indispensable : il faut associer le Parlement à la défi nition du socle commun.
Mais, au-delà de cet aspect institutionnel, c’est l’idée suivant laquelle le socle commun, son contenu et la garantie qu’il sera maîtrisé doivent constituer un engagement de la Nation.
En choisissant de mettre en place un socle commun, on ne décide pas de ralentir les plus rapides pour que chacun avance du même pas mais d’avoir la conviction que chacun doit aller le plus loin possible à son rythme et selon ses compétences.

Articuler formation initiale et formation tout au long de la vie

Annie Thomas, secrétaire nationale de la CFDT.

La CFDT affi rme qu’un socle socle commun à tous les futurs citoyens est nécessaire parce que le besoin d’élévation des compétences en France ne cesse d’augmenter et qu’il faut permettre à l’ensemble d’une classe d’âge de vivre ensemble, d’acquérir des valeurs fondamentales et d’éviter l’exclusion. Il s’agit là d’un enjeu démocratique d’importance. Pour la CFDT, c’est donc la Nation qui doit défi nir le socle commun dans le cadre d’un débat démocratique autour des objectifs et des missions du collège. Dans la période de discussion qui s’est ouverte à l’occasion du projet de loi d’orientation, la confédération sera vigilante, car « le diable se cache souvent dans les détails ».
Mettre l’élève au centre de la formation initiale permettra de mettre le salarié au centre de la formation continue. Car il est nécessaire de permettre aux femmes et aux hommes d’évoluer au cours de leur vie professionnelle et le principe de la formation tout au long de la vie est d’une importance cruciale pour la CFDT. Dans ce sens, le socle commun doit préparer l’acquisition à venir des savoirs, connaissances et compétences qui devront s’ajouter à la formation initiale, quand on sait que les personnes qui ne maîtrisent un minimum de savoirs sont en échec professionnel.
Malheureusement pour eux, les 60 000 jeunes qui sortent de l’École sans qualifi cation ne constituent pas un lobby et ils sont mal représentés et donc mal défendus. C’est sans doute pourquoi il aura fallu attendre aussi longtemps avant de parler d’eux et de la manière dont le système de formation les prend en compte.
Mais pour mettre tout cela en pratique, il faut une redéfinition du métier enseignant, une redéfi nition de la classe et de la manière de faire cours.



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