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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Accueil >>Sgen-CFDT >>Propositions >>Le socle commun : une ambition pour la démocratie

12 décembre 2004

La deuxième partie du colloque était destinée à établir, une fois acquise la nécessité d’un socle commun, les modalités de sa défi nition et ses contours.

Jean-Michel Zakhartchouk entre d’emblée dans le vif du sujet. Le socle commun ne peut se réduire à une définition disciplinaire et doit s’élargir à la notion de compétences.
Prenant appui sur sa pratique et ses recherches, il souligne le fait que, si les approches disciplinaires sont essentielles, elles ne prennent de relief que dans la rencontre et l’interaction, quand elles permettent des regards croisés sur une notion. Ce principe l’amène à défendre les itinéraires de découverte et autres travaux interdisciplinaires non comme des suppléments d’âme mais bien comme une voie d’accès à la culture au même titre que les formes d’enseignement classiques. Pour lui, l’objectif principal du socle commun doit être d’avoir acquis l’envie d’apprendre, de continuer à se former.

Éric Favey reprendra cette vision. Pour lui non plus, le socle commun ne doit pas s’enfermer dans une conception étroite et figée des savoirs mais constituer une culture partagée et régulièrement redéfi nie. L’École doit, par conséquent, se donner des obligations de résultat, ce qui implique de ne pas dissocier le contenu du socle de sa mise en oeuvre.

Pierre-André Périssol, député UMP, membre de la commission Thélot et président de la mission parlementaire sur « la définition des savoirs enseignés à l’École », affirme son attachement à l’idée d’un socle commun qui prenne en compte les rythmes et les personnalités des élèves, permettant de poursuivre des études dans de bonnes conditions quelle que soit la voie choisie, conçu principalement en termes de compétences. Il évoque la possibilité que des enseignements complémentaires puissent côtoyer ce socle. Par ailleurs, il considère que la définition de cette culture commune ne peut être laissée à un seul homme, fut-il éclairé et fut-il ministre, ni à des experts. Elle doit être l’objet d’un cahier des charges établi par la représentation nationale, car elle découle d’un débat citoyen.

Yves Durand, député et responsable des questions éducatives au Parti socialiste, partage ce point de vue : la question du socle commun touche à l’égalité des chances et à la formation tout au long de la vie. Mais il récuse l’idée que certains élèves puissent en faire plus que d’autres au risque d’une filiarisation masquée et souligne que le principe même du socle commun exclut toute sélection avant la fin de la scolarité obligatoire, critiquant à cette occasion les choix de François Fillon. Il insiste sur le fait que faire acquérir à tous une culture commune implique un effort de décloisonnement du temps et de l’espace scolaire, une véritable politique des cycles, et de donner du sens aux savoirs.

Le débat avec la salle fera apparaître que tous les intervenants, y compris Pierre-André Périssol, déplorent la disparition programmée des travaux personnels encadrés en terminale, facteurs de transformation de l’École, et s’opposent à toute orientation précoce des élèves.

Définir des compétences

J.M. Zakhartchouk, professeur de collège, formateur IUFM, militant des Crap- Cahiers pédagogiques.

Le socle commun ne peut se définir qu’en partant des compétences à acquérir avant la fin de la scolarité obligatoire.
Si l’on considère qu’il est essentiel de savoir lire un journal, il faudra se demander ce que cela implique en termes d’apprentissages et de connaissances.
S’exprimer devant un public ne se réduit pas à connaître ses conjugaisons, utiliser l’internet suppose de savoir chercher des informations, les vérifi er, les hiérarchiser.
De même, inclure des connaissances « patrimoniales  » dans le socle commun nécessite de se poser la question de leur intérêt : apprendre les fables de La Fontaine, oui, mais pour quoi faire ? qu’apportent- elles aux élèves ? en quoi sont-elles modernes ? Il est indispensable de repenser la manière d’enseigner en même temps que les contenus. S’il s’agit d’enseigner la même chose à tous, cela signifie qu’il faut différencier la pédagogie et les manières de faire accéder chacun aux savoirs et compétences, d’amener les élèves à apprendre ensemble, sans les séparer ni les opposer. Pour cela, il est nécessaire d’organiser les apprentissages pour que tous aient accès aux connaissances. Il existe à ce sujet de nombreux travaux de recherche dont peuvent se saisir les enseignants.

Enseigner sans limite

Éric Favey, secrétaire national de la Ligue de l’Enseignement.

Le socle commun doit avoir pour ambition d’enseigner « sans limite dans un monde dont nous connaissons bien les limites » et non, comme le propose Xavier Darcos dans l’un de ses ouvrages, d’enseigner « les limites dans un monde sans limite ». Cela signifie entre autres sortir d’une perception classique de la culture, celle qui est dominante, légitimée et bien en place, pour se tourner vers une perception ouverte de la notion de culture.
La volonté de partager la culture, d’y faire accéder le plus grand nombre ne peut se concrétiser sans entrer dans une logique de projet, de travail en équipe. Il faut en fi nir avec le volontariat, le « qui veut bien », pour se donner des obligations de moyens centrées sur l’élève. Dans cet esprit, l’École doit trouver sa cohérence avec les autres acteurs éducatifs, notamment les familles et le monde associatif, autour de valeurs, de pratiques et d’objectifs communs.



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