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Jean-Michel Zakhartchouk entre
d’emblée dans le vif du sujet. Le
socle commun ne peut se réduire à
une définition disciplinaire et doit
s’élargir à la notion de compétences.
Éric Favey reprendra
cette vision. Pour lui non plus, le
socle commun ne doit pas s’enfermer
dans une conception étroite et
figée des savoirs mais constituer
une culture partagée et régulièrement
redéfi nie. L’École doit, par
conséquent, se donner des obligations
de résultat, ce qui implique de
ne pas dissocier le contenu du socle
de sa mise en oeuvre. Pierre-André Périssol, député UMP,
membre de la commission Thélot et
président de la mission parlementaire
sur « la définition des savoirs
enseignés à l’École », affirme son
attachement à l’idée d’un socle
commun qui prenne en compte les
rythmes et les personnalités des
élèves, permettant de poursuivre
des études dans de bonnes conditions
quelle que soit la voie choisie,
conçu principalement en termes de
compétences. Il évoque la possibilité
que des enseignements complémentaires
puissent côtoyer ce
socle. Par ailleurs, il considère que
la définition de cette culture commune
ne peut être laissée à un seul
homme, fut-il éclairé et fut-il ministre,
ni à des experts. Elle doit être
l’objet d’un cahier des charges établi
par la représentation nationale,
car elle découle d’un débat citoyen. Yves Durand, député et responsable
des questions éducatives au
Parti socialiste, partage ce point de
vue : la question du socle commun
touche à l’égalité des chances et à
la formation tout au long de la vie.
Mais il récuse l’idée que certains
élèves puissent en faire plus que
d’autres au risque d’une filiarisation
masquée et souligne que le
principe même du socle commun
exclut toute sélection avant la fin
de la scolarité obligatoire, critiquant
à cette occasion les choix de
François Fillon. Il insiste sur le fait
que faire acquérir à tous une culture
commune implique un effort
de décloisonnement du temps et
de l’espace scolaire, une véritable
politique des cycles, et de donner
du sens aux savoirs. Le débat avec la salle fera apparaître
que tous les intervenants, y
compris Pierre-André Périssol, déplorent
la disparition programmée
des travaux personnels encadrés en
terminale, facteurs de transformation
de l’École, et s’opposent à toute
orientation précoce des élèves. J.M. Zakhartchouk, professeur de collège, formateur
IUFM, militant des Crap- Cahiers pédagogiques. Le socle commun ne peut se définir qu’en partant des
compétences à acquérir avant la fin de la scolarité obligatoire.
Éric Favey, secrétaire national
de la Ligue de l’Enseignement. Le socle commun doit avoir pour ambition d’enseigner
« sans limite dans un monde dont nous connaissons
bien les limites » et non, comme le propose
Xavier Darcos dans l’un de ses ouvrages, d’enseigner
« les limites dans un monde sans limite ». Cela signifie entre autres sortir d’une perception classique de
la culture, celle qui est dominante, légitimée et bien
en place, pour se tourner vers une perception ouverte
de la notion de culture.
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